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« X.Y.ZEP » n°24. Ecole et territoires : comment en parler

18 septembre 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site de l’INRP, le 18.09.06 : Centre Alain Savary

N° 24 - septembre 2006

DOSSIER

Elèves et territoires : comment en parler ?

Pas facile de qualifier les élèves et les établissements de l’éducation prioritaire.

Comment dire qu’ils sont à la fois semblables aux autres mais aussi différents, spécifiques sans s’enfermer dans des étiquetages ou des stigmatisations ? Sont-ils « populaires », « pauvres », « difficiles », « immigrés », « musulmans », etc. ?

Dans ce dossier, vous pourrez lire des textes de sociologues et d’historiens, C. Avenel, A. Fossier, B. Falaize qui traitent de cette délicate question.

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RECHERCHE

Pour une géographie des inégalités scolaires

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RESSOURCES

Les « centres ressources politique de la ville »

ENTRETIEN

École et difficultés scolaires au Japon

BRÈVES

L’éditorial

Le pouvoir des mots

Si les mots nous aident à comprendre le monde et à partager cette compréhension, dans le même mouvement, ils opacifient connaissance et partage. Car les mots disent et taisent, montrent et cachent, trahissent, ils sont mal ajustés, trop ou trop peu, toujours un peu à côté... Grâce à eux nous pouvons caractériser les lieux, les personnes, les situations, les problèmes mais ce sont encore eux qui brouillent ces mêmes caractérisations. Penser, connaître et comprendre supposent catégorisations et classements qui se font grâce aux mots et malgré eux. Pour appréhender la complexité, faire des rapprochements, pointer des différences, mettre en relation des savoirs et des expériences, exprimer des émotions, des sentiments et des idées, pensée et langage s’étayent, se heurtent, circulent.

Les mots agissent de manière dynamique en cheminant avec notre propre pensée et avec celle d’autrui. Ils font naître des représentations et provoquent des réactions qui interagissent avec la réalité et contribuent à la transformer.

Leur pouvoir d’évocation peut avoir un effet positif ou négatif. Lorsqu’ils parlent des fragilités des territoires, des enfants et des familles, lorsqu’ils nomment les inégalités et les différences, ils sont potentiellement porteurs de stigmatisation. Ils agissent sur les identités et entraînent chaque personne à naviguer entre ce qu’elle est réellement et l’identité sociale à laquelle on l’assimile. Le risque de dépréciation automatique par assimilation à une catégorie sociale « posant problème » est très présent avec ses conséquences : humiliation, découragement, révolte...

Les professionnels de l’éducation doivent donc rester particulièrement vigilants sur le choix des mots et être conscients de leur impact. C’est le sujet du dossier du présent numéro d’ « XYZep ». Nous vous invitons à le découvrir ainsi que les autres rubriques qui vous feront voyager d’un collège parisien aux écoles japonaises en passant par les centres de ressources de la politique de la ville.

Vous pourrez également réfléchir à la géographie des inégalités scolaires et vous pencher sur la question du secret professionnel. Nous souhaitons que tous ces mots que nous vous offrons soient pour vous de fidèles compagnons de réflexion et d’action !

Christiane Cavet, responsable du centre Alain Savary

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5 Messages de forum

  • > 18.09.06 - « X.Y.ZEP » n°24 est paru

    18 septembre 2006 11:05, par AB

    L’éditorial de ce numéro d’ X.Y.ZEP est très important. Une des clés de la réussite de l’éducation prioritaire s’y trouve. Il faudrait que ce texte soit lu largement car tous les débats sur le « maintien des exigences » et sur « l’image des ZEP » qui n’ont pas intégré cette donnée sont vains. Les appellations et les étiquetages peuvent entraîner, nous dit-on ici justement, des stigmatisations qui réduiront à néant tous les efforts pédagogiques entrepris et toutes les sortes de moyens apportés.

    Le Centre Alain Savary poursuit donc son travail de recherche et de réflexion de fond : il faudrait que tous les acteurs de l’éducation prioritaire lisent régulièrement ce petit bulletin qui se bonifie au cours des années.

    Cela dit, pourquoi le Centre Alain Savary a-t-il repris, il y a quelques temps, l’appellation ancienne (1993) de « Centre national de ressources sur les pratiques éducatives et sociales en milieux difficiles » ? Voilà exactement ce qui est dénoncé dans l’édito. Des « milieux difficiles » ? Que cela signifie-t-il scientifiquement ? Rien, il n’y a aucune définition. Il ne s’agit que de représentation négative de certains « milieux ». Représentations du corps enseignant et du Français moyen devant des situations où le service public de l’Education nationale peine à s’adapter pour assurer ses missions. Ce qui est difficile c’est l’adaptation à faire par le service public, ce n’est pas le public ou le milieu dans lequel il vit !

    Le Centre Alain Savary s’est appelé ensuite « Centre national de ressources pour l’éducation prioritaire » et je comprends que l’on ne cite plus ce titre qui n’a jamais correspondu ni à sa nature, ni à ses objectifs ni à ses moyens. Mais pourquoi réutiliser un titre non valable institutionnellement et dangereux, on nous l’explique bien ici, pédagogiquement et socialement ?

    Le nom du ministre Alain Savary, créateur des ZEP en 1981, serait suffisant.

    Et, s’il faut un complément, pourquoi ne pas indiquer qu’il s’agit du « Département de l’Institut National de recherche Pédagogique (INRP) spécialisé pour l’éducation prioritaire ». Tout serait dit et on ne stigmatiserait pas des populations appartenant à des « milieux difficiles » conceptuellement incertains mais très clairs pour la dénonciation publique a priori.

    « Les professionnels de l’éducation doivent rester particulièrement vigilants sur le choix des mots et être conscients de leur impact » écrit très justement Christiane Cavet dans cet excellent bulletin.

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    • > 18.09.06 - « X.Y.ZEP » n°24 est paru 19 septembre 2006 11:37, par FC

      Tout à fait d’accord : "Centre Alain Savary" c’est parfait.
      Et s’il faut souligner une difficulté c’est bien celle de l’Education nationale à assurer sa mission de service public pour tous. Les milieux difficiles, c’est quoi ? Beurk !

      Mais allons jusqu’au bout du raisonnement : il faut supprimer les "zones". L’éducation prioritaire, ça va mais les zones ça ne va pas.

      FC

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      • > 18.09.06 - « X.Y.ZEP » n°24 est paru 19 septembre 2006 18:05, par Charles

        Il ne faudrait pas tomber dans le "politiquement correct".

        Autant Christiane Cavet a raison d’avertir les zépiens que les mots peuvent tuer, autant les ZEP sont entrées dans le langage courant ;

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        • > 18.09.06 - « X.Y.ZEP » n°24 est paru 19 septembre 2006 21:05, par Mylène

          le politiquement correct c’est autre chose : la censure de la vérité par soumission à une bienséance sociale.

          Ce que dit l’édito est autre chose : les mots peuvent trimbaler des représentations négatives qui sapent le travail.

          L’actualité internationale (relations Vatican-Monde musulman) en montrent un exemple. Je ne sais quelles étaient les intentions initiales mais quelques mots ont été dévasteurs.

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          • > 18.09.06 - « X.Y.ZEP » n°24 est paru 23 septembre 2006 13:15, par LV

            Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce sujet...

            et beaucoup de choses à faire dans tous les domaines si on voulait suivre les conseils (justes) de l’INRP.

            Que pensez-vous des termes "Ambition réussite" ?

            Moi, ça m’a étonné, ce n’était pas dans le vocabulaire de l’éd. nat. pour désigner un dispositif administratif. Là on voit bien que celui qui a trouvé ces termes voulait aller dans le sens souhaité par l’INRP. Mais ça fait bizarre quand même. C’est étonnant que personne (si j’ai bien lu ce site) n’ait rien dit à ce propos l’hiver dernier.

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