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A propos du critère de l’ancienneté des enseignants en ZEP pour évaluer l’action de Xavier Darcos

15 janvier 2008 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de La Lettre de l’éducation, n°581, le 14.01.08

Evaluation : le ministre de l’éducation nationale va montrer l’exemple

A l’instar de l’ensemble des élèves et des fonctionnaires de son ministère, les ministres vont désormais être évalués sur la base de critères quantitatifs par le premier ministre... Après l’évaluation du Parlement, via la LOLF, la pression s’accroît sur les ministres pour réformer.

Baisse du nombre de signalement de violences aux forces de police, progression du pourcentage d’élèves handicapés scolarisés, âge moyen des enseignants en zone d’éducation prioritaire...
Voici quelques-uns des 34 indicateurs définis par le premier ministre, assisté par le cabinet de conseil en stratégie Mars and CO, pour évaluer l’action de Xavier Darcos. Valérie Pécresse sera pour sa part évaluée sur des critères comme le taux d’abandon en première année d’université ou le nombre d’universités ayant adopté leur nouvelle gouvernance...
De tout temps, les ministres ont été évalués politiquement par leurs supérieurs - Claude Allègre ou Luc Ferry ont été en leur temps poussés vers la sortie. De même, depuis 2006 et l’application de la LOLF, la nouvelle nomenclature budgétaire, le Parlement évalue à travers des critères de ce type l’efficacité des responsables ministériels en matière de dépenses.
Mais une évaluation politique interne à l’exécutif sur des critères quantitatifs constitue une vraie nouveauté. Déclinés à partir de lettres de mission présidentielles envoyées à chaque ministre (voir La Lettre n° 566), ces critères techniques doivent évaluer la bonne tenue par les ministres des promesses de Nicolas Sarkozy.

Cette initiative s’inscrit clairement dans la logique du New Public Management, un courant de pensée néo libéral développé dans les années 1980, qui prône le management des administrations par les résultats afin d’en améliorer l’efficacité. Dans ce cadre, évaluer un ministre permet de mettre sous tension tout le système éducatif, « l’évaluation étant un levier très puissant d’évolution d’une organisation », constate Nathalie Mons, auteur des Nouvelles politiques éducatives (PUF). Reste que si « l’évaluation de tout agent public n’est pas choquante en soi, évaluer un ministre sur les seuls critères techniques ne suffit pas.

C’est d’abord un homme politique », explique un ancien haut fonctionnaire. Une évaluation plus qualitative est d’autant plus nécessaire que les critères quantitatifs ne traduisent pas toujours la réalité : la baisse des signalements d’actes violents à la police ne signifie pas toujours la disparition de la violence, mais aussi sa non-dénonciation. Il est également facile de les manipuler en demandant aux agents de « faire du chiffre » sans traiter les problèmes au fond. De même, « dans le cas des ministres, il serait préférable que les critères quantitatifs retenus fassent l’objet d’un débat public sur leur pertinence », poursuit Nathalie Mons. Si, par exemple, « calculer le nombre d’heures supplémentaires utilisées dans l’éducation nationale fait peu de sens, le critère de l’âge moyen des enseignants en ZEP est pertinent, car cela fait vingt-cinq ans que tous les ministres tentent de le stabiliser, sinon de l’augmenter », conclut ce haut fonctionnaire.

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