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La Fsu critique les dédoublements et s’inquiète de la réforme de l’éducation prioritaire (le Café)

10 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Pour la FSU, une rentrée dans le déni des problèmes
"Quand JM Blanquer dit que c’est une rentrée dans la joie, elle s’est certes faite mais dans une forme de gravité". Benoit Teste, secrétaire général de la FSU, la première fédération syndicale de l’enseignement, souligne "le déni des besoins des établissements" à cette rentrée. La FSU manifeste ses inquiétudes pour les projets ministériels : réforme de l’éducation prioritaire, "évolution" du métier enseignant, évaluation des établissements.

[...] Une analyse critique des dédoublements

Le Snuipp Fsu, syndicat du premier degré, décrypte les effets des dédoublements. "Ce dédoublement des classes de CP et de CE1 s’accompagne d’un encadrement des pratiques et un pilotage de l’enseignement par les évaluations nationales standardisées. Les enseignantes et enseignants sont mis sous pression pour appliquer des prescriptions qui interprètent et réduisent les programmes nationaux, et qui nient la professionnalité de celles et ceux dont la responsabilité est justement de mettre en oeuvre ces programmes", estime le Snuipp. "La note de la DEPP de novembre 2019 montre que les écarts entre les élèves d’Éducation prioritaire et les autres augmentent entre le début de CP et le début de CE1. Ainsi, en un an, l’écart s’est creusé d’environ 3 % en fluence (lecture oralisée), en compréhension de phrases comme en écriture de mots et de syllabes. Pour les élèves de REP+, la DEPP constate même que les performances langagières, notamment en vocabulaire délaissé au profit du déchiffrage, se dégradent entre le début de CP et le début de CE1".

[...] La réforme de l’éducation prioritaire suivie de près

Alors que JM BLanquer a lancé la réforme de l’Education prioritaire, la FSU organisera le 28 janvier des Etats généraux de l’éducation prioritaire. "Le ministère s’exonère d’un véritable bilan de l’EP comme cela était pourtant prévu lors de la refondation de 2014, ce bilan devait avoir lieu en 2019. Parallèlement il a repoussé la révision de la carte et résume l’EP aux dédoublements des classes de CP et de CE1. Les récents rapports de la cour des comptes, Azéma-Mathiot, Lafon-Roux, s’ils reconnaissent la nécessité d’avoir une politique d’EP, remettent en cause les principes qui existent actuellement, en préconisant une politique d’EP à 2 vitesses qui ne serait plus nationale, en envisageant de déshabiller les territoires d’EP au prétexte de répondre aux besoins des territoires ruraux. La FSU est par ailleurs bien consciente que les transformations envisagées notamment dans le rapport Azéma-Mathiot pourraient entraîner un renoncement à tout cadre national pour l’ensemble du système éducatif (gestion des moyens, mais aussi gestion des personnels, des carrières, de la mobilité…)".

La Fsu suit de près l’expérience menée dans l’académie d’Orléans Tours de réaffectation des moyens de l’éducation prioritaire en tenant compte d’un indicateur d’éloignement et d’u indice social comme le demande le rapport Mathiot-Azéma. ’"Le résultat fait office de démonstration : certains collèges de REP et REP+ se voient rétrogradés dans des catégories moins dotées, derrière de petits collèges ruraux éloignés."

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 10.09.20

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