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Laïcité : à Poitiers, dialogue tendu entre 120 jeunes des quartiers et la secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Sarah El Haïry. Le commentaire de la Fédération des centres sociaux

26 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 12.11.20

La rencontre à Poitiers le 22 octobre entre des jeunes des quartiers et la secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Sarah El Haïry (suite) : la Fédération des centres sociaux visée par une inspection. Interview de Sarah El Haïry (Le Point)

 

Voir en bas de page le message forum de la Fédération des centres sociaux du 7 novembre 2020

Additif du 07.11.20
À Poitiers, dialogue de sourd entre les jeunes et leur secrétaire d’État
Une centaine de jeunes ont eu l’occasion de rencontrer la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Sarah El Haïry, à l’issue de leur rencontre nationale autour de la question des religions dans la société, organisée par la Fédération des centres sociaux, à Poitiers, le 22 octobre. Sarah El Haïry n’a pas réussi à établir le dialogue qu’espéraient les jeunes.

Extrait de lavie.fr du 30.11.20

 

Poitiers. La laïcité divise les jeunes des quartiers et la secrétaire d’État à la jeunesse
Sarah El Haïry a été chahutée jeudi à Poitiers lors de sa visite au réseau jeunes. La secrétaire d’État à la jeunesse était venue écouter les conclusions d’une centaine de jeunes des quartiers qui ont débattu de religion et de laïcité durant la semaine.

120 adolescents de 14 à 23 ans venus de toute la France, se sont retrouvés pendant cinq jours à Poitiers pour la dixième édition des rencontres nationales du réseau jeunes des centres sociaux. Le thème de la laïcité, choisi à la fin de l’édition précédente il y a un an, s’est retrouvé au cœur d’une actualité dramatique avec l’assassinat d’un professeur d’Histoire devant son collège des Yvelines. Un meurtre revendiqué au nom de l’Islamisme.

Encadrés par des animateurs, les jeunes se sont exprimés durant la semaine sur leur quotidien, souvent ponctué d’injustices et de discriminations liées à leur origine ou leur religion.
Malgré le fait qu’il y ait des lois dans cette République, il reste de fortes inégalités et il faut qu’elles soient corrigées car c’est de la pure discrimination et c’est vraiment grave.

Ils ont retiré de ces échanges plusieurs idées, qu’ils ont exprimées à Sarah El Haïry. Mais ces propositions ont surpris la représentante d’un gouvernement républicain. Autoriser le port de signes religieux au lycée ou même intégrer au cursus des cours de Religion.

La loi devrait évoluer par rapport à nous. Elle a été faite il y a plus d’un siècle… On est en 2020, il faut évoluer.
Sephora - Nantes

Pas vraiment du goût de la secrétaire d’état qui a martelé l’importance de la laïcité à l’école et a tenté de rassembler les jeunes en entonnant la Marseillaise. Mais l’hymne n’a été que très peu repris dans la salle et les jeunes ont rapidement pris le micro pour dire leur incompréhension face à cette initiative.

Oui les débats sont vifs mais ils sont nécessaires car notre responsabilité c’est de donner les outils à chacun de répondre à ce combat. Ce combat est féroce mais nous le mènerons avec fermeté.
Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat à la jeunesse et à l’engagement

Extrait de francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine du 23.10.20

 

À Poitiers, des jeunes musulmans à l’épreuve de la laïcité
Reportage Quelques jours après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty, 150 jeunes de quartiers populaires, très majoritairement de confession musulmane, se sont rassemblés à Poitiers pour débattre de religion. Des discussions qui font apparaître un divorce consommé entre la plupart de ces jeunes et la laïcité à la française.

Extrait de la-croix.com du 23.10.20

 

Voir aussi

À Poitiers, difficile dialogue entre les jeunes et "leur" secrétaire d’État, Sarah El Haïry
La secrétaire d’État à la Jeunesse et à l’Éducation, Sarah El Haïry, est venue écouter les 130 jeunes venus de toute la France.

Sarah El Haïry, secrétaire d’état à la jeunesse et à l’enseignement, est venue sonder, à Poitiers, les jeunes engagés dans le réseau des centres sociaux.

Elle a l’énergie des trentenaires, la conviction chevillée à son maroquin et le tutoiement naturel lorsqu’elle s’adresse aux jeunes : Sarah El Haïry, secrétaire d’État à la Jeunesse et à l’Éducation auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, est allée, hier matin, à la rencontre du réseau Jeunes des centres sociaux accueillis dans les locaux de l’ensemble scolaire privé Isaac de l’Étoile.

La Fédération des centres sociaux de France installée pour une semaine de travail à Poitiers avait choisi la thématique religieuse. Le programme, arrêté en amont du terrible drame de Conflans-Saint-Honorine, a revêtu un relief singulier avec la mort du professeur décapité, Samuel Paty.

La visite ministérielle, également anticipée, a connu une acuité nouvelle dans l’échange entre la représentante du gouvernement et les jeunes gens venus de toute la France.

Extrait de lanouvellerepublique.fr du 23.10.20

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3 Messages de forum

  • L’article de la Croix doit être complété par le droit de réponse de la Fédération des centres sociaux, en lien sous l’article. Il permet bien mieux de comprendre les propos entendus dans le reportage de France 3 - nouvelle Aquitaine.

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    • Bonjour

      Envoyez-nous votre droit de réponse à l’adresse ozp@ozp.fr
      et nous l’ajouterons

      Cordialement

      L’OZP

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      • Droit de réponse de la Fédération des centres sociaux de France et de la Vienne

        Par Tarik Touahria – Président de la Fédération des Centres Sociaux de France Béatrice Fuster-Kleiss – Présidente de la Fédération des Centres Sociaux de la Vienne.
        Publié dans La Croix du le 27/10/2020

        La Fédération des centres sociaux de France et celle de la Vienne, organisatrices de la rencontre de jeunes qui s’est tenue à Poitiers du 19 au 23 octobre, souhaitent réagir à l’article d’Héloïse de Neuville publié sur le site Internet de La Croix le 23 octobre.

        D’abord il nous semble essentiel d’expliquer la démarche d’éducation populaire portée par les centres sociaux à travers l’organisation de ces « Réseaux Jeunes » depuis maintenant 10 ans. L’objectif est de créer les conditions de l’expression des jeunes sur des questions qu’ils ont choisi de travailler (cette année les religions). Il s’agit de les écouter, dialoguer avec eux et créer collectivement un cheminement qui permet de prendre du recul, de comprendre ensemble, d’intégrer les éléments de l’histoire, de la loi et ainsi contribuer au développement de la compréhension, de l’esprit critique et de la citoyenneté.

        Nous savons qu’imposer ne fonctionne pas. Il faut donc, ensemble, prendre le risque de l’écoute, du débat, du dialogue entre les jeunes et la communauté des adultes. C’est cette voie qui peut conduire à une société apaisée, respectueuse des différences et des lois de la République.

        Alors, effectivement, lorsque les premières paroles de certains jeunes – très minoritaires – sont déplacées, elles sont difficiles à entendre pour les adultes présents.
        Les professionnels ne sont pas complaisants, ils savent juste qu’il faut prendre le temps de l’écoute, tout en affirmant leurs désaccords et en dialoguant. C’est pourquoi nous travaillons 5 jours avec les jeunes.

        L’espace démocratique du « Réseau Jeunes » accompagne les opinions individuelles vers une parole collective. L’article d’Héloïse de Neuville montre une incompréhension manifeste du processus : la proposition d’interdiction du blasphème a bien été posée par un jeune mais le temps de l’échange, de la confrontation, du rappel des cadres républicains et, in fine, l’exercice du vote des propositions a totalement évacué cette idée. C’est ce processus qui est à retenir et qu’il faut construire.

        D’ailleurs, Madame de Neuville fait seulement état des propositions les plus clivantes et ne parle pas de celles sur les médias par exemple, qui insiste sur leur rôle en matière d’objectivité et de lutte contre les stéréotypes. Cet article illustre le chemin qui reste à parcourir. À travers la proposition des jeunes de faire en sorte que l’approche des religions dans le programme scolaire soit renforcée et qualifiée, que la religion soit discutée à l’école et dans les associations, leur expression est un besoin d’espaces pour débattre, comprendre, être écoutés aussi. Ils proposent d’entrer dans la complexité, de dialoguer pour que cette question ne soit plus – demain - un problème dans la société !

        Enfin, le titre de l’article d’Héloïse de Neuville est totalement déplacé : ce n’étaient pas des jeunes musulmans des quartiers qui étaient présents à ce Réseau Jeunes, c’étaient des jeunes de notre pays, de nos territoires, pour beaucoup issus de quartiers prioritaires, mais aussi issus de petites villes, du milieu rural, et aux croyances multiples.

        Au bilan de cette rencontre, les jeunes ont affirmé leur appartenance à la République – fortement ! Ils ont également affirmé qu’ils souhaitent être plus écoutés, pris en compte plutôt que d’être montrés du doigt. La communauté des adultes du Pays a une responsabilité envers sa jeunesse : le cadre Républicain ne peut être partagé que si cette communauté des adultes sait écouter, reconnaître chaque enfant de la
        République. Le chemin est complexe et exigeant. Mais c’est le seul que nous connaissons !

        Tarik Touahria – Président de la Fédération des Centres Sociaux de FranceBéatrice Fuster-Kleiss – Présidente de la Fédération des Centres Sociaux de la Vienne

        (1) La Fédération des centres sociaux de France, organisatrice de la rencontre a mandaté pour organiser la journée des intervenants de l’association La boîte sans projet, spécialiste de l’éducation populaire.

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