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Rapport de l’IGEN : Travail des élèves en dehors de la classe (ou accompagnement pédagogique dans les écoles en éducation prioritaire) ?, octobre 2008

18 juin 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le travail des élèves en dehors
de la classe.
État des lieux et conditions d’efficacité

Rapport - n° 2008-086 - octobre 2008
56 pages PDF
Rapporteurs : Viviane BOUYSSE,
Christine SAINT-MARC,
Henri-Georges RICHON,
Philippe CLAUS
(enquête conduite par les inspecteurs généraux du groupe enseignement primaire aidés par les
inspecteurs chargés des circonscriptions de l’échantillon observé)

SOMMAIRE

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE : UNE RÉGLEMENTATION DIFFICILE
À APPLIQUER ET DES DISPOSITIFS COMPLEXES
1.1. Les devoirs à la maison
1.1.1. Une interdiction constamment réaffirmée
1.1.2. Une définition évolutive et relativement floue
1.1.3. Une interdiction qui se veut justifiée
1.1.4. Une situation réglementaire à clarifier
[p. 9]
Peut-on faire des devoirs durant les études dirigées ? Sur le plan réglementaire, la réponse doit
également être clarifiée. En effet, est désormais en vigueur la circulaire n° 2008-081 du 5 juin 2008,
« relative à la mise en place de l’accompagnement éducatif à compter de la rentrée 2008 dans les
écoles élémentaires de l’éducation prioritaire  », mais qui peut s’appliquer également à l’ensemble des
écoles élémentaires. Cette circulaire prévoit qu’il est possible d’apporter aux élèves « une aide au
travail scolaire » qui leur permet « d’apprendre leurs leçons ou d’approfondir le travail de la classe ».
Cette aide « peut comporter une aide méthodologique ou permettre d’autres activités : lecture, atelier
scientifique, projet transversal, recherches documentaires, pratique des langues vivantes ».En toute rigueur, l’expression « d’aide aux devoirs » n’apparaît pas dans le texte, mais l’expression
« approfondir le travail de la classe », clairement distinguée de l’aide aux leçons, sera difficile à
interpréter par les enseignants. En outre, de manière paradoxale, mais significative, le Guide pratique
des parents édité et diffusé à plusieurs millions d’exemplaires par le ministère à la rentrée 2008,
indique que l’accompagnement éducatif qui sera proposé dans toutes les écoles de l’éducation
prioritaire
« consiste en une aide aux devoirs et aux leçons, en activités sportives, culturelles et
artistiques » (page 9). En tout état de cause, il semble impossible de participer à un « atelier
scientifique », à un « projet transversal » ou à des « recherches documentaires » sans recourir
aucunement à des pratiques d’écriture dont on a vu que l’interdiction était constamment réitérée dans
le passé.

1. 2. L’accompagnement à la scolarité et l’accompagnement éducatif
1.2.1. L’accompagnement à la scolarité
1.2.1.1. Une définition et des objectifs explicites
1.2.1.2. Une histoire déjà longue
1.2.1.3. Des dispositifs interministériels, nombreux et complexes
[p. 12]
S’agissant du premier degré, un nouvel élan a été donné à l’accompagnement éducatif par la
circulaire n° 2008-081 du 05 juin 2008, qui n’est pas, pour une fois, une circulaire interministérielle,
mais une circulaire « éducation nationale ».
Ce texte concerne la mise en place de l’accompagnement éducatif à compter de la rentrée 2008
dans les écoles élémentaires de l’éducation prioritaire.

1.2.2. L’accompagnement éducatif
1.2.2.1. Une histoire ancienne
1.2.2.2. Une réactivation récente
[p. 13]
S’agissant du premier degré, un nouvel élan a été donné à l’accompagnement éducatif par la
circulaire n° 2008-081 du 05 juin 2008, qui n’est pas, pour une fois, une circulaire interministérielle,
mais une circulaire « éducation nationale ».
Ce texte concerne la mise en place de l’accompagnement éducatif à compter de la rentrée 2008
dans les écoles élémentaires de l’éducation prioritaire.
L’accompagnement éducatif vise à promouvoir l’égalité des chances. Il « constitue une offre
éducative complémentaire aux enseignements obligatoires » et aux deux heures hebdomadaires
d’aide personnalisée. Il est proposé à « tous les élèves volontaires du cours préparatoire aux cours
moyen 2ème année ». [...]
[p. 14] En 2007-2008, l’accompagnement éducatif, qui ne concernait que les collèges de l’éducation
prioritaire, a bénéficié à 210 000 élèves, répartis sur 1 508 établissements. L’aide aux devoirs a
représenté 71,2 % des 961 000 heures qui lui ont été consacrées.

Conclusion-résumé de la première partie

DEUXIÈME PARTIE : UNE PRATIQUE GÉNÉRALISÉE
MAIS HÉTÉROGÈNE ET PEU CONTRÔLÉE
2.1. Du CP au CM2 la généralisation du travail hors de la classe
2.1.1. Au CP, une pratique systématique et jugée indispensable par tous
2.1.2. Au CM2, des devoirs écrits systématiques, justifiés et acceptés par tous
2.1.3. A tous les niveaux, une faible mobilisation de l’outil informatique
[p.18]
L’hétérogénéité réelle des équipements ne peut à elle seule expliquer ce constat. A Besançon par
exemple, la municipalité a équipé toutes les écoles, mis en place un espace numérique de travail, des
ressources logicielles et prêté des ordinateurs aux familles, mais ce potentiel est loin d’être pleinement
utilisé dans le cadre de l’expérimentation de l’accompagnement éducatif dans un des RAR concernés.

2.1.4. Quel bénéfice les élèves tirent-ils du travail en dehors de la classe ?

2.2. Une participation diversifiée de l’école aux dispositifs d’accueil des enfants hors du temps scolaire
2.2.1. Des formes d’organisation diverses
2.2.2. Un public « sélectionné »
2.2.3. Des enseignants très présents et très recherchés après la classe
2.2.4. Des dispositifs appréciés mais dont l’efficacité n’est guère évaluée

2.3. Des inspecteurs plus préoccupés par le pilotage que par les contenus
2.3.1 Dans les circonscriptions, un intérêt réel, mais peu d’initiatives
2.3.2. Chez les inspecteurs d’académie, un grand souci de cohérence
[p. 24]
Des départements mentionnent une ou deux réunions annuelles d’un « comité départemental
de l’accompagnement scolaire » ou d’un « groupe départemental accompagnement éducatif ».
Ces comités expriment la volonté d’une double mise en cohérence de l’ensemble des dispositifs
existants et des actions conduites pendant le temps scolaire, ainsi que d’un vif besoin d’outils
d’évaluation. Cependant, les actions n’étant pas à la charge de l’éducation nationale, l’inspecteur
d’académie, s’il est impliqué dans la validation des projets, n’influe guère sur les choix que dans les
réseaux ambition réussite (RAR), où le dispositif d’accompagnement éducatif implique le premier
degré. [...]

[p. 25] Le pilotage de l’accompagnement scolaire diffère d’ailleurs selon qu’il s’agit des écoles ou des
collèges. L’inspecteur d’académie-DSDEN traite directement du dossier en collège et dans le cadre de
l’éducation prioritaire. Il est responsable de sa mise en œuvre, de son organisation, de son suivi et de
son évaluation, alors que globalement, dans le premier degré, le sujet relève des municipalités et des
partenariats.
Les inspecteurs d’académie sont unanimes à exprimer trois souhaits :
* qu’il soit mis fin, au moins en cycle 3, à l’hypocrisie du décret de 1956 interdisant les
devoirs écrits, au moins au cycle III, ce travail constituant même pour les parents un
indicateur de la qualité de l’enseignant ;
* que l’accompagnement éducatif se recentre sur l’aide aux devoirs, en lien avec
l’Éducation nationale, c’est-à-dire dans ses locaux et avec le concours des
enseignants ;
* que soient simplifiés et harmonisés les dispositifs actuels pour mettre un terme à un
empilement illisible et à une complexité ingérable.

Conclusion-résumé de la deuxième partie

TROISIÈME PARTIE : UNE PRATIQUE UTILE À TOUS
LES ÉLÈVES, MAIS SOUS CONDITIONS
3.1. Le temps scolaire, temps essentiel des apprentissages
3.1.1. Articuler le travail en classe et le travail au dehors
3.1.2. Tirer le meilleur profit possible du temps scolaire d’abord
3.1.3. Organiser rigoureusement les enseignements et les apprentissages

3.2. Les attentes de l’école : travail et autres activités en dehors de l’école
3.2.1. Le travail pour l’école hors de l’école : l’obligatoire et le facultatif
3.2.2. Des activités quotidiennes, utiles et obligatoires : lecture,
mémorisation, révisions et entraînement
3.2.3. La question particulière du travail pendant les vacances
3.2.4. Des activités pour prolonger, valoriser et enrichir les apprentissages

3.3. Quelques conditions pour optimiser le travail en dehors du temps scolaire
3.3.1. Préparer en classe le travail effectué en dehors du temps scolaire
3.3.2. Exploiter en classe le travail effectué en dehors du temps scolaire
3.3.3. Optimiser les conditions de réalisation du travail hors de l’école
3.3.4. Mieux utiliser les TICE et les ressources numériques
3.3.5. Veiller à une bonne collaboration entre l’école et les parents
Conclusion-résumé de la troisième partie

CONCLUSION

PROPOSITIONS [p. 43-44]
1. Clarifier le contexte réglementaire

  • Préciser dans un texte nouveau, abrogeant l’ensemble des textes antérieurs, la nature exacte du travail qui peut être demandé aux élèves en dehors de la classe.
  • Définir clairement les notions de « devoirs », de « travail écrit » et
    « d’approfondissement du travail de la classe ».

2. Evaluer

  • Procéder, à travers la révision générale des politiques publiques, à l’évaluation de l’efficacité des dispositifs d’accompagnement.
  • Inciter les inspecteurs responsables des circonscriptions primaires à prendre en compte le travail scolaire en dehors de la classe dans leurs inspections.

3. Veiller à la cohérence éducative

  • Réaffirmer le rôle de l’éducation nationale dans la « commande » relative au travail scolaire en dehors de la classe.
  • Placer la coordination et le suivi du travail scolaire en dehors de la classe sous la responsabilité du directeur d’école.
  • Faire intégrer au projet d’école les dispositifs d’accompagnement.

4. Définir les conditions d’efficacité du travail en dehors de la classe

  • Prendre en compte le travail des élèves hors de la classe dans la formation des enseignants (animations pédagogiques ; plans académiques de formation).
  • Exploiter au maximum le temps scolaire pour les apprentissages, y compris pour la fixation des connaissances.
  • S’assurer que chaque élève sait et comprend ce qui est attendu de lui, dispose de méthodes de travail adaptées.
  • Différencier éventuellement les travaux demandés aux enfants, mais rester exigeant sur la qualité.
  • Prendre en compte (exploitation, correction) tout travail effectué hors de l’école.
  • Valoriser toutes les activités conduites ou les productions rapportées par les élèves.
  • Veiller, en équipe pédagogique, à la progressivité des exigences au sein d’une école.

5. Apporter une aide aux familles

  • Editer un document national à l’attention des familles.
  • Clarifier, dans chaque école, à l’intention des parents, les ressources disponibles.
  • Orienter localement les familles vers les dispositifs d’accompagnement adaptés.
  • Rappeler autant que de besoin les conditions favorables au travail demandé.

6. Mieux utiliser les TICE

  • Assurer un continuum entre l’école, la famille et les dispositifs d’accompagnement du travail en dehors de la classe en utilisant les TICE chaque fois que possible.
  • Etudier avec les collectivités les possibilités d’équipements adaptés.
  • Susciter la production de produits numériques adaptés

ANNEXE 1. Exemples de bonnes pratiques : le travail pour l’école pendant les vacances

ANNEXE 2. Exemples de bonnes pratiques : aides et indications méthodologiques

ANNEXE 3. Lieux de l’enquête : académies, départements, circonscriptions, écoles

Le rapport intégral

 

C’est bien parce que l’interdiction est renouvelée régulièrement par l’Education nationale que l’interdiction des devoirs à la maison à l’école primaire pose problème. Le rapport mentionne pas moins de 6 rappels à l’ordre de 1956 à 1995. [...] Pourtant la pratique est absolument généralisée, relève, sans surprise, le rapport. C’est que le travail à la maison est intégré à la forme scolaire et justifié, on le verra, par les enseignants et els parents.

Malgré tous ces rappels, ce qui est plus nouveau dans le rapport c’est que les inspecteurs ne sont pas certains qu’ils soient réellement interdits ! "Les devoirs à la maison sont-ils toujours interdits ? Sur le plan réglementaire, la réponse est pour le moins ambiguë", note le rapport. [...]

Une autre trouvaille de l’Inspection concerne les temps d’accompagnement scolaire. Le rapport note que "l’accompagnement scolaire mis en place dans le cadre des contrats locaux est destiné à des élèves proposés par les écoles. Les critères retenus sont sociaux plus que scolaires (familles d’origine étrangère, familles nombreuses et souvent défavorisées, familles monoparentales…)".

Le rapport préconise de préparer en classe le travail demandé à l’extérieur et de l’exploiter en classe. Il invite à "mieux utiliser les ressources numériques" pour ce travail c’est à dire les services payants en ligne.

Le rapport finalement se déclare favorable au travail à la maison. On sait pourtant que des travaux universitaires l’ont vivement critiqué. [...]

Extrait de L’Expresso du 12.06.2012 : Primaire : Les devoirs à la maison sont-ils réellement interdits ?

 

Voir le rapport des IG sur l’accompagnement éducatif (au collège)

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