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05/11 - Des profs de ZEP rencontrent Fillon (le Parisien)

8 novembre 2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Parisien-77 » du 05.11.04 : des profs de ZEP rencontrent Fillon

« On manque de formation pour enseigner en ZEP »

François Fillon, ministre de l’Education nationale, était hier au collège Paul-Valéry de Thiais (Val-de-Marne). L’occasion de rencontrer une douzaine de jeunes professeurs qui enseignent dans les établissements scolaires sensibles de l’académie de Créteil, dont Samir.

« Je fais le plus beau métier du monde mais parfois c’est dur, très dur… » Pour Samir, professeur d’histoire-géographie au collège Jean-de-La Fontaine, Mée, cette rencontre avec son ministre de tutelle aura été l’occasion de raconter son quotidien.

« J’ai essayé d’en dire le maximum, explique le jeune homme de 25 ans. La valeur du travail qui n’est plus reconnue par les élèves, la démission des parents et le problème des élèves non francophones. On a essayé de sensibiliser le ministre sur le manque de formation des jeunes professeurs qui sont affectés dans des établissements sensibles. Il faudrait plus de cours de psychologie et davantage d’expériences en situation réelle. Dans les écoles difficiles ou dans les zones d’éducation prioritaires, on apprend sur le terrain, pas à l’école. »

Reste que Samir a l’impression d’avoir « loupé une occasion ». « On n’a pratiquement pas abordé les problèmes de violences verbales et physiques. D’un côté c’est bien, ça évite de stigmatiser ces établissements, mais d’un autre côté, il faut reconnaître qu’ils existent. Moi, par exemple ; je suis d’origine algérienne, eh bien ! je suis détesté des élèves marocains. Un professeur qui est blond aux yeux bleus recevra des remarques du style : Vous votez Le Pen ! C’est tout ça la vie d’un établissement difficile... C’est dur, mais on aime notre métier. »

VV

Extrait du « Parisien-93 » du 05.11.04 : formation pour les enseignants de ZEP

Les jeunes enseignants de ZEP veulent être mieux formés

« Nous ne sommes pas préparés à enseigner à ce type d’élèves. » C’est le cri du cœur d’une douzaine de jeunes professeurs, fraîchement sortis de l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) qui enseignent depuis deux ans dans des écoles classées PEP 4 (poste à exigence particulière), le plus haut degré des établissements scolaires difficiles. Le message est allé directement à François Fillon, leur ministre de tutelle, qu’ils ont rencontré hier matin au collège Paul-Valéry de Thiais.

Un rendez-vous officiel mais non convenu de deux heures organisé par le ministre de l’Éducation nationale afin de préparer la future loi d’orientation sur l’éducation qui devrait entrer en vigueur partiellement à la rentrée 2005.

« Il faut plus de stages et de cours de psychologie »

« Le rapport Thélot (NDLR : du nom du président de la Commission du débat national sur l’avenir de l’école, Claude Thélot), commandé par mon prédécesseur est une bonne base de travail mais doit être complété par le terrain, souligne François Fillon. Cette future loi d’orientation ne sera pas une révolution mais elle doit apporter un maximum de solutions aux problèmes que rencontre aujourd’hui l’éducation. » L’occasion pour ces jeunes professeurs de pointer du doigt la mauvaise préparation des futurs enseignants qui travailleront dans des établissements dits « sensibles ».

« Quand on sort de l’Iufm on sait théoriquement enseigner mais nous ne sommes pas préparés à gérer des situations dramatiques de misère sociale, explique Céline. En sortant de notre formation, nous n’avons effectué qu’un seul stage pratique et souvent dans des établissements sans problème. Alors, quand on arrive dans une école PEP 4, on se forme sur le tas et parfois, c’est dur... très dur ». Et les jeunes professeurs d’énumérer pêle-mêle leur quotidien : « démission des parents », « élèves non francophones », « disparition de la valeur du travail » et dans une moindre mesure, et à la grande surprise du ministre, « les violences verbales et physiques ». Selon ces néo-professeurs, il faut « plus de stages pratiques durant la formation, ainsi que des cours de psychologie. Avec ça, on pourra enseigner partout », lance Hélène. Car ils en sont tous convaincus, établissements sensibles ou pas, ils font « le plus beau métier du monde ».

Vincent Vérier

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