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Le Savoir nager est lié aussi au milieu social (un rapport des Inspections générales) (ToutEduc)

29 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Savoir nager : l’inspection générale propose un état des lieux très détaillé

"Il n’y a pas de solution unique" pour lutter contre les noyades, et l’apprentissage de la nage est "essentiel, mais non suffisant" estime la mission d’inspection générale (Jeunesse & Sports et IGEN) dont le rapport vient d’être publié.

En ce qui concerne l’Education nationale, "savoir nager" est inscrit dans les programmes du collège, mais le ministère (la DGESCO) "n’est pas en capacité de mobiliser les moyens humains lui permettant de suivre réellement l’état de cet apprentissage pourtant obligatoire". Les auteurs ont exploité les données de six académies (Caen, Créteil, Grenoble, Lyon, Nancy-Metz et Rouen". Près de 9 collèges sur 10 programment la natation, et les trois quarts des élèves de 6ème ont validé l’ASSN (attestation scolaire savoir nager), un pourcentage qui monte à 84 % si on ne considère que les élèves qui ont passé le test. Mais "certaines équipes de collège ont gardé leurs propres évaluations et ne font pas passer le test ASSN", et même lorsque la validation de l’ASSN est organisée, "la grande majorité des responsables concernés des collèges, ne coche pas la case de l’attestation dans le livret scolaire unique". La mission attire l’attention sur "les cas des enfants instruits dans les familles et les écoles privées hors contrat". Elle préconise la création "d’un test unique, repère de validation d’un ’savoir nager sécuritaire’ à l’école et hors de l’école".

La mission se penche aussi sur "l’apprentissage massé" et une expérimentation menée en maternelle à Paris : "Les élèves ont bénéficié, chaque jour (sauf le mercredi), de deux séquences de natation d’une durée de 45 minutes pendant une semaine (...) L’encadrement était assuré par quatre formateurs (...) porteurs d’une pédagogie bien définie". A l’issue des huit séances tous les élèves (les 28 élèves de chacune des deux classes de MS et de GS) ont validé le palier 1 ("Entrer seul dans l’eau, se déplacer en immersion complète, sortir seul de l’eau"), et presque tous le palier 2 ("Sauter ou chuter dans l’eau, se laisser remonter, flotter de différentes manières, regagner le bord et sortir seul"), quelques uns le palier 3 ("Entrer dans l’eau par la tête, remonter aligné à la surface, parcourir 10 mètres position ventrale tête immergée, flotter sur le dos bassin en surface, regagner le bord et sortir seul"). L’organisation de 8 séances sur une ou deux semaines permet "une construction plus rapide des compétences", mais le risque d’absentéisme, "pour cause de maladie ’réelle’ ou parce qu’il est plus facile pour un parent ’réfractaire’ de faire manquer son enfant toute une semaine que de justifier une absence chaque lundi après-midi", est plus important.

En ce qui concerne les ACM (accueils collectifs de mineurs), "ils constituent les seuls espaces, avec le cadre familial, où l’on peut réglementairement se baigner sans savoir nager ou sans qu’ait été vérifiée l’obtention / la détention d’un quelconque niveau après un test" et les "colonies de vacances" sont "bien (trop) peu identifiés comme possibles espaces / temps d’apprentissage". "Pourquoi ces centres n’agissent-ils pas pour garantir la sécurité aquatique des jeunes qui leur sont confiés ?"

Le rapport évoque longuement la question des équipements. "La France dispose d’un bassin de pratique de la natation pour 10 000 habitants, contre 0,88 bassin en Angleterre (...). Mais la situation est très variable selon les territoires (...). Ainsi, le Grand Londres dispose d’une surface de bassins par habitant deux fois supérieure à celle du Grand Paris. En outre, en 2014, l’amplitude des horaires d’ouverture de certaines piscines parisiennes était près de deux fois inférieure à des piscines situées à Barcelone, à Lisbonne, à Berlin, à Vienne et à Bruxelles (...)".

Et surtout, le rapport évoque plus longuement encore la complexité de la question de l’encadrement puisque "aujourd’hui, trois types d’encadrants coexistent : – des maîtres-nageurs-sauveteurs (MNS), qui ont le droit d’enseigner et de surveiller (...) ; – des maîtres-nageurs (MN), qui ont le droit d’enseigner, mais pas de surveiller (...) ; – des nageurs-sauveteurs (NS), qui ont le droit de surveiller et de sauver, et sont titulaires du BNSSA (...). Les maîtres-nageurs-sauveteurs (MNS) et les maîtres-nageurs (MN) sont des éducateurs sportifs. Tel n’est pas le cas des nageurs-sauveteurs (NS)" tandis que les professeurs d’EPS sont titulaires du "certificat de sauvetage aquatique" (...). Plusieurs évolutions réglementaires récentes ou projets d’évolution qui font actuellement l’objet de réflexions ont apporté ou envisagent d’apporter des modifications ou des compléments aux dispositions du cadre d’exercice", mais ces démarches d’adaptation du cadre réglementaire "n’ont pas permis et ne permettront pas, à elles seules, d’apporter une réponse satisfaisante à la question du déficit du nombre d’encadrants".

Le rapport "Pour une stratégie globale de lutte contre les noyades" (201 pages) (PDF)

Extrait de touteduc.fr du 25.10.19

 

(...) Autres facteurs significativement associés au fait de savoir nager:un niveau d’études supérieur au baccalauréat, une catégorie socio-professionnelle supérieure, une bonne situation financière, ne pas vivre seul(e), une corpulence normale, une bonne santé mentale. (page 24 du rapport)

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