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29.12.06 -Les lycéens des ZEP d’Île-de-France (option histoire des arts) seront aidés

29 décembre 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extraits du « Figaro » du 26.12.06 : Marc Ladreit de Lacharrière, vocation altruiste

Le patron de Fimalac a mis en place il y a quelques mois une fondation qui, avec le soutien de l’École du Louvre, du Théâtre du Rond-Point et de La Source, organise un système d’aide aux jeunes.

Il y a dans son regard l’éternel étonnement de ceux qui ne prennent pas tout comme un dû. Rien ne saurait épuiser la curiosité et la capacité d’émerveillement du fondateur et patron de Fimalac, Marc Ladreit de Lacharrière. Sa philosophie s’enracine simplement dans la haute idée de la vie que lui ont transmise les siens : « C’est la base de tout ce que j’entreprends et qui est une tradition familiale : servir les autres, rendre en partie tout ce que nous recevons de la société, de l’État, d’autrui. » L’atypique propriétaire de La Revue des Deux Mondes croit pourtant bien sûr au talent personnel, aux dons que chacun peut avoir. Il croit au travail. Il a des ambitions pour la France et il en parle directement, ennemi qu’il est de l’emphase et des discours boursouflés. « La France est la 5e puissance économique mondiale, elle pourrait être la 3e, mais il faudrait que chaque citoyen travaille cinquante heures par semaine... »

Sans doute qu’il fait bien plus que cinquante heures, lui, mais dans les locaux de sa société, dans le beau VIIe arrondissement intellectuel, à une portée de pas de la Seine, juste derrière le Musée d’Orsay, les collaborateurs et collaboratrices ont l’air plutôt détendus. Concentrés mais libres. Cela se devine immédiatement, l’atmosphère d’une entreprise. Dès que l’on passe le seuil d’un immeuble. Chez Fimalac, on respire et on sourit.

Fimalac (Financière Marc de Lacharrière), ce fut il y a quinze ans à peine une très bonne idée : expertiser non plus seulement les sociétés, mais les États... « Depuis que Fimalac existe, dit son PDG, et a réussi financièrement et socialement, le devoir de ses dirigeants est de participer à la vie collective et d’être engagé. Il nous a toujours semblé très important d’être associé au débat général sur la société. » Et c’est ainsi qu’il a été déterminant dans la création d’Agir contre l’exclusion, fondation dont il a été vice-président de 1993 à 2002, et il a également fortement soutenu la Fondation de la deuxième chance. On le voit, son souci premier est sociétal. Il est du côté du travail, de la place de chacun au sein du groupe, du partage. Ainsi est-il l’un des administrateurs de la Fondation Bettencourt Schueller et au conseil d’administration de la Maison de Solenn.

Capitaine de la finance

Du sociétal à la culture, il n’y avait qu’un pas que cet amoureux des belles choses ne pouvait pas ne pas rapidement franchir. C’est dans l’esprit du débat nécessaire qu’il a repris il y a quelques années La Revue des Deux Mondes et, dans le souci d’être rapidement actif, qu’il a dès sa création en 1996 rejoint La Fondation du Patrimoine - qui veille sur le patrimoine non protégé par l’État. Depuis, M. le président a multiplié les initiatives - pour le Louvre, ¬notamment (il en est l’un des sept grands mécènes) -, participe activement aux conseils d’administration d’un grand nombre d’institutions muséales et est entré à l’Académie des beaux-arts le ¬9 février 2005. Pas mal pour un ¬capitaine de la finance !

Mais c’est que l’homme est engagé de toutes ses fibres et lorsqu’il parle de partage et de la haute exigence de « rendre » en partie ce que l’on a reçu, il est simple et sincère. Comme il a su l’être, un jour d’octobre dernier, en présentant, au Théâtre du Rond-Point, une fondation nouvelle qui a déjà commencé son travail remarquable.

Culture & Diversité, au fond, c’est encore une volonté claire de développer dans la générosité des ambitions claires : « Permettre au plus grand nombre d’accéder à des valeurs et des repères culturels dont le partage nourrit en partie la cohésion sociale, l’identité d’une société et donc sa vitalité. » Et on s’en donne les moyens, avec de remarquables partenaires : le Théâtre du Rond-Point que dirige Jean-Michel Ribes, l’École du Louvre que dirige Philippe Durey, l’association La Source qu’a fondée ¬Gérard Garouste. Trois entités qui s’inscrivent naturellement dans les ambitions de Culture & Diversité : « Je ne veux pas donner le sentiment d’une bonne volonté de parole qui ne s’appuierait pas sur de véritables moyens », note le PDG altruiste qui met immédiatement, c’est le nerf de cette guerre-là, 10 millions d’euros en jeu et se donne comme objectif de toucher 2 000 collégiens et lycéens dès la première année.

« Pour dire vite, le projet mené avec l’École du Louvre s’adresse aux jeunes lycéens des ZEP d’Île-de-France, ceux qui ont choisi l’option histoire des arts. Mon rêve est de voir des jeunes de ces classes-là préparer l’entrée à l’École du Louvre et d’accompagner ceux qui auront été admis, par un système de bourses et de ¬tutorat. »

Avec La Source, dans le même esprit, mais comme le soulignait Gérard Garouste lui-même, dans un milieu plus rural - c’est dans l’Eure -, on accueillera des collégiens dans des ateliers de pratique artistique, comme le fait l’association, depuis douze ans.

Au Rond-Point, les jeunes, par le truchement de leurs professeurs et grâce à l’implication des artistes eux-mêmes, par des conférences mais aussi des ateliers, on deviendra un spectateur avisé, sensible aux débats sur le monde que permet le théâtre, espace de partage au coeur de la ville s’il en est.

Rien de tout cela n’est rêve pieu. Déjà les premiers jeunes sont au travail, et tout devrait connaître une visibilité festive le 4 juin prochain : au Théâtre du Rond-Point, élèves, artistes engagés sur les trois fronts, enseignants, tout le monde se retrouvera pour une soirée unique.

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