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Deux sondages après Pisa : 1 Français sur 2 ne croit plus à l’ascenseur social, 40% privilégient la formation des enseignants et 11% seulement sont favorables à une augmentation des moyens en ZEP. Le commentaire du Café pédagogique

7 décembre 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

[...] Réformer la formation des enseignants : c’est la mesure qui permettrait d’améliorer le système scolaire en France. Tel est le principal enseignement d’un sondage Tilder-LCI-OpinionWay, qui doit être révélé jeudi soir sur LCI.
40% des personnes interrogées privilégient cet aspect, plutôt qu’augmenter le nombre de professeurs (28%), réformer les rythmes scolaires (20%) ou augmenter les moyens accordés aux zones d’éducation prioritaires (11%).

Extrait de lexpress.fr du 05.11.13 : Après Pisa, 40% des Français veulent des profs mieux formés

 

Près d’un Français sur deux considère que l’école n’assure pas l’égalité des chances, selon un sondage CSA pour « Les Echos » et l’Institut Montaigne. -

[...] A 54 %, les retraités considèrent que l’école n’assure pas l’égalité des chances, contre « seulement » 43 % chez les jeunes. « Il n’y a pas, chez les jeunes, l’effet nostalgique du c’était mieux avant », commente le président de l’institut CSA, Bernard Sananès.

Le sondage montre aussi que les cadres sont bien plus sévères que les ouvriers sur l’état de l’école. Les premiers sont ainsi 57 % à considérer que l’école n’assure pas l’égalité des chances, contre 44 % parmi les seconds.

Extrait de lesechos.fr du 05.11.13 : Pour un Français sur deux, l’école ne joue palus son rôle d’ascenseur social

 

Après Pisa, ne pas se disperser

La tentation est forte de proposer des solutions variées pour remédier aux faiblesses révélées par Pisa. Mais il va bien falloir s’y faire. Pour améliorer le niveau des élèves français dans Pisa il faut améliorer les résultats scolaires en ZEP. Et là il n’y a pas 40 solutions...

Dans un sondage LCI-OpinionWay, 40% des personnes interrogées privilégient comme remède aux résultats décevants de Pisa d’améliorer la formation des enseignants, 28% augmenter le nombre de professeurs, 20% réformer les rythmes scolaires et 11% augmenter les moyens accordés aux zones d’éducation prioritaires. En clair , plusieurs jours après l’annonce des résultats, seul un français sur dix a en mémoire le diagnostic.

On s’intéressera à la première réponse. Largement véhiculée par les médias elle refuse le diagnostic. Evidemment il n’est pas mauvais d’améliorer la formation des profs mais ce n’est pas exactement la réponse aux inégalités scolaires liées aux inégalités sociales. Cette idée en rejoint une autre plus largement encore diffusée : il suffirait de garder les "bons " enseignants et d’éliminer les "mauvais" pour relever le niveau. En clair, la solution a la crise Pisa se trouve chez les profs.

C’est oublier que l’effet maitre, contrairement à ce qu’on lit ici ou là, n’est pas démontré. Il est quasi impossible d’évaluer m’apport personnel d’un enseignant dans un système où ils sont pluriels. Difficile aussi d’évaluer cet effet sur une classe. Tel enseignant fera bien progresser une partie de la classe sans avoir un effet déterminant sur la totalité.

Ces idées ne contribuent qu’a entourer de brouillard l’enjeu de l’éducation prioritaire. Or si on veut que le niveau scolaire en zep s’améliore des leviers semblent prioritaires. Le premier c’est la stabilité des équipes. Rien ne peut se construire dans des établissements où presque la moitié du personnel est renouvelé chaque année. Dans la plupart des pays étrangers on a estimé que cette stabilité se monnayait.

Le second levier c’est d’améliorer l’encadrement. Et ça passe par la baisse importante du nombre d’élèves par classe. Piketty et Valdenaire ont pu en démontrer l’impact. On nous opposera que les enseignants ne savent pas forcément en tirer parti pédagogiquement. A coup sur le petit groupe se traduira par un meilleur encadrement, davantage de concentration et cela suffit déjà à changer la donne.

Après Pisa, la mission du politique doit être de ne pas perdre de vue les inégalités et les obligations qui en découlent. Même si la tentation est grande de vouloir satisfaire le plus grand nombre ou les plus influents.

Extrait de cafepedagogique.net du 09.12.13 : Après Pisa, ne pas se disperser

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