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02/12/05 - Le plan Villepin pour l’éducation et les ZEP : les analyses de la presse

2 décembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable
  Sommaire  

02/12/05 - Les mesures pour les ZEP annoncées par le Premier ministre présentées par "Le Monde"

Extrait du «  Monde » du 02.01.05 : Contre l’échec scolaire, le premier ministre prône le suivi des élèves et des sanctions parentales

C’est par une vaste réforme de l’éducation que Dominique de Villepin a répondu, jeudi 1er décembre, à la crise des banlieues. Plutôt qu’une nouvelle loi sur l’école, le premier ministre a préféré présenter un ensemble de mesures pour répondre à l’échec scolaire et, surtout, accorder une attention particulière aux élèves en difficulté et à leurs parents.

Le chef du gouvernement justifie ainsi le rôle accru qu’il entend donner à l’Etat : "Je ne me situe pas dans les débats doctrinaux sur l’efficacité du modèle français, je cherche les moyens de mettre en oeuvre concrètement et pratiquement, pour tous les Français, nos principes républicains. Pour cela, certains Français ont besoin d’un accompagnement personnalisé en matière d’emploi et d’éducation." "L’école, c’est le lieu de rendez-vous de la République", conclut-il.

Un contrat de responsabilité parentale (...)

Un accompagnement personnalisé sera mis en place, dès le CE1, pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Alors que le premier ministre affirme que 10 % des élèves, et 30 % dans les zones d’éducation prioritaires, entrent chaque année en sixième sans maîtriser ces deux matières, une évaluation nationale uniforme sera mise en place au cours du CE1 pour tous les élèves. Le non-passage de cette "barrière" se traduira par la mise en place d’un dispositif d’accompagnement personnalisé pour chaque enfant dans l’école (groupes de moins de 10 élèves) et en dehors (multiplication par deux des équipes de réussite éducative).

L’apprentissage de la lecture sera modifié, notamment avec l’abandon de la méthode dite "globale", dès la rentrée 2006. Même si elle est déjà largement délaissée par les enseignants, les manuels scolaires devraient officiellement la proscrire. Le ministre de l’éducation nationale, Gilles de Robien, a été chargé par le premier ministre de faire des propositions concrètes à cet effet, dans les trois mois à venir.

La diversification des parcours scolaires va être entérinée, avec notamment la possibilité d’entamer un "apprentissage-junior" dès 14 ans. Cette disposition, qui requiert une modification législative, figurera dans le projet de loi sur l’égalité des chances, qui sera présenté en conseil des ministres avant la fin de l’année.
Les classes de BTS (actuellement de 2 000) seront augmentées et chaque lycée de ZEP devra obligatoirement en proposer au moins une dès la rentrée 2006.

L’orientation des élèves du collège au lycée et vers l’enseignement supérieur sera mieux prise en charge par la création d’un service public de l’orientation. Il devra notamment présenter, sur Internet, toutes les statistiques nationales sur le taux de réussite de chaque filière et qualification. Actuellement, 40 % des étudiants entrant à l’université en sortent dépourvus de diplôme et certaines filières présentent un taux de réussite de 1 %.

Les zones d’éducation prioritaires bénéficieront d’un renforcement des différentes aides : la formation, la rémunération et la carrière des enseignants y seront développées, les internats d’excellence doublés et les bourses au mérite triplées. Les efforts devraient être concentrés en outre sur 130 établissements les plus en difficulté, par le biais de la remise à plat de la carte des ZEP.

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Christophe Jakubyszyn

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02/12/05 - Le Plan Villepin analysé par l’Expresso

Extrait de « L’Expresso » du 02.01.05 : Le plan Villepin

"C’est sur les enseignants que repose le succès de tout ce que nous pourrons entreprendre pour l’éducation de nos enfants". Dominique de Villepin a présenté comme prévu son plan "pour l’égalité des chances" présenté comme un remède à la crise des banlieues. Six points concernent l’éducation.

Dans le primaire, le premier ministre souhaite généraliser l’évaluation en lecture et écriture en CE1. Celle-ci a été mise en place partiellement à la rentrée 2005. Les élèves en difficulté bénéficieront d’heures de remédiation en petit groupe dans le cadre des PPRE, un dispositif dont l’efficacité est contesté.

L’apprentissage à 14 ans sera proposé dès la rentrée 2006.(...)

En lycée, le ministre promet de développer les BTS et de multiplier les licences professionnelles.

Les chefs d’établissement seront chargés de contrôler les familles d’absentéistes. Ils devront provoquer des "contrats de responsabilité parentale" "dans toutes les situations de défaillance familiale". Les familles pourront se voir infliger des amendes ou la perte des allocations familiales.

L’orientation était sur la sellette après deux rapports très critiques. Le gouvernement souhaite créer "un service public de l’orientation". (...)

La carte des ZEP sera réformée avec l’objectif "de concentrer les moyens sur les établissements où les difficultés sont les plus lourdes". Les enseignants des ZEP seront encouragés financièrement. Le gouvernement aidera les élèves "méritants".

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02/12/05 - L’éditorial du « Monde »

Extrait du « Monde » du 02.01.05 : Fracture scolaire

Voilà donc l’école une nouvelle fois otage de la polémique politique et de l’implacable guérilla à laquelle se livrent le premier ministre et son ministre de l’intérieur dix-huit mois avant l’élection présidentielle de 2007. Décidé à répondre à la crise des banlieues en s’attaquant, notamment, aux inégalités scolaires dont souffrent les jeunes des quartiers en difficulté, Dominique de Villepin entend, en effet, engager une vaste réforme de l’éducation. Après avoir rouvert, à la hussarde, le chantier de l’apprentissage, il a posé, mardi 29 novembre, la question des zones d’éducation prioritaires (ZEP) en assurant qu’il "faut faire plus et mieux" en leur faveur.
Mais vingt-quatre heures plus tard, sans attendre que le chef du gouvernement détaille ses intentions, Nicolas Sarkozy s’est à son tour emparé du sujet. Avec son sens habituel de la provocation, il a assuré qu’il faut "déposer le bilan des ZEP", puisque "cette politique a échoué". Et d’enfoncer le clou en assurant que l’effort engagé depuis une vingtaine d’années en faveur des écoles, collèges et lycées des quartiers difficiles "est très en deçà de nos besoins", qu’il ne représente qu’une part dérisoire du budget de l’éducation nationale, enfin qu’il faut "prendre au mot la loi Jospin de 1989, c’est-à-dire mettre effectivement les élèves au centre du dispositif", une loi que le gouvernement Raffarin s’était pourtant employé à abroger.

Or l’avenir de l’école mérite mieux que cette nouvelle empoignade entre les deux ténors de la droite. Ce n’est un mystère pour personne que la politique des ZEP - l’une des premières politiques publiques fondées sur le principe de la discrimination positive, cher au ministre de l’intérieur - n’a pas eu les moyens de ses ambitions initiales et qu’elle n’a que marginalement renforcé l’égalité des chances. Mais la bonne foi devrait conduire les responsables politiques à reconnaître qu’elle a suscité un engagement et un travail souvent remarquables des enseignants et des établissements concernés. Sans les ZEP, à l’évidence, la fracture scolaire se serait creusée encore plus gravement.

Ce n’est donc pas en cassant les outils, même modestes, mis en place depuis vingt ans, ce n’est pas en décourageant les efforts, parfois vains, entrepris sur le terrain, ce n’est pas en s’enfermant dans une approche exclusivement individuelle de la réussite et de l’échec scolaires que l’on pourra commencer à résoudre le problème. L’inégalité devant l’école est, à la fois, le prélude et la conséquence des inégalités sociales et territoriales. L’enjeu, pour les présidentiables que sont Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, devrait être de proposer un projet éducatif digne d’un projet de société. Et d’en fixer les moyens. C’est sur ce terrain qu’on les attend et, à ce jour, ils en sont loin.

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02/12/05 - « Libération » analyse le Plan Villepin

Extrait de «  Libération » du 01.01.05 : Villepin vend l’égalité pour tous en 2006 et décide de suspendre les allocs aux « familles défaillantes »

Discriminations, remise à plat du système de ZEP, apprentissage, prime de Noël... C’était la sixième conférence de presse du Premier ministre.

Le lundi, Dominique de Villepin serre la visse sur l’immigration, le jeudi, il promeut l’égalité pour tous. Le Premier ministre a présenté dans la matinée une série de mesures en matière d’emploi et d’éducation, visant à « faire de l’égalité des chances une réalité pour tous ».

L’année 2006 « sera l’année de l’égalité des chances », décrétée grande cause nationale, a affirmé Dominique de Villepin, évoquant, lors de sa sixième conférence de presse mensuelle depuis sa nomination à Matignon, « l’épreuve grave » que vient de traverser la France avec l’embrasement des banlieues. Il a d’ailleurs annoncé que les vérifications à l’improviste, ou testing, qui permettent de contrôler que « les entreprises, boîtes de nuit, agences immobilières n’ont pas de pratiques discriminatoires », vont être légalisées. La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) pourra d’ailleurs prononcer des amendes allant jusqu’à 25.000 euros.

Le Premier ministre, qui arborait à son veston le ruban rouge de solidarité avec la lutte contre le sida, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la maladie, était entouré de plusieurs ministres de son « pôle social » - Jean-Louis Borloo (Emploi), Gilles de Robien (Education nationale), Azouz Begag (Egalité des chances), Catherine Vautrin (Cohésion sociale), Gérard Larcher (Emploi, insertion professionnelle des jeunes). Il s’est appuyé sur les chiffres du chômage en baisse depuis sept mois et sur le retour progressif de la croissance, pour estimer que la France bénéficiait aujourd’hui d’« une vraie opportunité ». Villepin a donc annoncé comme prévu la création d’une Agence de la cohésion sociale et de l’égalité des chances, « instrument de pilotage unique » qui regroupera l’ensemble des financements des politiques de la ville et de l’intégration.

Consacrant une large partie de son intervention à l’éducation-formation, le Premier ministre a déclaré que l’apprentissage à 14 ans sera mis en oeuvre « dès la rentrée 2006 », mais que les jeunes « pourront retrouver à tout moment le collège s’ils le désirent ». Selon lui, il ne s’agit pas de « remettre en cause l’obligation de scolarité jusqu’à 16 ans, qui est un droit », mais de « donner la possibilité à des jeunes qui ne s’épanouissent pas à l’école de s’engager dans des parcours différents ».

Pour lutter contre l’absentéisme scolaire, Villepin a proposé que les parents aient à signer un « contrat de responsabilité », sous peine « d’amende » ou de « suspension du versement des allocations familiales ». Il a annoncé une « concentration des moyens » sur les établissements scolaires situés en Zones d’éducation prioritaire (ZEP) les plus difficiles et une « remise à plat de la carte des ZEP ».

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02/12/05 - L’année 2006 sera-t-elle celle de l’égalité des chances ?

Extrait de la « Lettre d’information de la Ville » du 01.01.05 : 2006 : l’année de « l’égalité des chances »

Le Premier ministre a tenu ce jeudi sa sixième conférence de presse mensuelle à l’Hôtel de Matignon. « L’année 2006 sera l’année de l’égalité des chances comme grande cause nationale », a-t-il décrété avant de détailler ses propositions autour de « deux leviers » : l’emploi et l’éducation.

(...)

Concernant l’éducation : le Premier ministre propose pour, lutter contre l’absentéisme scolaire, que les parents aient à signer un contrat de « responsabilité parentale ». Autres pistes de travail : le renforcement de l’aide aux zones d’éducation prioritaire, passant par une remise à plat et un meilleur ciblage de la carte des ZEP, la réforme de la formation des enseignants des ZEP, la reconnaissance du mérite et de l’aide « aux élèves qui réussissent », le développement des internats d’excellence... Des propositions seront remises dans ce sens par Gilles de Robien, ministre de l’Education nationale, « dans les quinze prochains jours ».

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02/12/05 - Les ZEP enjeu d’un affrontement intragouvernemental

Extrait du « Monde » du 02.01.05 : Sarkozy et Villepin s’affrontent sur les ZEP

Un nouveau front s’est ouvert, mercredi 30 novembre, dans la rivalité Sarkozy - Villepin. A la veille de la conférence de presse du premier ministre, le numéro deux du gouvernement a souhaité, dans son discours de clôture consacré à la convention de l’UMP sur les "injustices", "déposer le bilan des ZEP (zones d’éducation prioritaires)", qui, selon lui, ont "échoué".

Alors que M. de Villepin, dans le quotidien 20 minutes, avait estimé "qu’il fallait faire plus et mieux en direction des ZEP", M. Sarkozy a fait valoir que c’était un objectif "en deçà de nos besoins". Il en a appelé aux mânes de la "loi Jospin de 1989 pour mettre effectivement les élèves au centre du dispositif". Interrogé à l’issue de son discours, M. Sarkozy a nuancé ses propos, précisant qu’il fallait "donner de véritables moyens aux ZEP, avec des professeurs mieux payés et moins d’élèves par classe", affirmant qu’il n’y avait "pas de différence" entre le premier ministre et lui.

La FCPE a jugé "dramatique pour l’école que les combats (pour la présidentielle) aboutissent à rendre illisibles les débats sur l’avenir de la jeunesse". Le SGEN-CFDT a estimé "effarants et scandaleux" les propos de M. Sarkozy. Le ministre de l’éducation, Gilles de Robien, a déclaré, lui, qu’il ne voyait "aucune raison de demander le dépôt de bilan des ZEP".

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02/12/05 - « Le Figaro » analyse le plan Villepin

Extrait du «  Figaro » du 02.01.05 : Absentéisme : Villepin veut autoriser la suspension des allocations

(Avec AFP) [01 décembre 2005]

Le gouvernement veut renforcer le rôle des parents d’enfants trop absents à l’école ou en grandes difficultés en leur faisant signer un « contrat de responsabilité parentale » qui pourrait conduire à une suspension des allocations familiales s’il n’est pas respecté.
« Je propose de mettre en place un contrat de responsabilité parentale » à l’adresse des parents dont les enfants sont absentéistes ou connaissent « des difficultés graves », a annoncé jeudi le Premier ministre Dominique de Villepin lors de sa conférence de presse mensuelle.
Selon une étude de l’Education nationale datant de février, la proportion moyenne d’élèves absentéistes non justifiés est de 5 % du total des collégiens et lycéens. En 2004, l’absentéisme atteignait 10,7 % des lycéens professionnels hors ZEP et 12,1 % en ZEP.

L’initiative de ce « contrat » reviendra, selon le Premier ministre, aux « chefs d’établissements scolaires, aux travailleurs sociaux départementaux et aux maires », sous la responsabilité des conseils généraux, car ces derniers ont en charge la protection de l’enfance.

Il sera « obligatoire » et son non respect pourrait entraîner plusieurs sanctions : « une peine d’amende prévue par la loi de 2004 sur l’absentéisme scolaire, une mise sous tutelle des allocations familiales ou une suspension du versement des allocations familiales, placées sur un compte bloqué en attente d’une régularisation de la situation », a ajouté M. de Villepin.

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Les propos du Premier ministre jeudi ont provoqué l’indignation des syndicats. La principale organisation d’enseignants, la FSU, a dénoncé « le retour de la menace de suspension, voire de suppression des allocations familiales ».

« Celles-ci ne sont pas des bourses au mérite. Elles constituent un droit », a affirmé à l’AFP le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.

Patrick Gonthier, secrétaire général de l’Unsa-Education, deuxième organisation d’enseignants, a dénoncé « flou, improvisation » et appelé à « privilégier le dialogue et l’accompagnement plutôt que les sanctions ».

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02/12/05 - Les 5 chantiers de Villepin présentés par « Le Figaro »

Extrait du «  Figaro » du 01.01.05 : Cinq chantiers pour « l’égalité des chances » à l’école

Le plan que présentera ce matin Dominique de Villepin vise à ce que chaque élève sache lire et écrire à la fin du CE1

Le Premier ministre entend passer d’une éducation « globale » à un accompagnement « personnalisé » pour les élèves et les territoires en difficulté, explique-t-on dans l’entourage de Dominique de Villepin. Cinq principales mesures sont envisagées dans le cadre de sa loi sur l’égalité des chances.

La lecture et la « barrière » du CE 1. Plus de 100 000 élèves ne savent pas lire à leur entrée en sixième. En ZEP, près de 30% seraient dans ce cas. Il faut donc miser « bien avant le collège », estime l’entourage du premier ministre, « dès le primaire et plus particulièrement en CE 1 ». Une « barrière », dont les modalités seront précisées ce matin, sera placée à la fin du CE 1 de façon « très rigoureuse » pour repérer le plus tôt possible les élèves en difficulté ne sachant ni lire ni écrire et y remédier

Redéploiement de l’aide aux ZEP. Les moyens dispensés à plus de 900 établissements en zone d’éducation prioritaire (ZEP) seront en partie concentrés sur les établissements les plus en difficultés. Les quelque 130 collèges jugés en « très grande difficulté » bénéficieront du budget le plus important.

La formation et la stabilité des enseignants. Les enseignants seront incités à rester plus longtemps en ZEP. Ils bénéficieront d’une contre-partie - bonus de points pour leur carrière ou incitation financière - qui est à l’étude. Des modules spécifiques sur l’enseignement en ZEP devraient leur être dispensés en instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM).

La responsabilité des parents. Les parents recevront des aides pour éduquer leurs enfants difficiles avec pour obligation de leur faire respecter la discipline et d’empêcher l’absentéisme. Les parents qui acceptent ce dispositif bénéficieront de cours de langues pour ceux qui en ont besoin, de suivis sociaux, d’aide aux devoirs pour leurs enfants. Si le comportement de ces derniers ne s’améliore pas, ces aides pourront leur être enlevées.

Revoir l’orientation. Un service public d’orientation sera mis en place pour faciliter le passage des différents paliers, du collège au lycée et du lycée à l’enseignement supérieur. « Les jeunes sont mal informés sur les filières. Il faut tout réorganiser », explique Matignon. L’accès des jeunes défavorisés aux grandes écoles sur le modèle de Sciences-po ou de l’Essec sera par ailleurs encouragé.

L’apprentissage junior. Les jeunes ne commenceront pas leur apprentissage à 14 ans mais à 15 ans, en restant sous statut scolaire. Annoncé le 7 novembre dernier, l’abaissement à 14 ans de la possibilité de devenir apprenti a suscité une levée de boucliers de la part des syndicats d’enseignants, qui y ont vu une remise en cause de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans. Selon Villepin, il « ne s’agit en aucun cas de sortir prématurément les enfants de l’école ».

B. J. et M.-E. P.

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02/12/05 - Coup de pouce aux ZEP

Extrait de «  Libération » du 01.01.05 : Après le bâton, Villepin sort les bonbons

Détail des mesures en faveur des quartiers sensibles annoncées aujourd’hui.

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Le volet éducation est fondé sur l’accompagnement personnalisé des jeunes en difficulté. Concernant la responsabilité des parents, le Premier ministre refuse de supprimer les allocations aux familles de délinquants comme le réclament beaucoup de députés UMP, mais devrait annoncer d’autres formes de sanction. Le deuxième point est relatif à la maîtrise de la lecture et de l’écriture avec la mise en place d’une évaluation en fin de CE1. Villepin reviendra aussi sur l’apprentissage à 14 ans, très décrié par les syndicats, en insistant sur son caractère non obligatoire. Il donnera un coup de pouce aux ZEP, en renforçant les moyens alloués aux professeurs et à certains collèges et lycées. A cette occasion, il reparlera de la création de 100 000 bourses au mérite à la rentrée 2006, contre 30 000 actuellement, et de l’ouverture de dix internats de réussite éducative.

Enfin, Villepin entend emboîter le pas des socialistes sur un point. Les députés PS ont déposé hier une proposition de loi visant à ce que les classes préparatoires soient ouvertes à 6 % des meilleurs élèves de tous les lycées de métropole et d’outre-mer, histoire de promouvoir la réussite scolaire indépendamment de la zone géographique des établissements. Manuel Valls, député (PS) de l’Essonne et rapporteur du texte ¬ débattu aujourd’hui dans le cadre de la « niche » du groupe PS ¬, a indiqué que cette mesure entend « ouvrir les voies de l’excellence à tous ceux qui en sont exclus malgré leurs bons résultats ». Villepin devrait suggérer des expérimentations en ce sens.

Vanessa Schneider

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02/12/05 - Le plan Villepin analysé par « La Croix »

Extrait de « La Croix » du 01.01.05 : L’égalité des chances, nouvelle priorité

Dominique de Villepin a déclaré jeudi 1er décembre que "notre pays sort d’une épreuve grave", dans l’allocution d’ouverture de sa conférence de presse mensuelle à Matignon. "L’urgence aujourd’hui, c’est de faire de l’égalité des chances une réalité pour tous, avec deux leviers : l’emploi et l’éducation", a-t-il ajouté, avant de dévoiler les mesures qu’il entend mettre en œuvre pour y parvenir.

Dominique de Villepin s’est efforcé jeudi 1er décembre d’apporter une réponse globale à la crise des banlieues, annonçant ou confirmant une série de mesures dans les domaines de l’éducation et de l’emploi et répliquant au passage aux vives attaques de Nicolas Sarkozy contre les ZEP.

"L’urgence aujourd’hui, c’est de faire de l’égalité des chances une réalité pour tous, avec deux leviers : l’emploi et l’éducation", a déclaré le Premier ministre en soulignant que "notre pays sort d’une épreuve grave".

Décrétant l’égalité des chances grande cause nationale pour 2006, il a consacré, six mois après son arrivée à Matignon, la majeure partie de sa conférence de presse mensuelle à l’éducation-formation, avec comme ligne directrice "l’accompagnement personnalisé".

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M. de Villepin a également annoncé "une concentration des moyens" sur les établissements scolaires situés en zones d’éducation prioritaire (ZEP) les plus difficiles et "une remise à plat" de la carte des ZEP. Tout en reconnaissant un "résultat contrasté" pour ces ZEP, il n’a pas manqué de mettre en avant "des réussites et des efforts incontestables", en réponse au réquisitoire de son ministre de l’Intérieur, qui a demandé mercredi de "déposer le bilan des ZEP".

Sans s’attaquer frontalement à son rival UMP, il ne s’est pas privé de souligner qu’il "tourne plusieurs fois sa langue dans sa bouche" avant de parler et prend toujours soin de tenir "des propos pour faire avancer notre pays". Une façon d’inviter M. Sarkozy à faire de même.

(...)

L’ensemble des mesures nécessitant un support législatif, comme la réforme de l’apprentissage, feront l’objet d’un projet de loi unique, dit d’égalité des chances, présenté en Conseil des ministres début 2006 pour une adoption par le Parlement au cours du premier trimestre 2006, selon Matignon.

Agence France Presse

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02/12/05 - Les 5 propositions de Villepin présentées par « La Croix »

Extrait de « La Croix » du 01.01.05 : Cinq propositions pour relancer les ZEP

Le ministre de l’éducation doit présenter une nouvelle politique en faveur des ZEP le 15 décembre
La crise des banlieues a replacé en pleine actualité le débat sur l’éducation prioritaire. Alors que Nicolas Sarkozy veut « déposer le bilan » des zones d’éducation prioritaire qui, à ses yeux, ont « échoué », le gouvernement tire, au contraire, un « bilan contrasté » de cette politique qui compte des réussites et des échecs.

À l’Assemblée nationale, les députés ont rejeté jeudi 1er décembre la proposition de loi socialiste qui visait à rendre les classes préparatoires accessibles, par un système de quotas, aux meilleurs élèves de chaque lycée quel que soit leur lieu de résidence.

Enfin, le directeur de Sciences-Po, Richard Descoings, a proposé, jeudi dans Le Parisien, que soit ouvert, à la rentrée prochaine, un lycée expérimental en banlieue dont son établissement serait partenaire et qui servirait à développer un modèle « exportable » de réussite. De leurs côtés, cinq professionnels et spécialistes des ZEP proposent à La Croix leurs solutions pour relancer la politique d’éducation prioritaire.

« Concentrer les moyens sur les établissements les plus difficiles »

Georges Felouzis, sociologue à l’université de Bordeaux II, coauteur de L’Apartheid scolaire

« Il nous semble indispensable de mener une vraie politique de lutte contre la ségrégation. Plusieurs leviers sont possibles. Le premier consisterait à donner plus de souplesse au remaniement d’une carte scolaire de manière à l’adapter aux réalités urbaines. Aujourd’hui, la sectorisation est complètement figée et il est impossible de la faire évoluer en fonction des transformations démographiques des villes et des quartiers.

Le deuxième levier consiste à agir sur les conséquences de la ségrégation plus que sur sa source. Il faut mener une politique plus volontariste en faveur des établissements les plus affectés. Aujourd’hui, un enseignant sur cinq travaille en ZEP. Il faut avoir le courage politique de resserrer la carte des ZEP, de concentrer les aides sur les établissements les plus en difficulté. L’objectif serait ainsi, à défaut de réaliser une vraie mixité sociale, de rétablir une offre de formation la plus égale possible. »

« Encourager les enseignants autrement qu’avec des primes »

Nicolas RENARD, principal d’un collège classé ZEP à Asnières (Hauts-de-Seine), et directeur de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP)

« La réussite de l’éducation en zone d’éducation prioritaire repose essentiellement sur l’engagement de l’équipe éducative. On entend dire qu’il faudrait envoyer en ZEP les enseignants les plus expérimentés plutôt que leurs collègues débutants. Je crois qu’on se trompe. L’ancienneté compte moins que la motivation.

Les ZEP ont besoin de professeurs volontaires prêts à se mobiliser, à travailler ensemble et capables de se remettre en cause. Il s’agit donc d’abord de mieux les former. À l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres), il faut leur donner l’occasion de faire l’expérience des ZEP. Une fois qu’on a attiré les enseignants, il s’agit d’encourager leur engagement. Au début des années 1990, l’affectation d’une prime à tous les enseignants de ZEP a totalement figé le système.

Plus que par l’argent, l’encouragement peut se faire : par un allégement des heures de cours pour favoriser le travail en équipe ; par l’octroi de moyens en termes de tutorat des nouveaux par des collègues expérimentés, par le développement des conseillers pédagogiques. Il faut changer les conditions d’exercice de la mission sans toucher à la mission elle-même qui doit rester centrée sur l’enseignement. Les professeurs ne sont ni des éducateurs ni des personnels sociaux. »

Dominique Chauvet, institutrice en ZEP à Chalon-sur-Saône, déléguée syndicale Snuipp (FSU)

« Mon école se situe dans une cité et accueille une population très fragilisée par les difficultés sociales, économiques. Dans mon CM1, j’ai 18 enfants, ce qui est conforme à la règle de moins de 20 élèves dans les classes de ZEP. Mais dans d’autres écoles classées en ZEP, nous connaissons des classes qui accueillent plus de 25 élèves. Il faudrait donc commencer par faire vraiment respecter les seuils d’effectifs.

Par ailleurs, chacun sait que l’on repère dès le primaire des situations de décrochage scolaire. Dans ma classe, je compte cinq élèves en grande difficulté et le système actuel ne permet pas un suivi assez individualisé. Travailler en ZEP est passionnant. Par rapport à d’autres écoles que j’ai connues, je constate des collègues plus motivés.

Malheureusement, je pense que cette énergie est mal capitalisée par l’institution. On n’a aucun contact avec d’autres équipes d’autres écoles de ZEP. Les bonnes pratiques ne sont pas mutualisées. Je pense qu’il faut plus de personnels enseignants dans les écoles de ZEP de manière à dégager du temps pour permettre la concertation pour valoriser les efforts accomplis. »
Carole Diamant, professeur de philosophie en lycée classéen ZEP à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)

« Notre lycée a passé, il y a cinq ans, une convention avec Sciences-Po pour permettre à nos meilleurs élèves d’intégrer cette école. Contrairement à ce qui est dit, il ne s’agit pas d’un recrutement « dérogatoire ». Simplement, l’examen d’entrée a été adapté pour valoriser des talents différents de ceux des élèves qui viennent de la voie de recrutement classique.

Par ailleurs nous avons aussi depuis six ans intégré dans le lycée des classes préparatoires hypokhâgne et khâgne. Enfin, nous connaissons un système de tutorat avec des étudiants de grandes écoles qui viennent le samedi matin. Tous ces dispositifs ont créé chez nous une vraie dynamique de réussite. On obtient un effet démultiplicateur que l’on observe par exemple sur nos résultats au baccalauréat en hausse.

Pour relancer l’éducation prioritaire, il faut multiplier les pôles et les voies d’excellence en banlieue. Je suis, en revanche, contre la discrimination positive. Le système des quotas est pervers car il pousse à la paresse : si on dit que les trois meilleurs élèves entreront à Sciences-Po, ils se contenteront d’être les meilleurs du lycée mais ils ne donneront pas le meilleur d’eux-mêmes, ce qui n’est pas pareil. Chez nous, selon les années, ils peuvent être zéro ou cinq à intégrer Sciences-Po. Mais chaque année, quel que soit le résultat final, ils sont poussés à aller le plus loin possible. »

« Du soutien scolaire tous les soirs, le mercredi et le samedi »

Éric Favey, directeur de la Ligue de l’enseignement

« Il faut mieux inscrire l’établissement scolaire dans son territoire. Je propose que l’on généralise pour tous les établissements scolaires en ZEP de vrais jumelages avec des institutions culturelles comme un théâtre, un musée, un centre scientifique, un média... Cela permettrait aux élèves de découvrir les contraintes de la création et de la vie professionnelle et cela modifierait le regard que ces institutions portent sur ces populations.

Je propose aussi d’ouvrir les lieux scolaires sur leur quartier. Au fur et à mesure qu’on rénove les établissements, il faudrait rendre les centres de documentation et d’information (CDI) accessibles en dehors du temps scolaire. Les CDI doivent être ouverts tous les soirs jusqu’à 19 heures, les mercredis et samedis après-midi pour permettre le travail personnel des élèves.

Le soutien scolaire ne doit pas être renvoyé au milieu familial ni au secteur marchand mais assumé par l’école avec d’autres partenaires. Cela passerait aussi par une vraie reconnaissance des associations qui travaillent sur l’accompagnement scolaire. Des étudiants qui se destinent à l’enseignement pourraient y faire là leurs premiers pas. »

Bernard Gorce

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