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Les projets "Chaque jour compte" et "cartes postales" : un coordonnateur ULIS à l’école primaire REP Pen Ar Streat à Brest au parcours atypique

1er février Version imprimable de cet article Version imprimable

Gildas Coutet : Des cartes postales pour faire école

Gildas Coutet est coordonnateur ULIS à l’école primaire REP Pen Ar Streat à Brest (29). Encore un enseignant au parcours atypique. C’est un jeune professeur des école, titulaire depuis 2014, mais pas si jeune au regard des dix-sept années passées au sein des forces sous-marine de la Marine Nationale. Les élèves de sa « classe », il y tient. Douze enfants de sept à douze ans aux profils particulièrement différents. Afin de les accompagner au mieux, il se renouvelle continuellement, élaborant projets après projets. Aujourd’hui, il s’agit de l’opération « Chaque jour compte, une carte postale pour 100 jours de classe ».

Gildas explique sa reconversion par une réelle volonté de travailler auprès « d’enfants autrement capables », expression qu’il emprunte au sociologue Eric Plaisance. Alors, il se décide et passe le concours de professeur des écoles en 2013. Il est reçu et est parachuté sur le terrain dans un CM1 en REP à plein temps, « le choc » avoue-t-il. Mais cela n’a en aucun cas atténuer sa volonté de travailler avec les enfants « différents ». Ainsi, naturellement, « j’ai postulé pour un poste en hôpital de jour à l’issue de mon année de stagiaire. Ces deux années au centre pédopsychiatrique Winnicott de Brest m’ont permis de côtoyer des professionnels passionnés et qui ont pris le temps de me former à la prise en charge de la différence. C’est durant cette première année que j’ai passé́ le CAPASH option D ».
C’est ainsi qu’en 2017, il atterrit à l’école de Pen Ar Streat, école de seize classes, une ULIS et une classe passerelle (accueil des moins de trois ans dans un dispositif aménagé). Et il y est heureux, il se retrouve dans une équipe dynamique, toujours partante pour de nouveaux projets permettant la réussite des élèves. « L’inclusion fait partie de l’ADN de cette école qui l’a inscrite dans son projet d’école. Tous les enseignants jouent le jeu et portent un regard bienveillant sur le dispositif ULIS. Chaque élève trouvera au cours de sa scolarisation une classe d’inclusion lui permettant de développer ses compétences ».

Chaque jour compte

Le projet « cartes postales » s’inscrit dans un projet d’école intitulé « Chaque jour compte ». De quoi s’agit-il ? « Le « chaque jour compte » est un rituel mathématique, dont le but principal est de compter le nombre de jours d’école. Cette activité ritualisée permet de travailler la numération. Chaque jour, les élèves ajoutent une unité, sous forme de paille, au nombre de la veille. Les pailles sont ensuite regroupées pour former un paquet de dix. Sont donc travailler les unités, les dizaines, la centaine, les différentes représentations du nombre et la décomposition du nombre en unités, dizaines et centaine ». Toutes les classes de cycle deux de l’école participent au projet, adaptant leurs objectifs au niveau des élèves. Et puis, le vendredi 1er mars, ce sera la fête ! Chaque élève, chaque classe et même certaines familles volontaires apporteront une collection de cent objets. Il n’y a aucune contrainte quant à la nature des objets, cela peut être des couchons, des cailloux ou même des dessins afin que chaque famille se sente la capacité de participer à hauteur de ses moyens.

C’est une journée vraiment particulière, « la journée est balisée. Les classes sont mélangées et réparties en ateliers centrés autour du nombre 100. Il y aura par exemple en eps, 100 sauts à la corde, courir 100 secondes ; en mathématiques, écrire 100 opérations, faire un puzzle de 100 pièces, empiler 100 gobelets… La journée se terminera par un gouter pour lequel les élèves de l’ULIS auront préparé 100 biscuits ».

Des cartes postales pour étudier le monde mais aussi les fondamentaux

L’idée des cartes postales a été initiée par l’AESH de la classe, Muriel. Elle a décidé de lancer un appel sur les réseaux sociaux pour que les élèves du dispositif reçoivent une carte postale par jour, soit cent. L’appel a eu un écho important comme sur Twitter où il a été relayé des centaines de fois par des enseignants notamment.

Gildas profite des cartes postales pour travailler plusieurs compétences de ses élèves, telles que la lecture, l’écriture, la géographie (situer les lieux géographiques sur une carte, sur un planisphère mais aussi les caractéristiques historiques, culturelles ou encore industrielles du lieu). Il aborde aussi les moyens de transports et les modes de distribution du courrier par le biais du trajet des cartes postales. Mais Gildas n’oublie pas le profil particulier de ses élèves, « les profils sont très disparates et les attendus le sont donc aussi. Pour quelques-uns, la réception du courrier sera l’occasion de s’asseoir ensemble pour un moment en commun, pour d’autres, il s’agira d’un moment de lecture ou d’un moment de langage ». Et puis, il reconnaît que le projet prend au fur et à mesure. « Au départ du projet, tous les attendus n’ont pas été́ listés de façon institutionnelle. Le projet se co-construit avec les élèves et Muriel, l’AESH, mais aussi avec les auteurs des cartes postales. Nous rebondissons souvent sur le contenu des cartes pour aborder un sujet. Nous avons par exemple reçu une carte qui citait un poète anglais, ce fut l’occasion de présenter ce poète et de réfléchir à sa citation ».

Le projet, en s’inscrivant dans un projet commun à l’ensemble des élèves, permet aux élèves de Gildas de développer leur sentiment d’appartenance à l’école en dépit de leurs spécificités. Et finalement, la collecte des cartes, qui est « une entreprise ambitieuse met les élèves de l’ULIS au centre des attentions, ce qui les valorise ».

Pour le moment, ils ont reçu une cinquantaine de cartes postales. « Les élèves sont très touchés lorsqu’ils reçoivent de nouvelles cartes. Et nous sommes tous sincèrement et agréablement surpris par le geste altruiste des expéditeurs ». Afin de les aider à atteindre leurs objectifs, tous à vos stylos !
Lilia Ben Hamouda

École Pen Ar Streat – 38 rue du 8 mai 1945 29200 Brest

Extrait de cafepedagogique.net du : http://www.cafepedagogique.net/lexp...

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