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Carte scolaire 2021 : priorité au 1er degré et aux dédoublements en grande section

17 décembre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

Carte scolaire du 1er degré : Les tensions sur les postes demeurent
Le ministère a présenté le 16 décembre la carte scolaire 2021. Avec 2489 postes créés officiellement dans le premier degré et 56 000 élèves en moins, le premier degré devrait être à l’aise. Ce n’est pourtant pas certain si le gouvernement veut atteindre les objectifs de dédoublement et de taille des classes que le président de la République a fixé. En atteste la très faible amélioration des décharges de direction. Les syndicats jugent l’effort insuffisant et sont inquiets aussi pour les Rased et le remplacements.

Des postes et moins d’élèves

Après une année 2019-2020 difficile, la rentrée 2021 dans le premier degré s’annonce bien meilleure. Le ministère prévoit 56 000 élèves en moins. Il promet 2489 postes supplémentaires au nom d’un "rééquilibrage" entre le 1er et le 2d degrés. Les chiffres qu’il a communiqué le 16 décembre indiquent seulement 2269 créations de postes dans les académies.

Effectivement, depuis 2017, le premier degré a vu le nombre de postes augmenter : 440 en 2020, 2175 en 2019. Mais le gouvernement lançait aussi des programmes de dédoublement en CP, CE1 et grande section de maternelle (GS) qui ont consommé jusque là 10 800 postes. La rentrée 2021 devrait voir les dédoublements de grande section achevés en Rep+.

Des académies mieux pourvues

A la rentrée 2021 plus aucune académie ne perd de postes, alors que c’était le cas pour la moitié d’entre elles en 2020. Des efforts importants sont faits en Ile de France avec 350 postes créés dans l’académie de Versailles et 340 à Créteil, et même 10 postes à Paris. Une situation bien meilleure pour ces trois académies franciliennes qu’en 2020 au moment où le ministre de l’éducation nationale envisage de se présenter aux régionales.

Mais l’effort est important aussi à Lille (120 postes), Montpellier (140), Aix Marseille (190) et Lyon (200). Strasbourg et Nice bénéficient de 95 postes. Dans les DROM Mayotte gagne 155 postes, la Guyane 125. La Réunion , qui est dans une situation bien meilleure, gagne 135 postes.

Un effort suffisant pour remplir les engagements ?

Si l’effort est réel, on peut se demander s’il sera suffisant. En effet les dédoublements de grande section en rep + en 2021 absorberont 2300 postes. Et le maintien à 24 élèves par classe des grandes sections non prioritaires consommera 1200 postes. S’ajoute à cela les décharges de direction, augmentées de 640 postes pour améliorer le sort de seulement un directeur sur trois.

On voit qu’on dépasse le volume des créations de postes et probablement aussi celui de ces créations et des postes rendus inutiles du fait de la baisse démographique. Les 5000 enfants non scolarisés à Mayotte et les 10 000 en Guyane n’auront toujours pas de place en classe. Il n’y aura pas d’amélioration dans les autres niveaux que Cp , Ce1 et GS. Ni pour la grande majorité des directeurs.

Les syndicats jugent l’effort insuffisant

"La carte scolaire est globalement positive mais pourra se révéler insuffisante au regard des priorités déjà fixées", nous a dit Stéphane Crochet, secrétaire général du Se-Unsa. "Il n’y aura pas de marge pour le remplacement ou les Rased. Voire ils pourraient à nouveau servir de marge d’ajustement".

"On ne voit pas comment le ministère pourra atteindre le dédoublement des GS à cette rentrée et sa limitation à 24 hors éducation prioritaire d’ici 2022", nous a dit Guislaine David , secrétaire générale du Snuipp Fsu. "Avec la pandémie la question du remplacement est préoccupante. Le gouvernement n’a pas inscrit le contexte sanitaire et social dans le budget de l’Education nationale. Pour y faire face et résorber les inégalités qui se sont accrues il faudrait des moyens supplémentaires".

Le Snuipp craint que, faute de postes, la mise en place des dédoublements et de la limitation à 24 élèves en GS, CP et CE1, se traduise par une nette augmentation des effectifs élèves dans les classes de Ce2 CM1 et CM2. D4autant que la chute des effectifs pourrait être beaucoup moins importante que prévu si la loi séparatisme supprime réellement l’instruction à domicile.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 17.12.20

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