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Un enfant pauvre à l’école (M.-A Grard, ATD Quart-Monde, à l’université d’été du Snuipp)

31 octobre 2019 Version imprimable de cet article Version imprimable

UDA : Marie-Aleth Grard : Un enfant pauvre à l’école

« Pauvreté, vie des familles et impact sur la scolarisation des élèves », Marie-Aleth Grard, vice-présidente de l’association ATD Quart Monde et membre du Cese (Conseil économique, social et environnemental), a ouvert la 19e Université d’automne du SNUipp-FSU qui réuni du 18 au 20 octobre plus de 400 enseignants à Port-Leucate (11) autour de toutes les questions qui traversent l’école : inégalités, enseignement de la lecture, direction d’école, devenir de la maternelle, école inclusive…

Les inégalités sociales et scolaires continuent de se creuser : plus de 9 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté ont rappelé les nouveaux chiffres de l’Insee le 17 octobre. Des situations de précarité qui ont forcément un impact sur l’école même si elles sont souvent tues, par pudeur, a souligné M-A Grard, « Et ces enfants ne sont pas seulement en éducation prioritaire, cela peut être dans une école de centre-ville et ce n’est pas plus facile à vivre pour l’enfant au contraire ».

La pauvreté pour un enfant, explique MA Grard, « c’est vivre l’errance, de chambre d’hôtel en chambre d’hôtel ou dans un logement trop petit, insalubre où l’on n’a pas d’espace pour soi, pour faire ses devoirs. C’est ne pas avoir les bonnes affaires de classe ou de sport ». C’est aussi vivre des conflits de loyauté si l’élève a le sentiment qu’il doit choisir entre ce qui lui est dit par ses parents et à l’école « inconsciemment il va bloquer ses apprentissages pour ne pas trahir ses parents ». D’où l’importance de tisser des relations avec les familles, de les faire entrer à l’école comme co-éducateurs premiers de l’enfant, reconnaître leurs savoirs, leur parole en faisant attention à des remarques qui peuvent blesser sans le vouloir. L’objectif : « Travailler ensemble pour éradiquer la misère ».

Surtout, insiste Marie-Aleth Grard, « les enseignants doivent rester dans leur rôle d’enseignants et pas d’assistants sociaux pour conserver cette relation de confiance avec l’enfant qui va oser poser des questions sur les apprentissages ». La conférencière a listé les nombreuses ressources à la disposition des équipes enseignantes pour développer ces relations et faire réussir l’ensemble des élèves : vidéos, fiches actions, et cité le documentaire Gosses de France qui montre « combien ces jeunes ont la pêche et veulent s’en sortir ».

Lou Cotelle

Sur l’UDA 2019

Extrait de cafepedagogique.net du 26.10.19

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