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La motivation et le sentiment d’efficacité des élèves baissent de façon socialement différenciée au cours du collège (Depp)

13 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

La motivation et le sentiment d’efficacité des élèves baissent de façon socialement différenciée au cours du collège
Élèves et apprentis - Note d’information - N°19.02 - mars 2019

 Le panel d’élèves du second degré suivi par la DEPP en 2007 offre l’opportunité de mettre en perspective des dimensions non cognitives avec des informations d’ordre social ou contextuel et de suivre leur évolution. Les analyses mettent en évidence une dégradation de la motivation et du sentiment d’effi cacité scolaire des élèves au cours du collège.
Ces résultats sont, pour partie, socialement déterminés. Ainsi, si la motivation envers les activités scolaires est peu différenciée socialement en sixième, elle baisse ensuite davantage parmi les élèves les plus défavorisés.
Le sentiment d’efficacité scolaire des collégiens, différencié socialement en sixième, baisse lui aussi nettement par la suite.
Néanmoins, cette tendance est relativement comparable quelles que soient les caractéristiques individuelles des élèves.

Extrait de education.gouv.fr de mars 2019 : La motivation et le sentiment d’efficacité des élèves baissent de façon socialement différenciée au cours du collège

 

Le collège redistribue les compétences socio comportementales
Si l’Ecole française est particulièrement marquée par le lien entre inégalités sociales et scolaires, une nouvelle étude de la Depp montre que la motivation des élèves et leur sentiment d’efficacité scolaire évoluent de façon différente selon la catégorie sociale à laquelle ils appartiennent. Le collège semble profiter scolairement aux plus favorisés qui s’y démotivent moins et socialement aux défavorisés qui rattrapent leur retard dans les compétences socio comportementales.

Evaluer les compétences socio comportemtales

C’est une étude tout à fait nouvelle que publie la Depp. Basée sur un panel de 35 000 collégiens elle mesure l’évolution de leurs compétences socio comportementales tout au long du collège.

Ces compétences évaluent 5 dimensions. D’abord la motivation c’est à dire l’intérêt pour l’activité scolaire. On leur demande par exemple s’ils essaient de bien faire au collège. L’anxiété est aussi évaluée à travers la peur de plus savoir sa leçon. L’étude évalue aussi le sentiment d’efficacité scolaire : je me sens capable de réussir ou non. Elle étudie le sentiment d’efficacité sociale (je me sens capable de défendre mes idées devant les camarades) et d’autorégulation (je suis capable de résister à l’influence de mes camarades).

Une forte motivation en 6ème...

La première leçon de l’étude c’est que tous les enfants, quelle que soit leur classe sociale, arrivent pleins de motivation en 6ème au collège. Quand on leur demande s’ils essaient de bien faire 32% des très favorisés et 33% des très défavorisés répondent de façon affirmative.

Avec une exception : les enfants qui ont redoublé ont déjà perdu de l’assurance et sont moins motivés. Ils ont aussi davantage d’anxiété et se sentent moins capables scolairement et moins capables de résister à leurs camarades.

Ceci dit les différences sociales sont déjà là en 6ème. Les enfants défavorisés ont moins d’estime de soi et de sentiment de réussite scolaire que les plus défavorisés. 20% des défavorisés ont un sentiment d’efficacité scolaire élevé contre 29% des favorisés.

Qui diminue fortement de la 6ème à la 3ème

De la 6ème à la 3ème la motivation comme le sentiment d’efficacité scolaire baissent fortement. Mais là aussi on observe des différences sociales. "La motivation des élèves baisse de façon très nette – plus d’un écart type – entre le début et la fin du collège", écrit la Depp. "Les facteurs influençant l’évolution de la motivation des élèves sont multiples : le milieu social, le niveau de diplôme des parents ou encore le secteur de scolarisation. Ainsi, si elle est présente pour tous les milieux sociaux, la baisse de la motivation des élèves est moindre pour ceux issus d’un milieu favorisé. À titre d’exemple, les élèves de troisième dont le responsable de famille est diplômé de l’enseignement supérieur sont 26 % à répondre « vrai » à la question « j’essaie de bien faire au collège parce que j’apprends des choses qui m’intéressent », contre 33 % en sixième. Parmi les élèves dont le responsable ne possède aucun diplôme, ils sont 21 % respectivement en troisième contre 32 % en sixième à apporter la même réponse". De la 6ème à la 3ème , le milieu social joue un rôle croissant dans la motivation.

Un développement contrasté des compétences sociales

Par contre l’évolution est différente pour les compétences sociales. Le sentiment d’efficacité scolaire baisse chez tous les élèves de la 6ème à la 3ème mais sans grand écart entre favorisés et défavorisés. Sutout, "la capacité à résister à la pression des pairs, ou autorégulation, augmente entre la sixième et la troisième, de façon équivalente chez les filles et les garçons", note la Depp. "Les collégiens semblent ainsi acquérir au fil du temps une plus grande capacité à résister aux circonstances extérieures ou au moins à considérer qu’ils le font. On constate que cette autorégulation augmente davantage pour ces élèves les moins favorisés socialement. Ces derniers avaient les indices les plus bas en sixième et disposaient d’une marge de progression plus importante par rapport à leurs pairs ayant des caractéristiques scolaires et sociales plus favorables".

Un modèle d’enseignement qui pose problème ?

Ainsi le collège semble redistribuer les cartes socialement. Les plus favorisés y perdent moins de motivation et gardent une bonne estime de leurs compétences scolaires. Les défavorisés semblent gagner au collège davantage de compétences sociales.

Le collège semble aussi être un lieu de démotivation scolaire pour tous. Et l’étude interroge le rapport entre les compétences socio comportementales et cognitives. Au terme d’une étude pionnière sur le bien être des élèves, Agnès Florin avançait en 2015 ces explications. "On sait qu’en grandissant les enfants deviennent plus critiques donc une dégradation est normale. Mais on voit que l’arrivée au collège génère des ruptures. Les élèves sont confrontés à l’orientation, aux évaluations disciplinaires , aux difficultés de communication à l’écrit et à l’oral, aux maths... Quand des difficultés n’ont pas été réglées à l’école primaire elles deviennent très pénalisantes au collège. Très probablement on peut dire que notre modèle d’enseignement pose problème."
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 13.03.19 : Le collège redistribue les compétences socio comportementales

 

Les années collège marquées par une baisse de la motivation et du sentiment d’efficacité scolaire (DEPP)

Lorsqu’ils sont entrés en 6ème en 2007, un tiers des élèves, quel que soit leur milieu social, répondaient "vrai" à la question "J’essaie de bien faire au collège parce que j’apprends des choses qui m’intéressent". Mais quatre ans plus tard, ils n’étaient plus que 26% à répondre "vrai" parmi les adolescents dont "le responsable de famille est diplômé de l’enseignement supérieur" et 21 % parmi les élèves "dont le responsable ne possède aucun diplôme", calcule la DEPP. Le service statistique de l’Education nationale publie en effet une note d’information sur "la motivation aux études, l’anxiété face aux évaluations et le sentiment d’efficacité personnelle" des collégiens.

En ce qui concerne les collégiennes, leur intérêt pour les activités scolaires en classe de sixième "est plus marqué que chez les garçons et cela de façon importante". La note ne dit rien de leur motivation en 3ème. Quant aux élèves de 6ème accueillis dans le privé, ils sont plus motivés que ceux du public : près de 40 % essaient de bien faire parce qu’ils apprennent des choses qui les intéressent, mais ils ne sont plus que 19 % en troisième. En éducation prioritaire, la motivation est encore plus forte en 6ème, près de 50 % de "vrai" mais un peu moins de 20 % en 3ème.

"L’anxiété scolaire est plus importante parmi les élèves défavorisés socialement ainsi que parmi ceux qui sont en retard à l’entrée en sixième." Elle diminue chez les garçons entre la 6ème et la 3ème, pas pour les filles. La différenciation sociale joue aussi pour la réponse à la question "vous sentez-vous capable de participer à des discussions, des débats, en classe ?" puisque "34% des élèves dont le responsable de famille est diplômé de l’enseignement supérieur répondent ’très bien, toujours (ou presque)’ alors qu’ils ne sont que 26% parmi ceux dont le parent responsable n’a aucun diplôme’. De même "la capacité à se faire des amis apparaît liée au milieu social". Le sentiment d’efficacité scolaire des collégiens "baisse, lui aussi, nettement entre la sixième et la troisième", mais "cette tendance est relativement uniforme quelles que soient les caractéristiques individuelles des élèves".

Extrait de touteduc.fr du 12.03.19 : Les années collège marquées par une baisse de la motivation et du sentiment d’efficacité scolaire (DEPP)

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