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Etude québécoise : l’impact de la danse sur l’apprentissage du vocabulaire par des enfants issus de milieux défavorisés

25 mars 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Les jeunes enfants peuvent-ils acquérir des mots de vocabulaire en dansant ? C’est la question originale analysée par trois chercheuses de l’Université du Québec à Montréal (Uqam), dans une étude diffusée le 21 mars. Elle a concerné 26 enfants âgés de 4 à 6 ans, issus de milieux défavorisés.

Ces enfants ont participé à trois entretiens individuels filmés, avant et après l’activité de danse, ainsi que trois semaines plus tard. Le premier entretien a permis d’évaluer leur niveau de vocabulaire sur la thématique des saisons, tandis que les deux suivants visaient à vérifier s’ils avaient enrichi leurs connaissances et si celles-ci se maintenaient dans le temps.

Associer le mot à une expérience gestuelle
Selon les chercheuses, les concepts de temporalité se marient bien avec la danse : "Comme la langue, la danse est un langage que l’on doit s’approprier, principalement basé sur des principes comme le temps, l’espace, la notion d’énergie et de flux du mouvement. Notre hypothèse était qu’en amenant les enfants à vivre ces concepts dans une gestualité impliquant le corps dans sa globalité, ils en viendraient à associer le mot à une expérience gestuelle. Il y aurait une inscription à la fois cognitive et corporelle des mots et des expressions présentés", explique l’une d’entre elles.

En quoi a consisté l’activité de danse ? Pour illustrer la transition entre l’hiver et le printemps, par exemple, les enfants ont été invités à incarner des arbres gelés et à réchauffer chaque partie de leur corps. Pour représenter l’été, ils ont produit des mouvements évoquant le papillon, la grenouille, la vague, le fait de sauter, de plonger, d’arroser... Ils ont imité ensuite la chute des feuilles, qui tombent et virevoltent, puis ont fait les gestes de s’habiller chaudement et ont mimé la chute d’un flocon.

Des effets positifs pour les enfants déjà dotés de connaissances minimales
Quels sont les effets produits sur l’acquisition de vocabulaire ? Les enfants dotés au départ de connaissances minimales sur les quatre saisons ont tous développé davantage leur vocabulaire expressif après l’activité dansée : "Les enfants qui avaient de très bonnes connaissances ont été stimulés de manière exceptionnelle, leur vocabulaire a explosé, comme s’il n’y avait pas de limite à l’acquisition de vocabulaire. Trois semaines plus tard, certains enfants avaient même enrichi leur vocabulaire de mots qui n’avaient pas été utilisés lors de l’activité, comme si leur curiosité avait été déclenchée", précise l’une des chercheuses.

En revanche, les enfants qui présentaient au départ un niveau de langage limité n’ont presque pas amélioré leurs connaissances en vocabulaire. "Il faudrait sans doute des interventions individuelles et intensives auprès de ces enfants", jugent les chercheuses. Et de conclure avec prudence : "Est-ce que la danse contribue au développement du vocabulaire ? Cela semble être le cas pour les enfants ayant déjà un bagage de vocabulaire. Il faudrait poursuivre et mettre sur pied une étude avec un groupe contrôle qui ne danserait pas pour le vérifier".

Compte rendu de la recherche

Texte intégral dans les Nouveaux c@hiers de la recherche en éducation, Volume 17, numéro 2, 2014 (31 pages)

Extrait de touteduc.fr du 22.03.16 : De la danse pour apprendre du vocabulaire ? (étude)

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