Voilà un message intéressant parce qu’il n’est pas le résultat d’une idéologie.
J’interviens pour ajouter un élément dont on ne parle jamais dans les arguments pour ou contre l’évitemment des ZEP pour des élèves culturellement favorisés qui y habitent :
Quand on analyse le fonctionnement des classes en maternelle, en élémentaire et en collège de ZEP, on constate vite que ces élèves culturellement favorisés, ceux qui ont un langage plus développé, des expériences variées et enrichissantes, sont promus automatiquement : ils sont les premiers appuis des professeurs, car ils entraînent la classe.
Il est amusant de voir que les options politiques des maîtres et professeurs n’ont rien à voir avec cet appui : il s’agit de nécessité pédagogique.
Les élèves culturellement favorisés bénéficient donc d’une promotion indéniable.
Cela dit, je m’appuie sur trois exemples, vécus en une vingtaine d’années dans une ZEP difficile et sur divers témoignanges recueillis dans différentes ZEP auprès d’enseignants qui y ont laissé leurs enfants, mais cela ne vaut pas une observation scientifique, ce n’est qu’un témoignange.
Je suis moi-même enseignante en ZEP, ravie de l’être et persuadée que nous pouvons faire beaucoup dans ces milieux difficiles. La difficulté est d’ailleurs quelque chose de très stimulant et gratifiant lorqu’on arrive à la vaincre.
Cependant pour la scolarité de mes enfants , je me suis sentie bien placée pour connaître la réalité de la ZEP avec sa dose d’incivisme voire de violence et les difficultés à tirer les élèves vers le haut. J’ai raisonné en tant que mère de famille et je fais un lourd sacrifice financier pour que mes deux jeunes suivent leur scolarité dans un établissement privé où le climat de travail est garanti . Par ailleurs , je pense que pour un jeune élève qui rentre en sixième et qui réussit brillament, il faut une personnalité très forte pour assumer cette réussite face à un groupe de camarades pour lesquels les valeurs sont la rue et le rejet de l’école.
Bien sûr , je rencontre tous les jours des personnes qui me citent des contre-exemples par rapport au choix que j’ai fait mais j’ai également des témoignages de famille qui ont du développer des protections importantes pour épargner la violence à leurs enfants.
Il n’y a pas besoin d’être "déprimé" comme disent certains pour vouloir donner à mes enfants des conditions de scolarité aussi sereines que celles que j’ai eu la chance d’avoir , il y a 30 ans dans un collège et lycée public. Nadia C.
La place des écoles se réduirait-elle à la réintroduction d’un IEN ?
Faut-il rappeler que le comité exécutif est constitué - d’après les textes - du principal du collège, de son adjoint, des directeurs des écoles élémentaires et maternelles du RAR et du coordonnateur devenu secrétaire ?
Ça fait quoi comme "rapport de force" (s’il y en a besoin) premier degré/second degré ?
(pour le RAR dans lequel je suis, 2 représentants du collège, 6 des écoles primaires plus moi qui suis enseignant en CE1 à mi-temps).
Ah ! On a besoin de VRAI chef, étiqueté comme tel ?
Très étrange aussi la formule pour demander la réintroduction de l’IEN "avec la possibilité d’en assumer la direction" !!!
Wouahou...... les textes du BO n°14 sur la relance de l’Education Prioritaire.... donne le "pouvoir" au Comité Exécutif (sans préciser s’il y a un, deux ou trois "chefs" ce qui permet que la "direction" soit "collective" ou pour prendre des termes qui fassent moins peurs que les décisions soient prises avec l’accord au minimum de la majorité - puisque personne n’a la fonction de "responsable" du RAR)
Pour l’OZP, "la direction" doit être remise dans les mains d’un chef, un vrai ! (Sinon c’est le Chaos ?)
Ah ! la soumission à l’autorité a encore de beaux jours devant elle.....
(Milgram, Stanley Milgram.... on a besoin d’obéir, d’obéir, d’obéir.... sinon on est tout désorienté)
Et on veut former des citoyens responsables ?
Stéphane Tabourin
instituteur et coordonnateur ZEP/Secrétaire de CE de RAR
Par ailleurs, je n’ai rien contre le fait que l’IEN fasse partie du Comité Exécutif...
Dans notre RAR , nous avons fait "entrer" au Comité Exécutif l’IEN, une conseillère pédagogique et la directrice de la SEGPA..... mais on sait tous... que ce qui fait loi .... ce sont les textes et rien que les textes..., non ?
merci pour cette lettre : ce sont bien les 2 questions urgentes.
mais qu’en est-il de "l’étape n°2", c’est à dire la réforme des EP2 et le choix des EP3 ? ça devait commencer à la rentrée scolaire, si j’ai bien lu, et on ne voit rien venir : voilà le sujet d’une future lettre.
FC
MERCI, merci d’avoir si rapidement et si directement relayé deux préoccupations majeures. Merci, très sincèrement.
Dans l’académie de Montpellier je ne pense pas qu’il y ait réduction du nombre de coordos ni diminution de leur temps de travail pour la ZEP
La chasse aux postes déchargés décriptée par le "café pédagogique" de ce jour et les circulaires sur les CUCS mises en lumière par le site OZP confirment la tendance : retour des enseignants face aux élèves, les employés territoriaux se chargeront du lien. Sauf que d’un fonctionnaire public on passe à un fonctionnaire dépendant du politique. Et on voit bien avec le sors réservé à Roland Goigoux ce que cela induit !
Autre signe alarmant : Dans notre académie, le projet RAR ne sera signé que entre l’IA et le principal du collège. L’engagement du premier degré disparait complètement par rapport au contrat de réussite. La notion de territoire, de réseau, avec son nécessaire coordonnateur s’éloigne à nouveau (rapellons nous que le premier texte en janvier 2006 parlait de "collège" ambition réussite).
Au quotidien, ce qui change vraiment pour moi, c’est l’obligation de faire des compte rendus écrits de chaque réunion, et ça, je ne sais pas faire : animer et prendre des notes correctes en même temps !
Mais c’est pas vraiment grave. Ce qui est plus grave, c’est quand l’IA téléphone personnellement à la coordinatrice du PRE pour s’inquièter du fait que ce soit moi qui lui porte directement des conventions impliquant les enseignants : ce n’est plus mon travail de transmettre à notre hierarchie...
Par contre, si j’adhère au dispositif coup de pouce aux devoirs du soir pour les enfants "repérés", je n’aurais pas le droit aux vacations PRE comme mes collègues, car moi, c’est mon boulot. D’ailleurs, il serait bon que je réflechisse comment tout assumer, celà serait économique pour le PRE et bon pour l’image de l’Education Nationale dans le PRE !!! ...
A qui faut il s’adresser pour faire étudier ses droits à la retraite ?
Entièrement d’accord ! On ne rend pas le mal pour le mal !
J’était coordonnateur.... je suis secrétaire (.....général ?)
C’est qui ton chef ?
Il n’y a plus un (le chef d’établissement du collège) ou deux responsables (le chef d’établissement et l’inspecteur de la circonscription) comme c’était le cas dans ma ZEP, mais un comité exécutif dans lequel les directeurs d’école sont entrés.... et ça fait une sacré différence ! (lisez bien le BO ! après à chacun d’investir son nouveau champ d’action....en ramenant chacun à sa juste place)
Je continue à être garant de la circulation de l’information sur la ZEP (heu, dans le Réseau).
Je suis au service d’un dispositif qui n’est plus dans les mains de deux responsables/chefs mais bien d’un collectif de travail qui est constitué de l’ensemble des établissements scolaires.
J’approuve la nouvelle orientation ... plus de pédagogique. Mais dans le même temps j’ai peur d’une relégation des partenaires associatifs - réels acteurs de terrain - au bénéfice de partenariats-bidons : quand on appelle "excellence" un "grand" nom qui en jette - vous savez les "grandes" écoles - ... mais, pour l’instant, ça n’épate que les médias et les couloirs de notre administration (je me régale à l’avance du moment où je - ou un autre - leur demanderai ce qu’elles pensent avoir apporté, par leur travail, aux élèves du RAR !).
Continuons à travailler le mieux possible.
Et restons vigilants et (im)pertinents pour rechercher le mieux pour plus de réussite - réelle - pour les élèves.
Stéphane Tabourin
ex instituteur et coordonnateur ZEP,
aujourd’hui instituteur et secrétaire (barbu) de comité exécutif de RAR.
j’étais coordonnatrice, je suis secrétaire
Hier mon IEN avait une coordonnatrice pour les relations interdegrés et tous les partenariats, aujourd’hui un chef d’"entreprise-établissement" a une secrétaire de plus. Cela fait bien dans le tableau. Il est plus puissant. On me trouvera bien un petit coin de bureau. Pas encore trouvé en 2 semaines mais il faut garder espoir. Finie la coordination (c’est mon chef) ni les partenariats (c’est mon chef). Il m’a dit que j’étais secrétaire du RAR et que ces questions étaient hautement politiques. C’est vrai qu’avant ça tournait dans la bonne humeur et que ça c’est suspect pour la politique. J’espère qu’il y a une décoration avec (mais aussi une chaise).
Si j’avais su que la réforme des ZEP amenait les coordos à devenir des secrétaires j’aurais repris mon CM1
Le métier de secrétaire est utile, c’est un beau métier et mes collègues secrétaires qui aiment leur métier sont gentilles. Ne voyez pas d’attaques contre les secrétaires mais je n’avais pas choisi de faire ce travail.
J’ai tiré la sonnette d’alarme dès février dernier mais les coordos sont une minorité qui va avoir beaucoup de mal à être entendue ! Que faire ?
L’OZP pourrait elle être un lieu de réaffirmation de l’importance de ces missions par l’organisation de rencontres, la diffusion de témoignages ? Quitte à se rendre compte que les nouveaux dispositifs peuvent se passer de ces postes ... après tout ! mais pas en catiminie aux allures de restrictions budgétaires, avec argumentations pédagogiques et sociales efficaces !
je me pose une question simple : que devient l’éducation prioritaire sans les coordonnateurs ? postes non pourvus, postes disparus, passage de temps plein à mi-temps qui devient la règle ... n’est-on pas en train d’assister à une mise en touche voire à une disparition qui ne se dit pas ? en toute discrétion....
Il me semblait pourtant qu’éducation prioritaire rimait avec cohérence des actions, évaluation, suivi, accompagnement, partenariat et territoire ...tâches qui nécessitaient bien une personne pour oeuvrer à tout ça.. or il semble que le coordonnateur d’indispensable qu’il était soit devenu inutile voire gênant ... redéfinir ses missions, ne pas le laisser désespérement seul face à ce travail de titan certainement ... mais le supprimer même en douceur ?
Quelle idée de l’éducation prioritaire, quelles évolutions de notre système éducatif se cachent derrière ce danger de disparition ?
Un article stimulant. Acteur de terrain, j’ai fait sur mon blog, voici peu, une proposition qui me paraît complémentaire.
Voici l’adresse.
Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce sujet...
et beaucoup de choses à faire dans tous les domaines si on voulait suivre les conseils (justes) de l’INRP.
Que pensez-vous des termes "Ambition réussite" ?
Moi, ça m’a étonné, ce n’était pas dans le vocabulaire de l’éd. nat. pour désigner un dispositif administratif. Là on voit bien que celui qui a trouvé ces termes voulait aller dans le sens souhaité par l’INRP. Mais ça fait bizarre quand même. C’est étonnant que personne (si j’ai bien lu ce site) n’ait rien dit à ce propos l’hiver dernier.
Je cherche les références de ce livre s’il est publié
Merci