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Education prioritaire. Devant le Sénat, Nathalie Elimas promet une ligne budgétaire ultérieure pour la réforme (Le Café, ToutEduc)

3 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Education prioritaire : N Elimas promet une ligne budgétaire pour la réforme
Après les contradictions de ses premières interventions devant les Assemblées, ce n’était pas facile pour Nathalie Elimas de se faire entendre par le Sénat lors d’une séance consacrée à la réforme de l’Education prioritaire. La ministre a minimisé son projet , parlant d’expérimentation et non de réforme. Elle a peu éclairé le Sénat notamment sur le financement et la place du privé. Une seule annonce : celle d’une ligne budgétaire pour sa réforme dans le projet de loi de finances 2022.

Initiée par le groupe communiste, cette séance de questions au Sénat est ouverte par Céline Brulin (PC) qui souligne des insuffisances dans l’éducation prioritaire mais "craint que le remède soit pire que le mal" et que l’expérimentation "tue" l’éducation prioritaire. Les sénatrice PS MP Monier et S Van Heghe défendent le bilan de la réforme portée par V Peillon. Inversement, Max Brisson (LR) plaide pour le renversement de la table. Pour lui, "l’éducation prioritaire a souffert du non respect de son caractère temporaire". "Il invite la secrétaire d’Etat à se "détourner d’une politique centralisée", à "adapter les modalités de gestion et affectation des professeurs", à "entrer dans l’école du contrat". Il attend l’abandon d’une politique nationale d’éducation prioritaire au profit de politiques locales décidées avec les élus locaux au risque du clientélisme.

"Mon action n’est pas de casser mais de renforcer", répond N Elimas. La secrétaire d’Etat va passer beaucoup de temps à tenter de convaincre qu’elle ne porte pas une réforme mais une simple expérimentation et ira jusqu’à se plaindre de ne pas être écoutée ! Elle confirme son budget (3.2 millions) qui ne sera pas prélevé sur celui de l’Education prioritaire . Mais elle ne dit pas où il sera pris. Elle annonce qu’en 2022 il y aura une ligne budgétaire spéciale pour l’expérimentation.

Sur quels critères seront attribués les moyens ? La ministre affirme que l’éducation prioritaire reste une politique nationale mais c’est pour ajouter que les académies ajouteront leurs propres décisions à partir de critères locaux. Sur quels critères les 60 établissements seront ils retenus ? Quelle sera la part du privé, qui a annoncé sa participation à l’éducation prioritaire ?

Mais en 2022 où en sera t-on ? L’expérimentation sera évaluée au bout d’un an et si la ministre assure qu’elle n’a jamais parlé de généralisation en 2022, le risque découle de ses propos. Les contrats locaux d’accompagnement seront conclus pour 3 ans. Qu’adviendra t-il ensuite des établissements ?

Au final, N Elimas a beau parler de rigueur, on reste dans le flou sur les moyens, le calendrier, le maintien de critères nationaux. L’expérimentation ouvre la porte à ce qui devrait être la disparition des Rep et le transfert de moyens attribués à des écoles et établissements sur critères sociaux à d’autres, nettement moins défavorisés, sur décision des autorités locales.

F Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 04.03.21

 


Nathalie Elimas présente les Contrats locaux d’accompagnement comme une "voie parallèle" à l’éducation prioritaire

Face à des sénateurs inquiets, Nathalie Elimas a défendu ses Contrats locaux d’accompagnement (CLA), hier mardi 2 mars. La secrétaire d’état chargée de l’éducation prioritaire participait en effet à un "débat sur la réforme en cours de l’éducation prioritaire" organisé en séance publique à l’initiative du groupe CRCE (communiste, républicain, citoyen et écologiste). Déjà auditionnée par la commission des affaires culturelles du Sénat début décembre (voir Tout éduc ici), elle a à nouveau présenté sa feuille de route et l’expérimentation, qui débutera à la rentrée 2021 dans trois académies.

Disposant d’une enveloppe de 3,2 millions d’euros, ces CLA permettront d’apporter des moyens supplémentaires à des établissements ayant des besoins spécifiques. La secrétaire d’état a demandé aux recteurs concernés (académies de Lille, Nantes et Aix-Marseille) de cibler en priorité des établissements actuellement oubliés par l’éducation prioritaire : écoles "orphelines" (des écoles dont les critères correspondent à ceux de l’éducation prioritaire mais qui n’en bénéficient pas car n’étant pas rattachées à des collèges situés en éducation prioritaire), lycées professionnels et établissements situées dans des territoires ruraux.

Ainsi, parmi les 172 établissements retenus pour l’expérimentation, 30 sont des lycées professionnels et 30 des établissements situés en ruralité. Les moyens dont pourront bénéficier les établissements "seront tout aussi variables que le sont les besoins des établissements (ici des crédits pédagogiques, là des réductions des effectifs de classe, là le renforcement des fonds sociaux...)", précise également l’ancienne professeure des écoles en zone REP.

Les moyens de l’éducation prioritaire préservés durant l’expérimentation

Alors que plusieurs sénateurs s’inquiètent d’une expérimentation faite à "moyens constants", conformément à ce qu’avait dit Nathalie Elimas en commission en décembre, celle-ci se veut rassurante : "Cette expérimentation n’est pas une réforme, mais une voie parallèle. Cela signifie que je ne touche pas aux zonages existants, ni aux moyens alloués à la carte (de l’éducation prioritaire). C’est en ce sens que j’ai parlé de moyens constants."

La réforme de l’éducation prioritaire de 2014 prévoyait pourtant une révision de la carte de des REP et REP+ en 2019. Celle-ci a été reportée par Jean-Michel Blanquer à 2020, puis à 2021, puis à une date inconnue. L’expérimentation des CLA apparaît donc comme un dispositif venant combler les manquements d’une carte de l’éducation prioritaire pourtant amenée à évoluer. Rappelons également que la mission Azéma-Mathiot avait proposé en 2019 de confier la gestion des REP aux académies. Pour le moment, le devenir des REP à l’issue de l’expérimentation des CLA n’a pas été éclairci par le ministère de l’Education nationale. Jean-Michel Blanquer avait seulement assuré en 2019 vouloir maintenir la carte actuelle des REP+.

Concernant le calendrier, la secrétaire d’Etat souligne qu’elle n’a "jamais dit qu’il y aurait généralisation des CLA en 2022". "Si nous décidons d’élargir l’expérimentation en 2022, alors nous l’élargirons à quelques académies supplémentaires. Il y aura alors une ligne spécifique de budget supplémentaire au projet de loi de finance 2022", éclaire-t-elle.

Interrogée sur l’absence d’expérimentation dans les Outre-Mer, dont une large partie des territoires sont situés en éducation prioritaire, Nathalie Elimas a par ailleurs indiqué travailler à "un projet plus spécifique et adapté à la particularité de ces territoires".

Le débat étant limité à 1h30, les sénateurs n’ont pas pu réagir à la prise de parole de Nathalie Elimas. Lors des questions, toutefois, beaucoup ont fait part de leurs inquiétudes pour le devenir de l’éducation prioritaire. Céline Brulin (CRCE) redoute ainsi "un enterrement pur et simple de l’éducation prioritaire" et demande "des moyens supplémentaires". Marie-Pierre Monier, du groupe SER (socialiste, écologiste et républicain), craint "une rupture d’égalité et une mise en concurrence des territoires", quand Sonia de La Provôté, de l’Union centriste souligne que "les problématiques des territoires ruraux et des quartiers ne sont pas les mêmes".

Max Brisson, pour le groupe Les Républicains, se fait au contraire le défenseur de l’expérimentation. Il demande à Nathalie Elimas "d’entrer dans une école du contrat" et "d’adapter l’école à la diversité du territoire" en ayant par exemple recours à des postes à profil.

Voir la vidéo ici

Maïwenn Lamy

Extrait de touteduc.fr du

 

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