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Métier enseignant : le Café commente les articles du dossier d’Education & formations

20 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Le dossier

 

Enseignants : Portrait de groupe
Comment vivent les enseignants ? Qu’en est -il de leur embourgeoisement ? Quelles différences entre les enseignants du premier et du second degré ? Entre les agrégés et les certifiés ? Un nouveau numéro d’Education & formations révèle des aspects inattendus de la vie personnelle des enseignants.

Les enseignants se marient entre eux ?

Comment peut-on connaitre la vie personnelle des professeurs ? Il y a eu des travaux de recherche comme ceux de G. Farges dont le Café pédagogique s’est fait écho. La particularité des études d’Education & formations (n°101), c’est qu’elles se basent sur des données beaucoup plus importantes, par exemple celles du recensement.

Les enseignants sont souvent présentés comme un milieu fermés avec une forte homogamie, c’est à dire des couples composés d’enseignants. "Les enseignants sont plus souvent en couple avec une enseignante que la situation inverse : ainsi, 42 % des hommes enseignants du premier degré, soit près d’un sur deux, sont dans cette situation, dont 34 % sont en couple avec une enseignante du premier degré", note Olivier Monso (Depp). "Ces proportions sont plus faibles parmi les femmes, puisque 13 % des enseignantes du premier degré sont en couple avec un enseignant, dont 7 % avec un conjoint lui-même enseignant du premier degré. Cet écart provient du fait que les femmes enseignantes sont plus nombreuses que les hommes enseignants : la probabilité, pour un homme, d’être en couple avec une femme enseignante, est donc plus élevée que la situation inverse". D’autre part "les enseignantes du second degré sont plus souvent en couple avec un enseignant (19 %, dont 17 % avec un autre enseignant du second degré) que les enseignantes du premier degré (13 %). Or, les enseignants du premier degré se mettent plus souvent en couple avec un enseignant du premier degré, et de même dans le second degré. Les femmes enseignantes ont donc plus de chances de former un couple homogame lorsqu’elles enseignent dans le second degré, où la répartition des sexes est plus équilibrée, que dans le premier degré, où elles constituent la grande majorité des effectifs".

C’est que les enseignants vivent déjà plus souvent en couples que les autres catégories sociales. 79% d’entre eux sont en couple contre 76% pour les cadres non enseignnats et 72% des actifs non cadres. O Monso avance deux explications. D’une part on trouve davantage de trentenaires et de quadragénaires chez les enseignants. D’autre part, "les conditions de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, pour les enseignants du premier degré, permettent plus facilement aux femmes de fonder une famille, tout en ayant une activité professionnelle".

Des conjoints cadre ou profession intermédiaire

En dehors des autres enseignants avec qui se marient les enseignants ? Essentiellement des cadres ou profession intermédiaire. "Les enseignants ont fréquemment un conjoint qui est cadre ou profession intermédiaire. En effet, les actifs de ces groupes socioprofessionnels sont majoritairement diplômés du supérieur. 75 % des hommes enseignants du premier degré ont un conjoint cadre ou profession intermédiaire, contre 69 % parmi les enseignants du second degré, et 62 % parmi les cadres non enseignants. Chez les femmes enseignantes, la proportion de conjoints cadres ou professions intermédiaires est proche de 70 % pour ces trois groupes professionnels, et beaucoup plus élevée que cette même proportion pour les femmes actives non cadres (35 %)".

Globalement les enseignants ont des logements plus spacieux et sont plus souvent propriétaires que d’autres catégories de la population. "La plupart des enseignants sont propriétaires de leur logement (75 % dans le premier degré et 73 % dans le second degré), dans une proportion supérieure aux cadres non enseignants (68 %) et aux actifs non cadres (59 %)". Il est vrai qu’ils sont plus souvent en couple.

Une origine sociale moins favorisée que les autres cadres

Il revient à Bertrand Delhomme (ENS) d’étudier l’origine sociale des enseignants. "L’origine sociale des enseignant.e.s en 2015 est très nettement favorisée comparée à la population active : un sur deux (51 %) est fils ou fille d’un parent de référence appartenant aux professions intermédiaires ou aux cadres et professions intellectuelles supérieures 4, alors que c’est le cas pour un actif sur trois (29 %)" , écrit-il. "l’inverse, un.e enseignant.e sur trois (34 %) est fils ou fille d’ouvrier.e ou employé.e alors que c’est le cas de 53 % des actif.ve.s. Les enfants d’ouvriers sont environ deux fois moins présent.e.s dans ce groupe professionnel". B Delhomme lie cela au fait que ces catégories ont moins accès aux études supérieures. A noter la reproduction du métier. Un enseignant sur 5 a un père ou une mère enseignant(e).

Peut-on parler d’embourgeoisement ? "Les enseignants se distinguent des autres cadres par une origine plus intermediaire", remarque B Delhomme. Les jeunes enseignants se distinguent aussi des jeunes cadres par une ouverture sociale plus importante.

Avec de fortes différences entre les corps

Tout cela amène B Delhomme à relativiser "le lent embourgeoisement des instituteurs". Celui ci reflèterait simplement celui de la société. Il note au contraire "un accès socialement plus ouvert au métier enseignant pour les générations les plus jeunes". Et "ce résultat est en cohérence avec l’évolution de l’accès à l’enseignement supérieur des milieux populaires". De fait les enseignants ont moins souvent un parent cadre que leurs ainés. Et ils transmettent moins le métier que dans les générations précédentes.

Dernière évolution qu’il faut notre, l’origine sociale des enseignants du premier degré et du second degré "n’ont jamais été aussi proches". Par contre on observe une nette différence entre les professeurs de lycée professionnels et les autres enseignants, les PLP ayant une origine sociale plus populaire. Dans l’autre sens les agrégés se singularisent par rapport aux certifiés par une origine sociale plus favorisée.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 19.11.20

 

Professeurs des écoles : Comment va le métier ?
Les nouveaux professeurs des écoles viennent-ils des mêmes catégories sociales et des mêms formations que ceux des générations précédentes ? Comment évolue le rapport candidats / reçus ? Comment se passe le début de carrière ? Combien de temps faut-il pour atterrir sur un poste définitif ? Comment les professeurs des écoles vivent-ils leur carrière ? La revue Education& formations (n°101) publie plusieurs articles qui invitent à réviser bien des jugements. Au final, un tiers des PE s’éclate dans le métier. Un tiers est plus ou moins en souffrance.

Un métier en perte d’attractivité

" Le groupe professionnel des enseignant.e.s du primaire connaît une crise de recrutement qui pourrait entraîner une baisse de la qualité de l’enseignement dans les écoles", écrivent F Charles, M Cacouault Bitaud, F Legendre, PY Connan, A Rigaudière et S Katz, réunis par la Depp. Ils analysent les 50 dernières années de recrutement des professeurs des écoles (PE), marquées pourtant par une hausse continue du niveau de diplôme.

Après des années de très fort recrutement dans les années 1960 puis dans les années 1990, le nombre de postes a chuté au début du siècle avant de monter sous le quinquennat de F Hollande. Si le nombre de candidats globalement suit cette évolution, l’écart entre candidats et postes s’est fortement réduit depuis 2010. D’où une hausse des taux de réussite au concours, passé de 19% en 2010 à 36% en 2019.

Le métier attire moins et les auteurs s’attachent à en définir les causes. Quand ils regardent comment se fait l’accès au métier ils relèvent la montée des candidats en reconversion professionnelle. Ils constituent aujourd’hui un tiers des lauréats du concours. Beaucoup d’entre eux ont déjà un master quand ils s’orientent vers l’enseignement. Le résultat c’est que près de la moitié des nouveaux PE entrent dans le métier sans être passés par la formation délivrée par l’institution (le master MEEF).

Le métier de PE a attiré de plus en plus de femmes. Le taux de féminisation est passé de 65 à 83% de la fin des années 1950 à aujourd’hui. Cela alors même que le professorat n’apparait plus comme le principal débouché des femmes diplomées.

Une évolution sociale a eu lieu aussi. La part des enfants de cadres a fortement baissé , passant de 30% à 20% depuis les années 1980 alors que les professions intermédiaires et les couches plus populaires augmentaient. " L’origine sociale des nouveaux.elles accédant.e.s est nettement plus faible que celle de leurs pairs en poste. Alors que ces derniers sont 27,6 % à être originaires de la catégorie des cadres et professions intellectuelles supérieures, ce taux chute à 15,4 % chez les professeur.e.s stagiaires. Enfin, il est encore plus faible quand on prend en compte le sexe : 13,6 % pour les femmes contre 25,3 % pour les hommes. Le point remarquable ici c’est que la désaffection pour la profession touche en priorité les femmes issues des catégories supérieures", notent les auteurs.

Pour eux, " L’État semble être dans une impasse pour résoudre cette crise dont tout indique qu’elle risque de s’inscrire dans la durée. En effet, une partie importante de son vivier habituel, à savoir les femmes diplômées du supérieur, s’est détournée de la profession pour rejoindre des emplois et des fonctions qui offrent à ce niveau de qualification (master) des rémunérations plus élevées et des perspectives de carrières plus ouvertes. La représentation de l’enseignante « bien mariée » qui en rabat sur les exigences en matière de rémunérations apparaît comme obsolète quand on se réfère aux données de notre enquête". Aujourd’hui les postes sont remplis grâce aux reconversions (sauf dans quelques académies où des postes restent vacants). Si les reconversions diminuaient...

Des débuts dans la carrière difficiles

C’est aussi que les débuts dans la carrière de professeur des écoles sont difficiles, explique Yves Dubois (Depp). Les néotitulaires sont plus souvent affectés sur des postes moins pérennes et plus fragmentés. " Certains postes sont plus fréquemment affectés aux nouveaux titulaires. Ainsi alors qu’ils représentent 20 % du total des enseignants du premier degré, ils représentent 60 % des affectés sur des postes de complément de décharge de directeur et de complément de temps partiel et 47 % des affectés sur des postes de remplacement", écrit-il. "

C’est encore pire pour les femmes. " Néanmoins, les différences d’affectations entre les hommes et les femmes sont très tôt marquées. Les femmes sont cinq fois plus affectées en préélémentaire que les hommes", remarque t-il. " Les postes fractionnés pour compléter des décharges de directeur ou de temps partiels, sont presque deux fois plus fréquent chez les femmes que chez les hommes au cours des quinze premières années".

La première année qui suit leur stage, 86 % des nouveaux professeurs des écoles sont affectés de manière provisoire ou en zone. Cette proportion baisse progressivement à moins de 40 % la cinquième année et se stabilise à 8 % la 17e année. On va trouver aussi davantage de néotitulaires en zone rurale peu dense ou dans des zones socialement défavorisées. Les enseignants affectés en zone d’éducation prioritaire ont 3.2 années d’ancienneté en moins que ceux des autres zones.

Globalement l’ancienneté moyenne pour obtenir son premier poste définitif est de 2.7 années pour les hommes et 3.2 pour les femmes. Pour accéder à un premier poste définitif hors zone de remplaceemnt, il faut 4.6 années pour les hommes et les femmes. Pour accéder à un poste définitif hors remplacement et éducation prioritaire il faut 4.7 années pour un homme et 5.1 pour une femme. Encore cela varie t-il selon les départements.

Heureux dans le métier ?

Métier en crise car ayant du mal à recruter, le métier de professeurs des écoles est-il aussi désenchanté, en souffrance ? G Farges, M Danner, S Garcia et JF Giret ont étudié la façon dont les PE vivent l’exercice du métier. En croisant les données d’une enquête avec des entretiens individuels, ils arrivent à dessiner l’état moral de la profession.

Les PE parlent volontiers de leur souffrance au travail.Ils évoquent la masse de travail qu’on attend d’eux, la solitude dans le travail. D’après les auteurs, les PE " comme les cadres, répondent le plus souvent qu’en cas de problèmes ils règlent seuls l’incident. De plus, les professeurs des écoles sont ceux qui, avec les cadres du public, disent être le moins aidés par leurs supérieurs hiérarchiques lorsqu’ils ont à faire un travail délicat ou compliqué. En outre, le groupe des professeurs des écoles se distingue des autres par la moindre adaptation des moyens matériels mis à leur disposition dans le cadre de leur travail.. Ils parlent aussi des " les réformes trop fréquentes et tributaires des calendriers électoraux... les relations avec l’inspection académique sont présentées comme étant le plus souvent des relations de contrôle et non de soutien ou d’accompagnement".

A partir de ces données les auteurs identifient trois groupes de PE. Un premier tiers (37%) vit le métier comme quelque chose d’harmonieux et d’épanouissant. Leurs relations avec les parents ou leur hiérarchie est vécue positivement. "Le respect des programmes ne leur pose pas de difficulté. Ils peuvent mettre en place les méthodes qui leur paraissent les plus adaptées aux besoins des élèves, ou tester de nouvelles méthodes, ce qui montre qu’ils parviennent à adapter leur travail en contexte d’une façon qui leur convient", notent les auteurs. On trouve dans ces enseignants une surreprésentation de professeurs qui ont eu rapidement l’affectation qu’ils souhaitaient et qui ont moins que les autres enseigné en éducation prioritaire.

Le second tiers (30%) rassemble des enseignants " dont l’exercice professionnel apparaît tout à la fois tendu et satisfaisant". Ils indiquent des tensions avec les autres enseignants, la direction, les IEN, le sparents. Ils dénoncent l’intensité du travail. Il s’agit plus souvent de directeurs.

Enfin un troisième tiers (33%) vit le métier de façon pénible. Ils ne s’épanouissent pas, ne se sentent pas valorisés. Ce sont souvent des enseignants qui ont attendu longtemps un poste définitif et enseigné longtemps en éducation prioritaire.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 20.11.20

 

Enseignants : Ceux qui partent
Qui sont ces enseignants qui décident de quitter le métier ? P. Feuillet et D. Prouteau (Depp) font leur portrait statistique dans la revue Education & formations (n°101). Chaque année près de 1% des enseignants quittent la classe. La plupart choisissent d’exercer une autre fonction dans l’éducation nationale (animation pédagogique, direction etc.). Une très faible proportion démissionne. Mais cette proportion augmente très rapidement. Ainsi 6% des stagiaires abandonnent.

Changer de métier dans l’Education nationale

Chaque année près de 3300 enseignants (0.5%) décident de passer à une activité non enseignante. Ce sont plus souvent des hommes (0.6%) que des femmes (0.4%). Ce sont davantage des professeurs des écoles (0.7%) et des PLP (0.7%) que des certifiés et des agrégés (0.3%).

Que deviennent-ils ? "Les professeurs des écoles se tournent principalement vers une mission d’animation pédagogique (35 %) ou une direction d’école avec une décharge totale (32 %). Les enseignants du premier degré peuvent également prendre une direction d’établissement du second degré en devenant notamment directeur chargé de la Segpa. Parmi les enseignants du second degré, les certifiés et PEPS sont ceux qui prennent le plus fréquemment des fonctions de direction d’établissement (53 %) ou des fonctions administratives (27 %). Les enseignants agrégés ou de chaires supérieures se tournent eux vers l’inspection. La mission d’animation pédagogique attire plutôt les PLP (43 %), notamment avec la fonction de chefs de travaux. Ils sont également 32 % à devenir chefs d’établissement", écrivent P Feuillet et D Prouteau. Ce sont plutôt des enseignants expérimentés qui utilisent des concours nécessitant une certaine ancienneté.

Quitter provisoirement l’Education

Des enseignants trouvent aussi un emploi en dehors de l’éducation nationale et prennent une disponibilité. Selon les auteurs cela représente 3604 enseignants (0.5%) dont un tiers de débutants. Il faut y ajouter 1510 enseignants en détachement dans une autre administration ou un organisme privé reconnu par l’éducation nationale (0.2%). Les mises à disposition sont devenues très rares.

Le bond des démissions

Les démissions restent très rares. Les auteurs les évaluent à 2 pour mille soit 1417 personnes en 2017-2018. Si elles sont rarissimes, les démissions sont en hausse rapide. De 0.05% des enseignants en 2008-2009 elles représentent maintenant 0.2% des enseignants. En clair on est passé de 399 personnes en 2012-2013 à 1002 en 2015-2016 et 1417 en 2017-2018.

"Les professeurs des écoles démissionnent proportionnellement plus : leur taux de démission est de 0,24 % contre 0,18 % des certifiés, 0,14 % des agrégés et 0,10 % des PLP. De plus, la tendance à la hausse est plus accentuée chez les enseignants du premier degré (nombre de démissions multiplié par cinq en dix ans), même si elle se retrouve également dans le second degré (nombre de démissions multiplié par trois)".

Mais ce sont les stagiaires qui offrent la plupart des démissions ainsi que les enseignants de moins de 5 ans d’ancienneté. Près de 6% des stagiaires quittent l’enseignement l’année suivant leur stage. On peut y voir un gros décalage entre le métier rêvé et le métier réel. On peut aussi y lire le poids de la seconde année de master particulièrement lourde.

Une hausse à relativiser

Le Café pédagogique avait signalé la hausse de ces démissions dès 2016 après la publication d’un rapport du sénateur Carle. Et nous avons interrogé des démissionnaires. Ainsi G Perret, en 2012, expliquait " J’ai eu des classes difficiles à tenir, des parents d’élèves peu coopératifs, situation très déstabilisante psychologiquement. Certains se permettaient de venir faire la discipline dans les classes de mes collègues, d’autres voulaient interférer sur la pédagogie en indiquant à notre place comment enseigner les programmes aux élèves, etc. Je n’avais pas de soutien des parents pour mener des projets avec les élèves, peu de soutien de la part de la hiérarchie". C Malaussena évoquait ses dernières années d’enseignante dans le 1er degré ainsi : " Les dernières années, au niveau du primaire, vu toutes les réformes auxquelles on a été soumis sans qu’on en comprenne toujours le sens, vu le poids de plus en plus lourd qui a commencé à se faire sentir sur le plan purement administratif, j’ai commencé à ressentir la perte de sens dans mon travail, comme si le système m’obligeait à brider ma créativité et m’imposait de plus en plus de contraintes".

Mais les taux français de démission restent bien en dessous de ceux qui existent dans le monde anglo-saxon, par exemple au Royaume-Uni. Une étude de la National Foundation for Educational Research (NFER) en 2016 montre que 8% des enseignants y avaient démissionné en 2015 contre 6% en 2011. Remis à l’échelle de la France cela représenterait près de 68 000 enseignants chaque année !

Comment expliquer la hausse des démissions ?

L’étude anglaise est aussi éclairante par les motifs qu’elle donne à ces départs. Les professeurs s’en vont parce qu’ils ont trop de travail et, entre autre à cause de réformes jugées trop fréquentes. Ils partent aussi car ils ont trop de pression hiérarchique ou parce qu’ils sentent que leur métier se dévalorise. Ces raisons semblent un peu universelles car liées au nouveau management public qui s’installe dans tous les pays développés. Dans tous ces pays on attend davantage de diplomes et de controle des enseignants sans offrir en retour un salaire ou des conditions de travail satisfaisants.

Il faut donc se demander pourquoi les taux de départ ne sont pas aussi forts en France. Il y a à cela des raisons administratives. Le nombre de démissions dépend d’abord des autorisations de l’administration. Or, jusque là, elle préfère garder les enseignants. Ainsi le décret de 2014 qui a restreint l’accès à l’indemnité de départ volontaire à partir de 2014, a surement freiné la hausse du nombre de démissions.

Mais le principal frein reste le statut de fonctionnaire, statut qui n’existe pas pour les enseignants outre-Manche. Le statut protège de la montée du nouveau management public. En ce sens la montée des contractuels et la remise en cause du statut, avec les réformes incessantes et leurs injonctions, pourraient expliquer aussi la montée plus forte des démissions. Il sera intéressant de suivre l’impact de la loi de transformation de la fonction publique qui a introduit la rupture conventionnelle du contrat de travail.

F Jarraud

Démissions et mobilité en hausse

Extrait de cafepedagogique.net du 20.11.20

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