> PÉDAGOGIE(S), DISCIPLINES, ACTIONS LOCALES > PEDAGOGIE (généralités) > "Pédagogies de l’exigence. Récits de pratiques enseignantes en milieux (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

"Pédagogies de l’exigence. Récits de pratiques enseignantes en milieux populaires", coordination et présentation Jean-Pierre Terrail, La Dispute, mai 2020

3 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Pédagogies de l’exigence. Récits de pratiques enseignantes en milieux populaires. Coordination et présentation Jean-Pierre Terrail. La Dispute, 2020.

Entrer dans l’exigence intellectuelle : tous capables

Nina Charlier, Serge Cospérec, Jérôme Deauvieau, Céline Dumoulin, Jean-Pierre Gerbal, Nicole Grataloup, Nicolas Kaczmarek, Richard Krawiec, Evelyne Lagaune Tabikh, Véronique Marchais, Florian Nicolas, Margaux Osenda, GuillaumeTremblay, Pédagogies de l’exigence. Récits de pratiques enseignantes en milieux populaires. Coordination et présentation Jean-Pierre Terrail. La Dispute, 2020.

Le titre de cette note de lecture emprunte ses mots à ceux de deux ouvrages déjà publiés à La Dispute. Le premier examine les raisons pour lesquelles tous les enfants, en tant qu’êtres de langage, ont les capacités objectives d’entrer dans l’écrit et de s’engager ainsi dans une histoire scolaire en réussite ; le second montre que la construction d’une école authentiquement démocratique a nécessairement la tâche de s’appuyer sur un changement de paradigme en faisant de l’exigence intellectuelle pour tous, le fondement de ses pratiques [1]. A la suite des deux autres, ce troisième ouvrage peut être lu comme une ouverture sur la mise en œuvre pédagogique effective d’un changement de paradigme auprès d’élèves de milieux populaires, qui parviennent ainsi à entrer dans des apprentissages organisés à partir de l’exigence intellectuelle.

[...] La pédagogie de l’exigence intellectuelle en acte telle que la décrit et l’analyse Pédagogies de l’exigence ne relève pas d’une simple utopie, d’un idéal sur lequel la réalité devrait finir par se régler. Elle apparait comme un mouvement réel au sein de la profession qui, tout en n’étant pas dans le déni des difficultés, des interrogations, s’inscrit dans la critique efficace de la conviction que la mise en avant d’insuffisances langagières et culturelles ne sauraient que conduire à des pratiques de contournement de la difficulté et donc à l’échec.

Aujourd’hui la recherche nous permet de nous convaincre des ressources cérébrales et langagières de tous les enfants candidats à l’entrée dans l’écrit, matrice des enjeux majeurs des parcours scolaires, extrêmement sensibles au plan individuel et familial ainsi que collectif. D’où les questions que la présentation de Pédagogies de l’exigence ne manque pas de poser afin de situer le sens culturel, social et politique des ambitions exposées dans cet ouvrage. « Comment ne pas reconnaître que la volonté des classes populaires d’échapper à l’exclusion scolaire rejoint l’intérêt général ? Nos sociétés n’ont pas d’avenir sans changements profonds dans nos façons de produire, de créer, de consommer, de vivre et de décider ensemble, et ces changements appellent une élévation massive et générale de nos ressources intellectuelles. L’aptitude de chacun, et non plus seulement d’un cercle d’experts, à repenser le monde et à innover devient décisive. Et qui, sinon l’école, pourrait engager pour tous la formation d’une telle aptitude ? »

Extrait de democratisation-scolaire.fr du 27.05.20

 

Voir aussi L’Atief et Jean-Pierre Terrail : des prises de positions opposées sur les orientations du Csen et la politique de J.-M. Blanquer (le Café, ToutEduc)

Répondre à cet article