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Devoirs faits : la question de la compétence des intervenants (réactions syndicales et revue de presse)

7 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 08.11.17 (Extrait de la revue de presse des Cahiers pédagogiques du 07.11.17
Le Parisien relaie aussi un certain scepticisme sur la mise en oeuvre de la FCPE : « Pour Hervé-Jean Le Niger, vice-président de la FCPE, l’aide gratuite aux devoirs pour les collégiens - qui entre en application ce lundi - dépend surtout du niveau des encadrants qui seront recrutés. »
Le Figaro aborde aussi la mise en oeuvre du dispositif et aborde la généralisation de celui-ci en primaire, dès 2019 : « Entre un quart et la moitié des établissements proposent déjà un dispositif de ce type, surtout sous forme d’études surveillées. « Devoirs faits », généralisé à partir de ce lundi, concernera le primaire à partir de 2019. » Et si la mise en oeuvre précipitée est hautement critiquable, sans parler des inégalités entre établissements qui n’ont pas tous les moyens de mettre en place une organisation acceptable, la concurrence des officines privées montre qu’il est tout de même urgent de proposer un service public pour l’aide aux devoirs (avant de repenser, sans doute, ce que devrait être le travail personnel des élèves).
Les Echos illustrent cette nécessité en publiant un article sur ces fameuses officines : « Evalué à 1,5 milliard d’euros, le marché, qui surfe sur les angoisses parentales, voit apparaître de nouveaux acteurs du numérique toujours plus offensifs. »

 

Devoirs faits : un dispositif surfait

[...] Décrypté à l’usage des parents, il apparait en réalité que les élèves seront accompagnés par des jeunes très peu ou pas du tout qualifiés, les jeunes du service civique. Même au niveau de la coordination dans l’établissement, une tache purement administrative, on ne trouve que moitié d’enseignants. Les personnels de direction sont contraints souvent de s’en occuper eux-mêmes… On ne saurait dire plus clairement que les enseignants ne croient aps dans l’efficacité du dispositif. Ils ont quelques raisons pour cela. Notons également que dans deux cas sur trois cet accompagnement trouve place dans des " trous " de l’emploi du temps : sur le moment du repas ou dans des suppléances. Tout cela montre le peu d’intérêt porté à un dispositif imposé par en haut dans les établissements qui, dans certains cas, remplace une structure fonctionnelle.

Le problème de l’extension au primaire
Dans son entretien donné à 20 Minutes, JM Blanquer annonce l’extension au primaire du dispositif Devoirs faits en 2018. Or dans beaucoup d’écoles il y a déjà des études encadrées par des enseignants avec l’appui financier des communes. Remplacer ces enseignants par des jeunes du service civique serait une vraie dégradation du service offert aux élèves.

En conclusion
Ce que montrent les études internationales, c’est la difficulté d’un encadrement efficace des élèves et de leurs devoirs. En réalité cet encadrement devrait être fait dans la classe et sur les heures de classe. A défaut, pour pouvoir aider les élèves en difficulté et réduire les inégalités, l’aide aux devoirs devrait être effectuée par des enseignants ou par des personnels formés travaillant en lien avec les enseignants. Il faudrait inclure dans le dispositif ce temps régulier d’échange entre enseignants et "aidants". Il faudrait aussi que les premiers et les seconds soient au clair sur les objectifs donnés aux devoirs et préparent en classe le travail à réaliser. Prétendre réduire les inégalités sociales de réussite scolaire par l’aide aux devoirs est un leurre , une utopie quand cette aide utilise du personnel non formé et étanche à la classe. Mais justement le ministre lui-même ne promet pas cette réduction des inégalités.
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 07.11.17 : Devoirs faits : un dispositif surfait

 

Devoirs au collège : une question pas si simple
[...] De fait, outre les aspects purement financiers en suspens dans certaines académies, se pose la question de l’encadrement de ces fameuses études. La surveillance est censée être assurée notamment par des professeurs payés en heures supplémentaires. Mais, comme l’indique Frédérique Rolet, la secrétaire générale du Snes, le premier syndicat enseignant du secondaire, «  peu de collègues se sont portés volontaires  ». Même chose, assure-t-elle, pour les assistants d’éducation, «  qui ont bien d’autres tâches à effectuer  ».

La surveillance peut aussi être confiée à des volontaires du service civique. Mais, rappelle Frédérique Rolet, «  ces jeunes recrutés sans condition de diplôme – certains n’ont même pas le bac – n’ont pas reçu de formation spécifique  ». Quant aux associations, qui peuvent aussi être sollicitées, beaucoup «  réclament des financements  » qui n’existent pas, constate Lysiane Gervais, secrétaire nationale au SNPDEN.

Extrait de la-croix.com du 06.11.17 : Devoirs au collège : une question pas si simple

 

Dispositif "Devoirs faits" : "Il faut s’assurer que tous les intervenants auront les compétences nécessaires"
Michel Richard, secrétaire général adjoint du syndicat des chefs d’établissements, était l’invité de franceinfo samedi, à deux jours du lancement du dispositif "devoirs faits". Il craint que la "situation diffère d’une zone à l’autre".

[...] Outre les enseignants, les retraités et les assistants d’éducation, des volontaires en service civique pourront être appelés pour combler les éventuels manques. Cela ne risque-t-il pas d’induire une inégalité entre les élèves qui bénéficieront de l’aide d’un professeur et ceux qui seront suivis par un volontaire en service civique ?

Il faut s’assurer que tous les intervenants auront les compétences nécessaires pour accompagner des élèves de collège. Une fois qu’on se sera assurés que les accompagnants ont le niveau de formation initiale nécessaire suffisant, les choses se mettront en place sans difficulté.

Extrait de francetvinfo.fr du 04.11.17 : Dispositif "Devoirs faits" : "Il faut s’assurer que tous les intervenants auront les compétences nécessaires"

 

Avec le dispositif "devoirs faits", J.-M. Blanquer confirme qu’il est d’abord un grand communicant. Un gadget de plus à défaut d’une réflexion sur la pédagogie.

[...] Le risque d’échec de la démarche est d’autant plus prévisible que les intervenants retenus ne sont pas a priori les plus légitimes pour la mettre en œuvre : CPE, assistants d’éducation, associations agréées, volontaires du service civique – indépendamment de l’engagement individuel de chacun d’entre eux – n’ont pas à proprement parler pour fonction d’intervenir dans un domaine, d’une réelle complexité, celui de l’assimilation d’un cours, de la remédiation scolaire.
Surtout si, comme c’est le cas le plus courant, le contact avec les enseignants reste superficiel. De leur côté, les enseignants pourront certes intervenir dans le système mais pas forcément dans leur discipline ni avec leurs élèves, et avec une rémunération en heures supplémentaires à la clé : on voit d’ici les dérives…
B. Girard

Extrait de blogs.mediapart.fr du 06.11.17 : Blanquer et ses gadgets...

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