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Retour sur une étude de 2014 sur l’histoire du Centre Alain Savary (1993-2004), par Philippe Bongrand, in Carrefours de l’éducation

11 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

La légitimité précaire de l’expertise. Un « Centre de ressources » entre science et politique : le Centre Alain Savary (1993-2004)
Philippe Bongrand

Dans Carrefours de l’éducation 2014/1 (n° 37), pages 15 à 27

[...] Le présent article étudie dans cette perspective le positionnement du Centre Alain Savary, depuis sa création à Paris, en 1993, jusqu’à sa délocalisation-refondation à Lyon, en 2004. Ce positionnement n’est jamais monochrome : il varie suivant les contextes (en particulier politiques et institutionnels) et les activités – qui sont nombreuses, puisque, tout au long de la période, le Centre conduit simultanément des activités de recherche (financements d’équipes universitaires, contrats de recherche avec des organismes publics), de formation (organisation de stages pour des professionnels en ZEP) et de construction de ressources (publication d’ouvrages, bulletins et brochures, mise en ligne d’un site Web). Cependant, des dominantes ou inflexions – qui, secondaires relativement à cet entremêlement permanent des logiques de légitimation, sont placées ici au premier plan – peuvent toutefois être avancées à titre d’hypothèses. En se fondant sur les archives de ce centre et sur des entretiens avec certains de ses acteurs [3]
[3]

Cette étude est issue de travaux portant à titre principal sur…, quatre périodes et positionnements successifs peuvent être distingués.

[...] Ces moments successifs de l’histoire du Centre Alain Savary montrent que « l’expertise », entendue comme manière d’associer des chercheurs à une action publique, peut revêtir des formes diverses et précaires, sensibles aux contextes politico-institutionnels. Dans le champ d’action publique déconcentrée et instrumentée que constitue l’éducation prioritaire, mobiliser la science au bénéfice de la circulation de ressources ne suscite qu’un accord de principe : en pratique, à l’échelle d’une décennie, chercheurs comme politiques ne trouvent pas d’arrangement durable. Ces péripéties montrent la difficulté à légitimer une politique fondée sur la circulation d’instruments : à moins de tout faire circuler, il faut un principe de régulation ; or si le regard scientifique est volontiers sollicité pour réguler cette circulation, les jugements scientifiques y endossent une portée qui redouble ou heurte, de facto, la régulation proprement politique. Pour les acteurs tout autant que pour les analystes, ces nouvelles formes d’action publique soulèvent ainsi la question de savoir qui, dans un tel contexte, gouverne (Favre, 2003). [14]

Extrait de cairn.info

 

Le dossier de la revue : Entre Etats et professions : rôle et modalités de l’"expertise" en éducation

 

Note du QZ : Il arrive que des études sur l’éducation prioritaire échappent à notre vigilance documentaire. C’est le cas de celle-ci, d’un grand intérêt historique, que nous venons de découvrir sur Twitter et que nous signalons d’autant plus volontiers qu’elle répond à la thématique très actuelle de l’"expertise" en éducation.

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