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Diminution des postes ouverts au concours dans le primaire en éducation prioritaire au profit du rural. Le MEN évoque le recours à des contractuels

17 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Postes du premier degré : Promesse pas tenue
""On crée 1248 postes en plus, sans en supprimer ailleurs", annonçait aux syndicats JM Blanquer le 7 avril 2020. Un arrêté publié au JO ce matin annonce seulement 625 postes supplémentaires mis aux concours dans le premier degré.

La promesse d’avril 2020

"On crée 1248 postes en plus, sans en supprimer ailleurs. Nous confirmons la priorité donnée à l’école primaire et à la lutte contre les inégalités. C’est un effort considérable de la Nation", déclarait l’entourage du ministre le 7 avril. Ces créations visaient à faire face aux besoins liés au confinement. Ils répondaient aussi à la promesse , faite sur TF1 le 27 mars, de ne pas fermer de classe en zone rurale. Il y avait aussi la promesse de "réétudier l’équilibre entre ouverture et fermeture" en zone urbaine.

Le Journal officiel du 16 juin publie un arrêté qui annonce la création de seulement 625 postes aux concours externes et aux seconds concours internes. Le nombre total de postes créés passe de 10790 à 11415. Les concours sont le principal moyen de création de postes.

Une suite à la promesse présidentielle

Le 8 avril, on s’était réjoui de cette annonce qui mettait enfin le nombre de postes nécessaires en face d’une promesse présidentielle. E Macron avait annoncé vouloir dédoubler les grandes sections de maternelle de l’éducation prioritaire et limiter à 24 élèves toutes les classes de GS, CP et Ce1. Des décisions qui représentent environ 10 000 postes sur 3 ans. Or seulement 440 postes étaient ouverts à la rentrée 2020. Certes on attend 42 500 élèves de moins à cette rentrée dans le premier degré. Mais cela ne libère que l’équivalent de 1600 postes environ. Au total, le ministère n’a donc que 2000 postes disponibles alors qu’il lui en faudrait plus de 3300. Il en manquait 1300. C’était globalement les 1248 postes annoncés le 7 avril.

Promesse non tenue

Finalement cet engagement n’est pas tenu. Et on reste dans le déclin global du recrutement depuis l’arrivée de JM Blanquer. En 2017 le gouvernement précédent avait crée 4211 postes. En 2018, JM Blanquer a ouvert seulement 3680 postes tout en dédoublant les CP et Ce1 de l’éducation prioritaire. En 2019 c’était 2325 emplois. En 2020 on aurait du passer à seulement 440 postes. Finalement ce sera 1065 (au lieu de 1688).

Un second arrêté précise la répartition des 625 postes dont 526 postes mis au concours externe.

Elle confirme la tendance visible en avril dernier. Les créations de postes visent les académies rurales et délaissent les zones urbaines. Ainsi Créteil, Versailles, Lille n’obtiennent aucun poste supplémentaire quand Besançon en a 28, Dijon 27, Nancy Metz 57, Orléans Tours 42 ou Rennes 49. En avril Lille s’était vu promettre 4 postes qui disparaissent. ON avait promis en avril à Créteil 24 postes supplémentaires. Finalement c’est zéro également. Rappelons que dans les académies de Créteil et Versailles il y a 2 fois moins de postes ouverts en 2020 qu’en 2019.

Mise à mal de l’éducation prioritaire

La décision ministérielle confirme la réorientation de la politique scolaire du gouvernement. Elle fait passer les écoles rurales comme une priorité. C’est aussi le sens du rapport Mathiot – Azéma qui demande la suppression des Rep et l’apport des moyens de l’éducation prioritaire en zone rurale. Or rien, ni en terme de niveau scolaire, ni en terme d’égalité sociale ne justifie la priorité donnée au rural. Le handicap du rural existe. Mais il apparait seulement dans l’orientation post bac, à un niveau qui échappe au ministère de l’Education nationale. Sans le dire et le décider, JM Blanquer commence à mettre en pratique la "déprioritarisation" des quartiers populaires.

Un troisième arrêté annonce la création de 700 postes au concours spécial de Créteil et Versailles, soit 500 pour Créteil et 200 pour Versailles. C’est exactement le nombre de postes mis au concours en 2019.

On attend maintenant les justifications ministérielles sur ce qui ressemble pour le moment à une triste manipulation médiatique.
F Jarraud

Arrêté sur les créations de postes

Le chiffre initial donné en 2019

Arrêté sur la répartition

Répartition initialement prévue en 2019

L’annonce d’avril 2020 (concerne l’éducation prioritaire)

Extrait de cafepedagogique.net du 16.06.20

 

Postes : La promesse sera tenue... par des contractuels
Comment faire tenir 1248 créations de postes dans seulement 625 postes supplémentaires mis aux concours du premier degré ? Le ministère a répondu à la question posée par le Café pédagogique le 17 juin : en embauchant des contractuels.

Le 16 juin, le Café pédagogique annonçait la publication d’un arrêté modifiant le nombre de postes mis aux concours du premier degré. L’arrêté ajoutait 625 postes portant les postes mis aux concours à 11 415.

Le ministre s’était engagé en avril , au plus fort du confinement, à créer 1248 postes dans le premier degré pour faire face aux besoins nés de l’épidémie. Cette bonne nouvelle s’accompagnait d’un information moins réjouissante sur la répartition de ces postes, ciblés sur les zones rurales aux dépens des banlieues populaires.

L’ajout le 16 juin de 625 postes ne couvrait pas la promesse de 1248 postes. Même si le rapport entre les créations de postes et les postes mis aux concours est élastique, c’est la moitié des postes promis qui manquent. Nous avons interrogé le ministère sur cette situation.

"Les recrutements au concours ne sont en effet pas strictement corrélés aux seuls postes créés : ils sont la résultante du nombre de départs des professeurs constatés ou attendus (retraites, disponibilités, temps partiels…), des créations de postes par voie de concours, de la reconduction de personnels sous contrat et des besoins territoriaux très hétérogènes, intégrant les mobilités interdépartementales intervenues depuis. Un travail fin avec l’ensemble des académies a permis d’intégrer tous ces paramètres pour chaque département. Au final, la préservation des classes rurales, qui ne concerne donc pas tous les territoires, est satisfaite avec ce volume au concours, certains besoins étant satisfaits grâce aux mobilités. Par ailleurs, le schéma d’emplois du ministère sera bien en hausse de + 1648 ETP comme annoncé", nous répond l’entourage du ministre.

L’argument des mobilités interdépartementales ne joue pas pour une création nationale de 1248 postes. Par contre, il est clair que les 623 postes manquants seront affectés à des contractuels, ce qui semble vouloir dire qu’ils ne seront pas définitifs. Enfin la référence marquée à la mobilité, dans l’usage que le ministre fait de ce mot, inquiète. La mobilité pour le ministre cela a surtout consisté à faire passer des postes du 2d degré vers le 1er degré. Un volume de postes sera t-il supprimé dans le 2d degré à hauteur des postes ouverts dans le 1er ?

Extrait de cafepedagogique.net du 17.06.20

 

http://www.touteduc.fr/fr/archives/id-17628-crpe-les-postes-aux-concours-externes-1er-degre-public-pour-chaque-academie-apres-modification

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