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Stanislas Dehaene : nous avons besoin d’un Netflix pédagogique centralisé et gratuit (le Monde)

6 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Stanislas Dehaene : « Nous avons besoin d’un Netflix pédagogique, centralisé et gratuit »
Le président du conseil scientifique de l’éducation nationale souhaite que des enquêtes mesurent les conséquences du confinement sur les performances des élèves à la rentrée.

« C’est le moment ou jamais de faire tomber des barrières », affirme le neuroscientifique Stanislas Dehaene, qui voit dans le confinement un possible tournant pédagogique. Rapprocher les parents de l’école, inciter les élèves à s’autoévaluer, ou encore fixer de vrais objectifs à la politique du numérique éducatif : face à ces enjeux, le président du conseil scientifique de l’éducation nationale appelle le ministère à lancer de nouvelles enquêtes pour tirer un bilan précis de l’école à distance. Il vient de publier ses recommandations pour accompagner le confinement et sa sortie.

Des maires qui demandent un report de la réouverture des écoles, des parents inquiets et des directeurs d’école qui relaient les difficultés qu’ils auront à faire respecter les gestes barrières… N’était-il pas plus simple de ne rouvrir les écoles qu’en septembre ?
C’est une décision qui appartient au politique. Il y a une urgence sanitaire, mais il y a aussi une urgence pédagogique. De la même manière que les soignants se sont mobilisés pour sauver des vies, il faut que les enseignants se mobilisent pour sauver des enfants. Certains acteurs se comportent avec beaucoup de courage, quitte à changer un peu de métier, avec abnégation. Les évaluations nationales montrent que les inégalités scolaires baissent entre le début et le milieu du CP, mais augmentent après une période de vacances. Il est donc très probable que, dans la période de confinement, les inégalités soient reparties à la hausse, et c’est inacceptable.

Avec cette rentrée inédite, il ne faudrait surtout pas qu’on augmente la ségrégation. Il est donc bon que tous les élèves reviennent rapidement à l’école et puissent s’entraider. Il faudrait aussi faire preuve d’imagination pendant l’été : créer des clubs d’activités autour des maths, du français, des « brain camps » où des groupes de cinq à dix élèves se retrouveraient pour faire des projets ensemble, s’amuser et garder leur curiosité d’apprendre.

Le ministre évalue le taux de décrocheurs à 4 % durant le confinement. Ce chiffre ne vous paraît-il pas sous-évalué ?
Nous souhaitons avoir des données beaucoup plus solides. Seules quelques académies ont mené des enquêtes, mais, à ma connaissance, sans méthodologie nationale. Nous devons mieux comprendre les conséquences de la période actuelle pour les enfants, notamment en mettant en relation le confinement avec leurs performances à la rentrée. Il pourrait en sortir du très positif et pas seulement du négatif. Avec les outils de la télévision comme Lumni, les élèves ont-ils réussi à résister au confinement ? La direction statistique du ministère de l’éducation nationale est en mesure de lancer des enquêtes sur quelques dizaines de milliers d’enfants afin de connaître en détail quels ont été les temps d’apprentissage, les capacités de connexion, le taux d’utilisation des programmes de France 4, ou si des liens directs ont été conservés avec les enseignants. [...]

Extrait de lemonde.fr du 05.05.20

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