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Travail scolaire après l’école (Avis du Haut Conseil de l’Evaluation de l’Ecole)

2 juin 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de l’avis du Haut Conseil de l’Evaluation de l’Ecole (HCEE) du 01.06.05 : le travail des élèves pour l’école, en dehors de l’école.

Après avoir rendu un avis sur le traitement du grand échec scolaire, le Haut Conseil a souhaité faire un point sur les questions touchant au « travail des élèves pour l’école, en dehors de l’école », dont le rôle dans la réussite scolaire est souvent considéré comme déterminant. Il a demandé à Dominique Glasman, professeur de sociologie à l’Université
de Savoie, de lui présenter un rapport sur les connaissances disponibles sur le sujet. Ce rapport n’engage pas le Haut Conseil, mais contient les analyses et les propositions du rapporteur ; il est public et peut être consulté sur le site du Haut Conseil.

Deux extraits du document de présentation :

« Donner des orientations claires au sujet des devoirs et leçons permettrait par ailleurs de rendre plus explicites les finalités et les modalités des actions d’accompagnement à la scolarité - qui contribuent à l’équité du système éducatif - de mieux les articuler avec l’école et de préciser les conditions d’évaluation de leurs effets.

Mais il faut aller plus loin et le Haut Conseil considère qu’il ne faut pas tolérer plus longtemps des dérives qui entretiennent, voire creusent, les inégalités.

Laisser les élèves et leurs familles seuls face aux devoirs et leçons est source d’inéquité. Le recours croissant à des aides extérieures à la scolarité, payantes mais financées pour une part par des avantages fiscaux, en témoigne. Cela ne peut laisser indifférents les responsables du système public d’éducation qui ne sont pas dépourvus de moyens d’action en la matière. La question qui se pose est en effet celle de la finalité du service public d’éducation : « faire réussir tous les élèves » ce n’est pas « faire réussir certains mieux que d’autres ».

La réussite scolaire suppose la maîtrise d’un ensemble diversifié de savoirs disciplinaires, mais aussi une maîtrise de savoir-faire, de techniques, de méthodes pour apprendre, mémoriser, faire « vite et bien », qui sont inégalement enseignées à l’école, mais qui jouent un rôle de plus en plus important au fur et mesure qu’on avance dans la scolarité. Le succès des cours particuliers tient à l’attention qu’ils attachent à les développer chez les élèves.

Cette dimension doit être explicitement prise en compte dans la conception et la mise en oeuvre des apprentissages et des progressions scolaires par les enseignants. L’acquisition de méthodes d’apprentissage et l’aide au travail personnel font partie de leurs tâches et doivent être explicitement intégrées au temps scolaire. Elles doivent d’abord se construire dans la classe, et il faut ensuite organiser, au sein de l’école et avec des personnels compétents, un temps et un lieu pour l’exercice et l’entraînement. Ce que font dans ce domaine un certain nombre d’établissements, à leur initiative, en mettant à profit les pauses méridiennes ou les permanences mériterait d’être généralisé

Les faits prouvent que si le service public n’assure pas cette mission éducative, le marché le fait, ce qui renforce les inégalités.

Il y a certainement là une des clefs de la résorption des inéquités au regard de la réussite scolaire. A cet égard, la transposition au niveau de l’école, du collège et du lycée, de dispositifs tels que ceux mis en place dans le cadre des « conventions ZEP », passées par l’École des Sciences Politiques avec des lycées accueillant une proportion importante d’élèves de milieux populaires peut constituer une piste de réflexion et d’action. Ces dispositifs, animés par les enseignants, permettent en effet à ces élèves d’acquérir des méthodes de travail et de développer des comportements décisifs pour la réussite.

(...)

L’accompagnement à la scolarité recouvre des dispositifs variés d’aide apportée gratuitement en dehors de l’école, aux écoliers et collégiens issus des milieux populaires. Si leurs effets sur le comportement à l’école sont en général reconnus comme positifs, leurs effets sur les résultats des élèves ont rarement été évalués.

Ces dispositifs, soutenus par les pouvoirs publics nationaux ou locaux, en particulier dans les zones prioritaires ou défavorisées, sont fréquemment créés sur l’initiative d’associations. Leur financement est supporté par diverses instances publiques, en particulier le Fonds d’Action et de Soutien pour l’Intégration et la Lutte contre les Discriminations (FASILD), la Caisse des Dépôts et Consignations, la Caisse Nationale des Allocations Familiales et les collectivités territoriales. Le coût de revient peut en être estimé à 5 ou 6 euros par élève, à comparer aux 15 à 20 euros par élève d’une heure de « colle » en classe préparatoire.

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