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Publication du rapport de l’Inspection générale sur la Fédération des centres sociaux suite à la rencontre de Poitiers avec Sarah El Haïry en octobre 2020

24 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Fédération des centres sociaux et socioculturels de France
rapport IGÉSR 2021-003, février 2021, 56 p.

À la suite du regroupement du Réseau Jeunes organisé par la Fédération française des centres sociaux et socioculturels du 19 au 23 octobre 2020 à Poitiers, l’IGÉSR a été chargée d’examiner les objectifs de cette manifestation, les conditions d’organisation et d’encadrement des jeunes, ainsi que les modalités pédagogiques de la rencontre entre les jeunes et la secrétaire d’État chargée de la jeunesse et de l’engagement.

Le contenu du rapport
Après avoir entendu les différents acteurs de ce regroupement et les institutions compétentes, la mission d’inspection générale a rédigé un rapport comportant dix propositions qui concernent la Fédération française des centres sociaux et socioculturels (FCSF), l’organisation des visites ministérielles et les relations entre l’État et les associations au regard de la question du respect des valeurs de la République.

Les auteurs
Matthieu Lahaye
Laurent de Lamare
Frédéric Mansuy

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Extrait de education.gouv.fr de février 2021

EXTRAIT

Conclusion
Au terme de cette mission les rapporteurs retiennent les principales conclusions qui suivent.
Les objectifs poursuivis par la FCSF à travers le « Réseau Jeunes » sont intéressants et s’inscrivent dans le cadre des orientations du ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports visant à développer l’autonomie des jeunes, leur engagement et leur participation à la vie associative. Sur le principe l’attribution
d’une subvention par la DJEPVA et de postes FONJEP pour développer et structurer le « Réseau Jeunes » est justifiée.
La thématique des religions, retenue pour le regroupement de 2020, n’est pas de même nature que les précédentes dans la mesure où elle renvoie à des questionnements plus personnels et apparait comme un sujet particulièrement délicat à traiter avec des jeunes principalement issus des quartiers populaires et qui
ne maitrisent pas suffisamment le cadre de la laïcité.
La FCSF considère, comme elle l’a précisé dans ses observations au titre de la procédure contradictoire que le sujet de la rencontre était celui des religions vues sous l’angle des discriminations. Les différents documents de référence sur la thématique du regroupement mentionnent essentiellement les religions.

Cette approche de la thématique des religions, totalement assumée par la FCSF dans ses observations, a contribué à une certaine incompréhension lors de la visite de Mme la secrétaire d’État.

Au plan de la vie collective le projet pédagogique et les conditions d’encadrement du regroupement étaient satisfaisantes.
Lors de la préparation de ce regroupement avec les animateurs des centres sociaux, comme lors du déroulement à Poitiers, la FCSF n’est pas intervenue directement sur la thématique et n’a pas fait référence à ses différents engagements relatifs à la laïcité. Les animateurs des centres sociaux ne disposaient pas des
compétences suffisantes pour animer des échanges avec les jeunes sur le thème des religions préalablement ou durant le regroupement. La mission considère que la thématique des religions était de nature différente et ne pouvait pas être traitée sans un apport suffisant et sans que la FCSF intervienne directement sur les
contenus de cette thématique et sur les valeurs qu’elle promeut, en particulier la laïcité. En s’abstenant délibérément d’intervenir la mission considère que la FCSF n’a pas respecté ses valeurs et ses engagements.
La FCSF assume que la thématique soit traitée par des prestataires extérieurs en considérant qu’il s’agit d’un processus collectif qui s’effectue totalement sous sa responsabilité et selon les démarches de l’éducation populaire. La mission relève que les débats conduits en particulier par l’association A (Partie non communicable art. L. 311-6 du CRPA) étaient orientés vers les discriminations y compris en dehors du sujet
des religions. Les questions posées étaient présentées de façon non neutre mais biaisée et induisaient une posture victimaire et des propositions sous forme de revendications. La FCSF considère que l’accompagnement et l’intervention de l’association A (Partie non communicable art. L. 311-6 du CRPA) ont
été de qualité et ont répondu à leurs attentes. Compte tenu de ces éléments et des informations recueillies sur cette association, la mission recommande de demander aux services compétents de la Somme (préfecture-DSDEN-SDEJS) et des Hauts-de-France (DRAJES) un réexamen approfondi de l’agrément « jeunesse éducation populaire » et de l’habilitation des formations conduisant aux métiers de l’animation
dont elle bénéficie.

Quatorze propositions ont été retenues à l’issue d’un processus de sélection. La mission constate qu’il s’agit essentiellement de revendications liées à des faits jugés discriminants.
Partie non communicable art. L. 311-6 du CRPA. Les conditions matérielles et organisationnelles ne permettaient pas de structurer des échanges avec les jeunes. La thématique, délibérément élargie aux discriminations sans que la secrétaire d’État en soit informée et certaines ambiguïtés sur les finalités de la rencontre de Poitiers ont pesé sur le déroulement de la séquence. La FCSF considère qu’il s’agissait d’une
étape dans la réflexion des jeunes alors que la secrétaire d’État s’attendait à participer à la restitution de trois jours d’échanges et de réflexions
Il est prévu par la FCSF que les échanges se poursuivent et que des initiatives soient prises au plan local à partir des propositions des jeunes. La mission considère que les propositions exprimées par les jeunes lors du regroupement de Poitiers conduisent à une remise en cause du cadre législatif et réglementaire actuel et ne peuvent être mises en œuvre au plan local. Par ailleurs la mission considère que la plupart des animateurs des centres sociaux ne disposent pas des compétences suffisantes pour poursuivre les échanges avec les jeunes sur la thématique très sensible des religions.
La mission relève que lors des auditions ainsi que dans ses observations au titre de la procédure contradictoire, la FCSF ne reconnait aucun dysfonctionnement ou manquement de sa part Partie non communicable art. L. 311-6 du CRPA.

 

Voir aussi :
La rencontre à Poitiers le 22 octobre entre des jeunes des quartiers et la secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Sarah El Haïry (suite) : la Fédération des centres sociaux visée par une inspection. Interview de Sarah El Haïry (Le Point)

Laïcité : à Poitiers, dialogue tendu entre 120 jeunes des quartiers et la secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Sarah El Haïry. Le commentaire de la Fédération des centres sociaux

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