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La prime REP+ à la rentrée 2018 : un communiqué de J.-M. Blanquer, repris par Matignon, confirme la possibilité d’un adossement partiel "aux progrès des élèves et à l’accomplissement du projet d’école et d’établissement". Commentaires et réactions syndicales et politiques

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Additif du 03.07.18

Prime REP+ : 1 000 € nets supplémentaires dès la rentrée 2018

1 000 € nets supplémentaires dès la rentrée 2018, la prime REP+ pourra atteindre 3 000 € nets d’ici 3 ans. Elle concernera 41 000 professeurs, plus de 900 personnels d’encadrement et 3 800 personnels administratifs, techniques ou médicaux.
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La valorisation des équipes éducatives intervenant en réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP+) est un engagement de campagne d’E. Macron. L’objectif est de renforcer l’attractivité des écoles et établissements de REP + pour les personnels.

Pour l’année scolaire 2018-2019, les personnels des établissements en REP+ percevront déjà 1 000 euros nets supplémentaires. La revalorisation se poursuivra en 2019 et 2020, pour atteindre jusqu’à 3 000 euros.
Le but est de reconnaître l’investissement des personnels dans ces établissements et accroître l’attractivité des postes concernés. C’est aussi de permettre de valoriser l’investissement collectif des équipes au service de la réussite de tous les élèves.
Dans le cadre des discussions au cours des prochains mois avec les organisations syndicales, la possibilité d’un adossement d’une partie de cette indemnité aux progrès des élèves et à l’accomplissement du projet d’école et d’établissement sera examinée.
Cette revalorisation s’inscrit dans le contexte de la politique engagée par le Gouvernement au service de la réussite de tous les élèves : dédoublement des CP et CE1 en REP+ et en REP, renforcement pédagogique, extension de la formation continue et développement professionnel des personnels.

Extrait de gouvernement.fr du 03.07.18 : Prime REP+ : 1 000 € nets supplémentaires dès la rentrée 2018

 

Prime REP+ : mise en place dès la rentrée 2018
Communiqué de presse - Jean-Michel Blanquer - 02/07/2018

La valorisation des équipes éducatives intervenant en réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP+) est un engagement de campagne du Président de la République, priorité de l’action du Gouvernement et du ministre de l’Éducation nationale.

L’objectif est de stimuler l’attractivité des écoles et établissements et de contribuer ainsi à leur réussite. Cela se traduit par une vision et une stratégie d’ensemble pour l’éducation prioritaire au service de laquelle s’inscrit le projet d’une revalorisation indemnitaire progressive de 3 000 euros par an pour les personnels qui sont affectés dans ces établissements.

Le ministre de l’Éducation nationale, conformément à ses engagements, a décidé que cette revalorisation débutera dès la rentrée 2018. Ainsi, pour l’année scolaire 2018-2019, les personnels des établissements en REP+ percevront déjà 1 000 euros nets supplémentaires. Ce sont ainsi pas moins de 41 000 professeurs, plus de 900 personnels d’encadrement et 3 800 personnels administratifs, techniques ou médicaux, qui bénéficieront de cette revalorisation.

Celle-ci se poursuivra en 2019 et 2020. Elle doit non seulement reconnaître l’investissement des personnels dans ces établissements et accroître l’attractivité des postes concernés, mais elle doit également permettre de valoriser l’investissement collectif des équipes au service de la réussite de tous les élèves.

Dans le cadre des discussions qui se dérouleront au cours des prochains mois avec les organisations syndicales, la possibilité d’un adossement d’une partie de cette indemnité aux progrès des élèves et à l’accomplissement du projet d’école et d’établissement qui y contribue sera examinée.

Cette augmentation de 3 000 euros nets de la rémunération des personnels affectés en REP+ s’inscrit dans le contexte de la politique engagée par le ministère au service de la réussite de tous les élèves, dès l’école primaire : dédoublement des CP et CE1 en REP+ et en REP, renforcement pédagogique, extension de la formation continue et développement professionnel des personnels.

Extrait de education.gouv.fr du 02.07.18 : Prime REP+ : mise en place dès la rentrée 2018

 

Paye au mérite : Blanquer confirme pour les Rep+
Dans un communiqué publié le 2 juillet, le ministère de l’éducation nationale annonce le versement d’une prime de 1000 € aux personnels des Rep+ à la rentrée 2018. Mais il confirme aussi que le reste de la somme promise par le président de la République en 2017 pourrait être versée aux seuls enseignants méritants. Il n’aura fallu que 15 jours, et aucune consultation, au ministre de l’éducation nationale pour appliquer la décision annoncée par le gouvernement le 12 juin.

[...] Une prime pour retenir les enseignants...

A l’origine, la mesure proposée par le candidat Macron visait bien "la valorisation des équipes éducatives en réseaux d’éducation prioritaire". Le bilan social du ministère, publié il y a quelques jours, nous a encore rappelé que les personnels de l’éducation prioritaire (rep et rep+ mélangés) a des traits particuliers. On y trouve davantage de contractuels et surtout de jeunes enseignants. La proportion d’enseignants débutants est donc plus forte qu’ailleurs et le turn over particulièrement important.

La prime promise par E Macron vise à retenir les enseignants et aussi à attirer des enseignants plus expérimentés vers l’éducation prioritaire. C’était déjà le souci des ministres précédents qui ont revalorisé la prime existante mais aussi attribué du temps de formation et des pondérations horaires pour le travail en équipe. Travailler en éducation prioritaire donne aussi des avantages pour la promotion.

Le communiqué ministériel situe bien cette mesure dans cet esprit là : il s’agit de la réussite de tous les élèves.

Ou à mettre fin au statut des fonctionnaires ?
S’il s’agit d’attirer et retenir des enseignants en Rep+, dans ce cas la prime doit aller à tous et ne doit pas varier selon le "mérite".

Mais à ce premier tempo est venu s’ajouter un second temps politique, marqué par les décisions prises au conseil des ministres du 12 juin. Là le gouvernement a acté "la refonte de la rémunération des agents publics, avec une remise à plat complète des modalités de rémunération des agents publics et la généralisation de la rémunération au mérite au niveau collectif et individuel".

En réunion de travail avec les syndicats, le 28 juin, le gouvernement a précisé la méthode. Il veut "modifier la structure des rémunérations en donnant plus de poids aux indemnités et moins au traitement indiciaire, reconnaitre plus le « mérite » comme levier de gestion des ressources humaines". Le salaire fixe serait plus faible et le supérieur hiérarchique du fonctionnaire, le chef d’établissement par exemple, déciderait du montant de la prime versée à chaque fonctionnaire.

L’idée de la paye au mérite, en l’air depuis plusieurs mois, est devenue une décision officielle. JM Blanquer est la premier à en proposer une application concrète. Et ça tombe pile au moment où il doit être entendu par le Premier ministre pour une évaluation de son action. Une nouvelle fois, JM Blanquer sera le meilleur élève...

Est ce efficace ?
Mais peut être que le salaire au mérite permet de récompenser les meilleurs et donc d’agir dans l’intérêt des élèves ? Ce n’est pas ce que nous dit la recherche.

Là où elle a été testée elle n’a pas fait ses preuves. " Il n’est pas aisé de mettre à jour l’ensemble des facteurs à l’origine de cet « effet-enseignant », celui-ci relève d’une alchimie complexe entre les compétences de l’enseignant, les caractéristiques du public d’élèves et les démarches et méthodes pédagogiques mises en œuvre", nous a dit en 2013 Bruno Suchaut, actuel membre du Conseil scientifique de l’éducation. "Dans une logique d’évaluation par les résultats, le principe d’une évaluation au mérite peut certes paraître attractif pour les décideurs mais il soulève plusieurs interrogations et ne semble pas atteindre les objectifs escomptés quand on analyse les effets de cette mesure dans le cadre de certaines expériences étrangères, aux Etats-Unis notamment. Même dans le cas d’un bonus substantiel accordé aux enseignants qui affichaient initialement la valeur ajoutée la plus élevée (en tenant donc compte du niveau initial des élèves), les enseignants les plus « méritants » n’ont pas fait davantage progresser les élèves".

Aux Etats Unis les tentatives de baser la rémunération sur les résultats des évaluations ont échoué. En Suède, la liberté la plus grande laissée aux chefs d’établissement a mené à un échec retentissant. L’objectif poursuivi n’est donc pas l’efficacité. Mais simplement d’appliquer à l’éducation en premier lieu un nouveau mode de management des fonctionnaires. Une gestion dont l’objectif , avec la fin imminente du paritarisme, vise à en finir avec les fonctionnaires et leur statut.

Du coté syndical
Le Se Unsa a immédiatement réagi au communiqué du ministère , précisant qu’"il ne cautionne nullement que cela soit différencié d’un personnel à l’autre selon l’équipe dans laquelle il exerce." Il ajoute : " La proposition initiale du candidat Macron n’était pas alambiquée. Pourquoi la tordre pour en faire une usine à gaz déconnectée des dynamiques réelles des écoles et établissements ?" Parce qu’une année de gouvernement est passée sur la réforme...
F Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 03.07.08 : Paye au mérite : Blanquer confirme pour les Rep+

 

Nouveau cap
[...] S’il ne revalorise pas les salaires, JM Blanquer fait miroiter la promesse de la prime de 3000€ en Rep+. Un joli geste mais qui dont le prix est énorme : il s’agit d’acter le principe de la paye au mérite. C’et à dire une rémunération nette dépendant largement de primes qui sont attribuées ou refusées au cas par cas par la hiérarchie. Avec la disparition des commissions paritaires c’est une autre colonne du statut des enseignants qui s’effondrerait.

Extrait de cafepedagogique.net du 03.06.17 : Nouveau cap

 

Éducation : la prime de 3 000 euros promise aux enseignants de REP+ sera finalement progressive

[...] C’est le grand flou"
Plusieurs syndicats s’interrogent. Comment seraient évalués les enseignants ? Á la réussite des élèves, aux compétences des enseignants ou encore à leur ancienneté dans l’école ? Pour Stéphane Crochet, du SE-Unsa, "la promesse du candidat Macron était très claire, c’était 3 000 euros pour les enseignants en éducation prioritaire. Là, on est dans le plus grand flou". La rémunération au mérite, le débat est tout juste ouvert par le ministère de l’Éducation. Les négociations avec les syndicats d’enseignants sur les modalités de cette prime devraient aboutir à l’automne.

Une montée en charge progressive mais encore imprécise de la prime aux enseignants de REP+ - un reportage de Solenne Le Hen

Extrait de francetvinfo.fr du 03.07.18 : Éducation : la prime de 3 000 euros promise aux enseignants de REP+ sera finalement progressive

 

[...]

Blanquer annonce une prime au mérite pour les enseignants dans les quartiers difficiles
[...] Quelle évaluation ?
Reste la question de l’évaluation, que le ministère lui-même juge "sensible". "L’idée n’est pas de recréer des baronnies locales ou de soumettre les profs à l’arbitraire de petits chefs", dit un proche du ministre. Lors de sa campagne, Emmanuel Macron avait proposé la création d’une "agence du diagnostic et de l’accompagnement", afin d’évaluer tous les trois ans les performances des collèges et lycées. Cette agence pourrait trouver une nouvelle utilité s’il fallait évaluer et gratifier les profs d’une manière relativement neutre et indépendante.

La prime s’enclenchera au cours de l’année scolaire, en fonction de l’avancée de l’"agenda social 2018-2019", une série de concertations sur les enjeux de la gestion des personnels du ministère lancée en mai dernier avec les syndicats. Mais en tout état de cause elle s’appliquera de manière rétroactive à partir du 1er septembre 2018.

Extrait de nouvelobs.com du 02.07.18 Blanquer annonce une prime au mérite pour les enseignants dans les quartiers difficiles

 

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Un reniement qui pénalise les enseignants qui travaillent dans les quartiers les plus difficiles. Et une dévalorisation blessante de la profession .

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