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L’Unsa Education analyse le dispositif des cités éducatives

18 février Version imprimable de cet article Version imprimable

Des cités éducatives, pour lever le tabou de la « mal-éducation »

Issues du plan Borloo, les « cités éducatives » sont un nouveau dispositif interministériel, copiloté par le CGET (Commissariat Général à l’Égalité des Territoires). Basé sur des projets locaux, l’objectif est de « prévenir le décrochage scolaire et favoriser la réussite éducative. »

Des mécanismes identifiés
Une population fragile concentrée dans des quartiers paupérisés, des enfants qui peinent à réussir à l’école tant leurs préoccupations sont éloignées de l’apprentissage, une carte scolaire qui ne brasse pas les populations, des stratégies familiales d’évitement bien connues mais toujours possibles. Tout ceci conjugué conduit à une ghéttoïcisation d’établissements, qui malgré les primes versées aux professionnels ont bien du mal à construire des équipes stables. Issus de ces écoles, les jeunes sont majoritairement orientés vers la voie professionnelle, sans choix, sans ambition, et les sorties du système sans qualification sont trop nombreuses, et finissent inévitablement vers chômage et errance. c’est ce triste panorama, pourtant bien réel dans certains de nos territoires, que les sociologues qualifient de « mal-éducation ».

Un super PEDT ?
L’idée de cité éducative est lancée dans le plan Borloo, elle consiste à associer tous les acteurs éducatifs (enseignants, éducateurs, personnels des PMI, bibliothécaires, travailleurs sociaux…), en lien avec les parents afin de « conforter le rôle de l’école, de promouvoir la continuité éducative en dehors du temps scolaire mais aussi à ouvrir les champs des possibles aux enfants, dès le plus jeune âge. » Sorte de super PEDT pour quartiers prioritaires, le dispositif devrait également permettre de mieux « coordonner les moyens publics et de mettre en cohérence les projets de la communauté éducative. » Lancé en novembre dernier, il devrait se mettre en place, à la rentrée 2019.

Ce label s’adressera, en priorité, aux grands quartiers prioritaires, en renouvellement urbain et sans mixité scolaire, soit 60 sites environ en métropole et outre-mer. On y trouvera des villes déjà engagées dans leur action éducative, qui seront des locomotives pour mobiliser autour de ce projet. Ce label de cité éducative vise d’abord la reconnaissance de l’ambition éducative du territoire et de redonner confiance et reconnaissance au système éducatif pour les parents, les jeunes et les professionnels. Il permettra aussi d’obtenir un appui en ingénierie et un soutien financier de l’État, en plus des moyens mobilisés localement. Le projet de loi de finances 2019 prévoit ainsi, notamment, une enveloppe de 34 millions d’euros dédiée au programme des cités éducatives, en politique interministèrielle.

Un pilotage de proximité
Dans les territoires concernés, chaque projet de cité éducative prévoira un dispositif spécifique de pilotage de proximité. Celui-ci associera, en premier lieu, l’Éducation nationale, la commune et la préfecture. Les autres principaux partenaires (intercommunalité, département, caisse d’allocations familiales, région, grands réseaux associatifs…) devront également être étroitement associés. Par ailleurs, la gouvernance s’exercera aussi à travers des espaces de concertation et de partage des valeurs, des objectifs et des avancées du projet avec la communauté éducative, les parents et les habitants. C’est dans ce cadre qu’a été annoncée cette semaine la nomination de l’ancienne DASEN de Haute Marne (Mme Fauvin) au poste de coordinatrice régionale des cités éducatives d’Ile de France.

L’Unsa Éducation revendique la priorité nationale à l’éducation et postule l’éducabilité de toutes et tous. L’idée de cité éducative est compatible avec son projet éducatif qui depuis toujours inscrit en son cœur la co-éducation, la reconnaissance du rôle des éducateurs non scolaires, et le sens à donner à la dimension éducative des territoires. Déployé en premier lieu sur 60 espaces, ce dispositif nouveau mais coloré des principes affirmés dans la loi de Refondation de l’école, doit pouvoir se mettre en œuvre, être évalué puis étendu, notamment aux territoires ruraux volontaires. Une cité éducative pourrait être aussi constituée de plusieurs entités communales.

Extrait de unsa-education.com du 13.02.19 : Des cités éducatives, pour lever le tabou de la « mal-éducation"

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