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"Devoirs faits : beaucoup reste à faire", une note d’étape de l’Inspection générale (Unsa Education)

18 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Devoirs faits : beaucoup reste à faire

Selon la note d’étape de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IgéSR), après trois ans, la mesure « Devoirs faits » mérite d’être améliorée en termes qualitatifs et de relation aux familles. La question d’indicateurs et d’outils de suivi est également posée à cette rentrée qui entend être l’entame d’une seconde étape.

Dans l’ensemble, la mesure « Devoirs faits » recueille une opinion très favorable. Mais de nombreuses « marges de progrès » demeurent. Et la rentrée est l’occasion de lancer un chantier visant à réduire les inégalités et l’efficience d’une mesure qui ne demande qu’à être optimisée. Telle est en substance la conclusion de la dernière note d’étape (février 2020) de la Mission de suivi et d’observation de la mise en œuvre des réformes en cours au sein de l’IgéSR qui propose de travailler principalement sur deux axes : le qualitatif et le lien avec les familles.

Une étude sur six académies

L’enquête s’est appuyée sur des observations de terrain dans trois académies de métropole, Amiens, Grenoble et Rennes, et trois académies d’outre-mer : Guyane, Martinique et Mayotte. A cela s’ajoute un focus d’étude sur la mesure en troisième prépa-métiers. La note de l’inspection générale s’attarde dans un premier temps aux aspects quantitatifs de la mesure pour rendre compte d’une situation globalement stable sur trois ans. Un peu moins de 30 % des élèves bénéficient de la mesure - qui s’adresse aux volontaires - pour un nombre moyen d’heures hebdomadaires de deux heures. Ces moyennes sont supérieures dans le réseau REP + avec un pic de 44,3 % d’élèves bénéficiaires à l’automne 2019.

Ce sont les élèves de 6e qui bénéficient à plus de 40 % de la mesure contre 29 % des 5e, 23,5 % des 4e et 24,6 % des 3e. À l’automne 2018, le pourcentage des heures assurées par des enseignants était de 53,1 %, de 23,7 % pour les assistants d’éducation (AED) et de 11,2 % pour les volontaires en service civique, statistique qui a peu évolué ensuite. Par ailleurs, « 83,1 % des établissements estiment avoir répondu à la totalité des demandes d’accompagnement des élèves », indique la note.

Ressenti positif, avec des « mais »

Reste, derrière les chiffres, le ressenti de tous les acteurs. Du côté des élèves, ceux-ci « apprécient le climat des séances et l’aide apportée en particulier sur les consignes » et « considèrent mieux travailler qu’à la maison, plus efficacement ». Mais la mission de l’inspection générale s’interroge aussi sur la cible des bénéficiaires touchée par la mesure : « La mobilisation des élèves recouvre-t-elle vraiment l’ensemble de l’effectif de ceux qui en auraient le plus besoin ? Au-delà d’une inscription réellement souhaitée par la famille ou suggérée par le professeur principal ou l’équipe enseignante, il apparait toujours difficile de nouer le contact avec les familles éloignées de l’École et dont les enfants auraient sans doute le plus besoin des apports de la mesure ». D’où l’évocation par les parents d’élèves, qui sont plutôt satisfaits de la mesure et la soutiennent, que « l’offre soit quantitativement augmentée », et obligatoire. Car « si les devoirs sont indispensables pour consolider les apprentissages alors il faut aider tous les élèves ».

Toutefois, sur les contours donnés à « Devoirs faits », une demande de définition plus claire est demandée. S’agit-il d’une classe après la classe, d’une simple étude surveillée, d’un temps d’encadrement supplémentaire ? « Les fédérations de parents souhaiteraient être davantage consultées sur ce thème par les autorités académiques », précise la note. Celle-ci souligne que « Devoirs faits » est en effet une opportunité de tisser plus étroitement des relations avec les familles, opportunité qui n’est pas optimisée à l‘heure actuelle, préconisant de présenter le dispositif en conseil d’administration d’établissement et de réaliser auprès des parents un retour d’information régulier quant à l’assiduité des élèves, au contenu des séances et aux progrès éventuels.

Place centrale des enseignants

Concernant l’encadrement, « la place des enseignants est centrale » pour la consolidation de la mesure, estime la mission de l’inspection générale, qui souligne que « la participation des professeurs apparaît en progrès constant depuis 2017 », de manière inversement proportionnelle à celle des AED et volontaires en service civique. Et d’affirmer que « c’est à l’échelle des établissements que l’analyse de la place et du rôle des enseignants est la plus pertinente ». A ce compte, les situations sont extrêmement diverses d’une académie à l’autre du fait d’établissements disposant d’un vivier limité d’enseignants volontaires. Sur la perception de la mesure par ces mêmes enseignants, ceux-ci jugent positivement le principe du dispositif avec quelques réserves sur la dimension transversale à laquelle ils ne sont ni formés ni préparés. Pour autant, l’inspection générale considère que la participation des professeurs à « Devoirs faits » est une condition nécessaire – mais pas suffisante - pour que la mesure produise ses effets sur la réussite scolaire des élèves à hauteur de l’investissement consenti.

Enfin est abordée la question des moyens engagés et celle d’inscrire durablement « Devoirs faits » dans l’emploi du temps des élèves afin de les rendre pleinement efficients, car la mesure est souvent venue en remplacement de projets pédagogiques abandonnés pour raison budgétaire ou en qualité d’option disposée en « bouche-trou » dans les plannings de classe et ceux des personnels disponibles. Pour mener à bien une amélioration généralisée du dispositif, la mission préconise d’en renforcer le pilotage académique en instaurant par exemple un binôme d’IA-IPR, l’un d’établissement et vie scolaire, l’autre de spécialité, qui pourrait aider à structurer la dimension qualitative de « Devoirs faits » qualifiée de « maillon faible » par l’inspection générale.

L’UNSA Education ne peut que se féliciter de constater une perception positive partagée par tous les acteurs vis-à-vis de « Devoirs faits », remarquant que nombre de ses réserves émises à l’époque de sa création ont été confirmées par l’expérience de terrain : insuffisance des moyens alloués, inégalité des élèves face aux devoirs, traitement salarial inégal des enseignants et des équipes de vie scolaire volontaires pour participer, contours et modalités pédagogiques flous. Certaines préconisations semblent aller dans le bon sens, notamment celles du renforcement des liens avec les familles et de la volonté d’une amélioration qualitative. Mais notre organisation regrette que « Devoirs faits » achoppe encore et toujours sur la question de moyens budgétaires dédiés dans tous les établissements – et pas seulement en REP + - afin de permettre sa généralisation aux élèves qui en ont le plus besoin. Nous souhaiterions aussi que la vie scolaire soit pleinement associée en bénéficiant d’une véritable reconnaissance aux côtés des enseignants avec un volet formation pour les AED et une prime pour les CPE qui, rappelons-le, font partie de l’équipe éducative.

Extrait de unsa-education.com du 16.11.20

 

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