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Elève décrocheur ou élève "en errance scolaire" ? (Journal de bord d’un CPE en REP+)

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15 novembre 2020 : L’errance scolaire

[...] De mon côté, la gestion de l’absentéisme devient très complexe et des élèves se saisissent du contexte sanitaire pour se détourner de l’école. J’ai par exemple des élèves qui, depuis le début de l’année, ont été plusieurs fois « cas-contacts » ! Il est évident que cette situation aura et a déjà un impact sur le « décrochage scolaire ».

A ce sujet, je voudrais faire part d’une esquisse de réflexion sur ce concept de « décrochage » qui ne cesse de m’interroger. Je me suis posé la question de savoir d’où venait ce concept que nous employons depuis plusieurs années dans l’Education nationale. J’ai découvert un article intéressant intitulé « Le décrochage scolaire : la construction d’un problème public »1 qui revient sur la construction historique et sociale de ce concept. Pierre-Yves Bernard explique que cette expression apparaît en France dans les années 1990. Le mot « décrochage » vient du Québec et est la traduction littérale de l’anglais drop out.

[...] L’étude des dossiers de plusieurs jeunes dits « décrocheurs » ou « en décrochage » m’a véritablement interrogé sur ce concept car je ne suis plus très sûr qu’il représente bien le vécu des élèves. A mon sens, il me paraîtrait plus pertinent de parler « d’errance scolaire ». L’errance renvoie au nomadisme, au vagabondage, à la marge, au fait de marcher longtemps sans but précis. Elle renvoie à des trajectoires variées. Cette « errance scolaire » s’observe dans le parcours des élèves qui, très souvent, ont changé plusieurs fois d’établissement. Je suis par exemple un élève de 4e qui depuis sa première sixième en est à son quatrième établissement. Il semble errer d’établissement en établissement sans but précis. Il ne possède pas « d’établissement de rattachement »

[...] Je pense qu’il faudrait quitter « le chemin institutionnalisé » du décrochage scolaire pour aller à la rencontre de ces élèves en errance et réfléchir collectivement à une réelle prise en charge qui ne se résume pas à un repérage ou à des statistiques. Les travaux de Fernand Deligny, à ce sujet, peuvent être une ressource précieuse.

Extrait de educateurequitable.fr du 15.11.20

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