> EDUCATION PRIORITAIRE > EDUC. PRIOR. Les 8 types de documents > Educ. prior. (Dossiers et Guides) > Un dossier de la Revue Française de Pédagogie (RFP) : "La politique ZEP en (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Un dossier de la Revue Française de Pédagogie (RFP) : "La politique ZEP en France, laboratoire des politiques d’éducation ?" (oct-déc 2011)

11 juin 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

Ce numéro est désormais consultable en version intégrale

 

Dossier : La politique ZEP en France, laboratoire des politiques d’éducation ?
Revue Française de Pédagogie, n° 177 (oct-déc 2011)

 

SOMMAIRE

- La politique ZEP en France, laboratoire des politiques d’éducation ?, Jean-Yves Rochex

Trente ans après son lancement en 1981, nous revenons dans ce dossier de la Revue française de pédagogie sur la politique française d’éducation prioritaire, ses évolutions et leurs rapports complexes avec celles qui ont marqué les politiques scolaires génériques mises en œuvre dans notre pays durant cette période.
Ce dossier sera suivi d’un autre dossier consacré, lui, à la conception, à la mise en œuvre, aux évolutions et aux « effets » de politiques semblables dans différents pays étrangers (États-Unis, Angleterre, Portugal, Québec…).
L’un et l’autre de ces dossiers sont, en tout ou partie, issus du colloque international intitulé « Les politiques de lutte contre les inégalités et les exclusions éducatives en Europe et au-delà. De la compensation à l’exclusion ? », qui s’est tenu, dans le cadre de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, fin novembre 2010 à l’INRP [...].
Premières lignes
Le programme du colloque de l’INRP

 

- L’introduction controversée de l’« excellence » dans la politique française d’éducation prioritaire (1999-2005), Philippe Bongrand

L’écho public immédiatement rencontré par les dispositifs d’ouverture sociale des filières d’élite de l’enseignement supérieur, au début des années 2000, contraste avec le modeste et tardif intérêt manifesté à leur égard par les responsables de la politique française des zones d’éducation prioritaires (ZEP). L’article rend compte de cette distance en retraçant l’attitude de l’administration centrale en charge des ZEP à l’égard du mot d’ordre d’« excellence ». Il restitue pour cela les perspectives propres aux fonctionnaires, ministres et conseillers chargés du dossier à l’échelon national au cours des années 1999-2005. Les configurations successives de leurs points de vue éclairent la mise à distance puis l’appropriation, à titre d’instrument légitime de la politique des ZEP, des initiatives des grandes écoles. Au regard de l’histoire de cette politique, cet épisode contribue à l’avènement d’un « nouvel âge » de l’éducation prioritaire.
Résumé

 

- La politique ZEP, laboratoire de nouveaux outils de pilotage du système éducatif (1981-2001) ?, Lydie Heurdier

L’apparition de nouvelles modalités de régulation des politiques publiques, au début des années quatre-vingt, a concerné d’emblée la politique d’éducation prioritaire. Si l’introduction des outils de pilotage et d’évaluation a été progressive dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP), elle a aussi touché l’ensemble des établissements au fur et à mesure que leur autonomie se renforçait. Le mouvement général vers une culture de l’évaluation s’est accompagné de comparaisons entre les établissements en ZEP et hors ZEP, alors même que l’on passait d’une évaluation des actions à celle des acquis. Le rôle de la direction de l’évaluation et de la prospective (DEP) a été central dans les tentatives de rationalisation de la carte de l’éducation prioritaire comme dans la recherche de son efficacité.
Résumé

 

- Les questions pédagogiques et curriculaires au cœur de la politique d’éducation prioritaire ?,
Entretien avec Anne Armand, inspectrice générale de lettres, auteure de rapports sur l’éducation prioritaire

  • Origine du travail sur l’éducation prioritaire ?
  • Premier rapport de 2006 sur la contribution de l’éducation prioritaire à l’égalité des chances des élèves : méthode, résultats et enseignements
  • Constats au terme de ce travail
  • Effets des recommandation, évolution de la situation depuis 2006
  • Bilan de ces mesures d’après le travail ultérieur sur la mise en œuvre des RAR
  • Effets positifs de la mise en place des professeurs référents et de leur travail dans les RAR ; émergence d’une nouvelle profession ou d’une nouvelle professionnalité ?
  • Pistes à développer concernant l’éducation prioritaire ou, plus largement, la lutte contre les inégalités scolaires ?
    Plan

 

- Les ZEP, miroir grossissant des évolutions et contradictions du système éducatif français, Marceline Laparra

La création des ZEP en France peut être considérée comme une tentative de résoudre – dans un contexte de généralisation de l’accès à l’enseignement secondaire – la contradiction entre la nécessité républicaine de proposer le même enseignement à tous et l’exigence démocratique de prendre en compte les différences et inégalités socioculturelles entre les élèves. Les modalités de leur mise en œuvre et la multiplication des objectifs assignés à l’institution scolaire ont toutefois laissé aux enseignants la charge de concilier des finalités et objectifs hétérogènes, voire contradictoires. Peu instrumentés pour cela, ceux-ci n’ont pu y parvenir qu’en « diversifiant » les outils – manuels, fichiers, recueils d’exercices, etc. – qu’ils utilisent, les situations ou modes d’organisation du travail en classe qu’ils mettent en œuvre.
Nombre de travaux permettent néanmoins de penser que cet éclectisme pédagogique, s’il n’est pas de nature ni d’ampleur différente en ZEP ou hors ZEP, n’y a pas les mêmes effets, et qu’il contribue à une « dé-didactisation » des problèmes, source de difficultés et d’inégalités d’apprentissage, qui semble particulièrement défavorable aux élèves de milieux populaires ou issus des familles et des quartiers les plus précarisés. Ce qui amène à se demander s’il ne faut pas procéder au contraire à une forte didactisation des problèmes rencontrés par les élèves dans leur scolarité et mettre en question les processus dominants d’adaptation des enseignements à ce qu’on pense être les particularités des élèves.
Résumé

 

- Consulter aussi hors dossier
La dégradation de l’équité de l’école française dans les années 2000, Denis Meuret et Marielle Lambert

L’équité de la scolarité obligatoire en France est appréhendée par trois indicateurs calculés à partir des données PISA de 2000 à 2009. Cette équité se dégrade fortement pendant cette période, en particulier entre 2003 et 2006, alors que, dans la moyenne des pays de l’OCDE, la tendance serait plutôt à l’amélioration. Une investigation des causes possibles de l’évolution française exclut une dégradation des conditions externes de l’enseignement, mais retient celle de l’équité en fin de primaire et donc incite à rechercher une cause commune au primaire et au collège. Une comparaison entre l’évolution de l’équité aux États-Unis et en France suggère que l’absence, en France, d’une régulation par les résultats des élèves les plus faibles fait partie de ces causes.
Résumé

- Dans le même numéro, voir aussi parmi les Notes critiques :
Stéphane Bonnéry
BLAYA Catherine. Décrochages scolaires. L’école en difficulté. [Texte intégral en ligne]
Bruxelles : De Boeck, 2010, 200 p.

Extrait du site de la Revue Française de Pédagogie : La politique ZEP en France, laboratoire des politiques d’éducation ?

 

40 ans d’éducation prioritaire, pour quoi faire ? (Revue française de pédagogie)

"La plupart des rectorats ne sont pas capables de répondre aux questions portant sur le devenir des élèves de ZEP après le collège." Cette formule de l’inspectrice générale Anne Armand dans l’entretien qu’elle accorde à la Revue française de pédagogie donne le ton de ce dernier numéro consacré à "la politique ZEP en France".
Jean-Yves Rochex, qui en a assuré la coordination, rappelle qu’il s’agissait, à l’origine, de compenser "les déficits d’ordre culturel, linguistiques ou intellectuels dont souffriraient les catégories de population particulièrement touchées par l’échec et l’inégalité scolaires". Il a fallu ensuite "lutter contre l’exclusion" avec "une multiplication de dispositifs" ciblant des populations hétérogènes. Est venue ensuite une approche de plus en plus centrée sur les individus. Et, progressivement, une logique d’adaptation à la diversité des élèves s’est substituée à "la lutte contre les inégalités sociales d’accès au savoir".

Pour le chercheur, cette politique, malgré des changements de nom, ZEP, REP, RAR, ECLAIR, n’a pas réussi à être un "laboratoire du changement social", mais a été, de fait, le "terrain d’expérimentation de nouvelles idéologies éducatives", telle la promotion de l’excellence initiée par Ségolène Royal lorsqu’elle était ministre déléguée.
Le pilotage par les résultats a détourné l’attention de l’essentiel, l’enseignement donné dans ces établissements par des personnels "isolés et peu outillés pour faire face aux difficultés qu’ont les élèves à apprendre", même si la création de professeurs référents a "favorisé les échanges et le travail collectif". En dernière analyse, cette politique, en ne considérant "les milieux populaires et leurs enfants que sous l’angle du manque ou du déficit" n’a-t-elle pas eu pour effet de minorer "le rôle de l’institution scolaire dans la production des inégalités" ?

Extrait du site de ToutEduc du 09.06.2012 : 40 ans d’éducation prioritaire, pour quoi faire ? (Revue française de pédagogie

 

Dossiers antérieurs de la RFP sur les ZEP

-  L’éducation prioritaire en France et dans le monde anglo-saxon, Revue Française de Pédagogie - INRP, oct. 2004

-  Les ZEP : vingt ans de politiques et de recherches, n° 140, 2002

  • Sommaire avec accès à l’intégralité des articles

- Article de Denis Meuret dans la Revue Française de Pédagogie, n° 109, oct-décembre 1994
L’efficacité de la politique des zones d’éducation prioritaire dans les collèges

Répondre à cet article