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Présidentielle. Les propositions d’Emmanuel Macron pour l’éducation prioritaire (site En Marche !) Commentaires

2 mars 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Pour une école qui garantisse la réussite de tous et l’excellence de chacun.
Face aux multiples défis auxquels la France et les Français sont confrontés, l’école est le combat premier. Seule l’éducation pourra garantir la cohésion sociale et la prospérité de la France, offrir à chacun la possibilité de se réaliser grâce à une école plus juste et plus soucieuse de l’accompagnement comme de l’orientation de chaque élève.
Les élèves sont trop souvent les oubliés des réformes de notre Education Nationale. Notre principal objectif, celui qui doit présider à toute décision, c’est donc avant tout la réussite et l’épanouissement de chaque élève.

 

[...] Objectif 1 : Donner la priorité à l’apprentissage des fondamentaux "lire, écrire, compter" dans le pré-scolaire, en maternelle et au primaire.

Aujourd’hui, de trop nombreux élèves quittent l’école primaire sans maîtriser les fondamentaux ; plus grave encore, ceux qui éprouvent des difficultés sont souvent condamnés dès le plus jeune âge à l’échec scolaire.

Demain : un accompagnement renforcé et une individualisation des apprentissages, dès la maternelle, afin de donner à chacun la possibilité de réussir.

Nous maintiendrons un rythme élevé de création de places en crèche.

Pour que les couples soient à égalité face aux modes de garde des enfants et empêcher les passe-droits, nous obligerons les communes à publier en ligne leurs critères d’attribution des places de crèche, puis à mettre en place systématiquement un système de cotation des demandes.

Nous orienterons progressivement les critères d’attribution vers des règles plus équitables et modulerons les financements nationaux selon le poids accordé par la commune aux critères sociaux.

Nous diviserons par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en REP et REP+, mesure la plus importante prise en faveur de l’éducation prioritaire depuis la création des ZEP en 1981.

Les difficultés qui se manifestent dès le début du primaire, entravent souvent durablement les parcours des élèves. La division de la taille de classe pour les élèves qui en ont le plus besoin peut enrayer cette dynamique.
12 000 enseignants porteront ce projet. Nous réussirons en réorientant entre 6 000 postes à 10 000 postes des 60 000 postes créés au cours du quinquennat actuel. Par ailleurs, à l’échelle du quinquennat, nous créerons entre 4 000 postes et 5 000 postes.

 

Objectif 2 : Renforcer l’accompagnement et les dispositifs d’orientation au collège et au lycée.

Aujourd’hui : le collège échoue trop souvent à corriger les inégalités apparues dès l’école primaire, et de trop nombreux jeunes quittent l’enseignement secondaire sans diplôme ou souffrent de mauvais choix d’orientation.

Demain : le collège et le lycée offriront des parcours beaucoup plus individualisés pour les élèves et leur orientation sera bien plus informée.

Nous proposerons à tous un accompagnement après la classe. Une part importante des inégalités scolaires se joue en effet en dehors de la salle de classe. Le risque du développement d’une école à deux vitesses bafoue les fondements de nos principes républicains. Au collège, nous reviendrons donc sur l’abandon, en 2015 (hors zones prioritaires), du dispositif d’accompagnement éducatif après la classe.

Nous proposerons, comme en primaire, des stages de remise à niveau pour les collégiens les plus en difficulté.

Nous remettrons des études dirigées partout dans les établissements.

Nous mobiliserons les enseignants, des retraités volontaires et des étudiants. Dans le parcours de tous les étudiants de France, il y aura un trimestre dédié à cette activité.

Nous formerons, sur la durée du quinquennat, 1 million de jeunes aujourd’hui sans qualification ni activité.

Nous financerons cela dans le cadre du plan d’investissement.

 

Objectif 3 : Garantir à chaque jeune Français une insertion professionnelle réussie.
[...] Nous ferons un effort massif pour l’apprentissage. Nous développerons les périodes de pré-apprentissage, et les filières en alternance dans tous les lycées professionnels. Nous impliquerons pleinement les branches professionnelles dans la définition des programmes et l’organisation des formations. [...]

 

Objectif 4 : Mieux accompagner les enseignants : dès leur entrée dans le métier et durant l’ensemble de leur carrière.

Aujourd’hui : les enseignants se sentent insuffisamment préparés, débutent souvent dans des établissements ou des conditions difficiles et souffrent d’un manque de confiance comme de reconnaissance.

Demain : les enseignants débuteront dans de meilleures conditions et seront mieux formés, car ce sont là les conditions nécessaires à plus grande réussite de tous les élèves.

Nous n’affecterons plus aucun professeur (hors choix motivé) en zone prioritaire pendant ses 3 premières années d’enseignement.

Les jeunes enseignants sont sur-représentés dans l’éducation prioritaire, et cela a même augmenté ces dernières années. Comment accepter que les enseignants les moins expérimentés soient chargés de faire réussir les élèves qui rencontrent les plus grandes difficultés ?

Nous reconnaîtrons mieux l’engagement et la contribution des enseignants exerçant en REP+ (zones prioritaires).

Il n’est plus acceptable que les territoires où la difficulté sociale et scolaire se concentre soient confrontés chaque année à l’impossibilité de recruter des enseignants : parce qu’il faut reconnaître cette difficulté et y répondre, les enseignants, du premier et du second degré, qui exercent en REP+ seront mieux accompagnés et recevront une prime annuelle supplémentaire de 3 000€ nets.

« Il faut des professeurs plus expérimentés dans les zones difficiles. »

 

Objectif 5 : Renforcer et encourager l’autonomie des établissements pour favoriser l’adaptation aux besoins de leurs élèves et aux situations locales et stimuler l’innovation.

Aujourd’hui : les chefs d’établissement et les équipes pédagogiques bénéficient de peu de latitude pour individualiser les parcours et s’adapter au contexte local. Une part d’autonomie existe mais, en pratique, les nombreuses circulaires et instructions entravent largement les marges de manœuvre et ils ne sont pas suffisamment accompagnés.

Demain : les chefs d’établissements et leurs équipes auront davantage de liberté dans l’élaboration de leur projet pédagogique, en contrepartie d’une responsabilisation accrue et d’une évaluation plus régulière.

Nous donnerons l’initiative aux établissements : concrètement, cela signifiera :

Pour les écoles primaires, laisser aux communes – en lien étroit avec les écoles de leur territoire – le soin d’organiser le temps périscolaire sans contrainte. Nous laisserons aux écoles une autonomie pédagogique et une autonomie de recrutement.
[...] Nous accompagnerons l’autonomie des établissements de diagnostics réguliers et si besoin de mesures d’accompagnement spécifiques.

Chaque collège et chaque lycée bénéficiera d’un diagnostic tous les 3 ans. Celui-ci portera sur l’ensemble des missions d’un établissement (enseignement, progrès des élèves, projets pédagogiques, infrastructures...). Il mobilisera l’équipe de direction conduite par le chef d’établissement, l’équipe pédagogique, les parents et les élèves seront également entendus.Les éléments de ce diagnostic pourront être opposables au ministère ou aux collectivités dans le cadre des engagements qui sont les leurs auprès des établissements.

 

Objectif 6 : Renforcer la relation avec les parents et encourager l’implication de bénévoles et d’associations.

Aujourd’hui : le milieu scolaire est encore souvent perçu comme une boîte noire par les parents et la coordination avec toutes les bonnes volontés (bénévoles, associations) n’est pas toujours aisée.

Demain : l’école sera plus ouverte aux parents, aux bénévoles et aux associations.

« Il faut ouvrir l’école aux parents. On se plaint que les parents démissionnent. Chiche ! »

Nous favoriserons un lien de confiance renouvelé par une place plus grande donnée à l’échange avec les parents, en généralisant notamment l’expérience de la « mallette des parents  ». Cette initiative facile à mettre en place – trois réunions annuelles – permet de renforcer la place des parents et a une influence positive sur les résultats scolaires et le comportement des élèves.

Nous mobiliserons, en maternelle, des jeunes engagés dans le cadre du service civique, afin d’appuyer les professeurs, particulièrement pour la maîtrise du langage.

Les exemples d’associations comme « Lire et faire lire » ou l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) ont démontré la pertinence du recours à des bénévoles pour accompagner les enfants dans l’apprentissage de la lecture.

Nous encouragerons une grande mobilisation inter-générationnelle pour la réussite scolaire par l’implication de bénévoles (notamment étudiants et retraités) dans le soutien des élèves après la classe et nous soutiendrons les associations dédiées.

Extrait de enmarche.fr du 02.03.17 : Education

 

Voir aussi la page 16 du programme sur le site "En marche ! "

Les mêmes chances pour tous nos enfants La France a été faite par tous
ceux qui, génération après génération, ont porté notre pays à chaque fois un peu plus loin. [...]

16 Nous donnerons la priorité à l’école primaire pour que tous les élèves sachent lire, écrire et compter en arrivant en 6e
. Nous interdirons l’usage des téléphones portables dans l’enceinte des écoles primaires et des collèges.
Nous donnerons plus d’autonomie aux équipes éducatives.
Elles seront suivies et évaluées. La formation des enseignants sera adaptée à ce nouveau cadre.
Nous limiterons à 12 élèves par enseignant la taille des 12 000 classes de CP et de CE1 en zone prioritaire.
Ces enseignants recevront une prime annuelle de 3000 euros nets. Et ils seront plus expérimentés : d’ici 2022, ceux affectés en zones prioritaires auront au moins 3 ans d’ancienneté.
Nous rendrons possible le rétablissement de parcours bi-langues au collège, de parcours européens et d’un véritable enseignement du grec et du latin.
Nous proposerons à tous un accompagnement après la classe.
Au collège, nous rétablirons les études dirigées après la classe grâce à des bénévoles
(étudiants et retraités).
Nous moderniserons le baccalauréat.
Il y aura désormais 4 matières obligatoires à l’examen final. Les autres seront validées par un contrôle continu.
Nous renforcerons l’autonomie des universités.
Elles pourront recruter leurs enseignants et définir leurs formations. Nous ouvrirons
80 000 places dans les filières professionnalisantes.
Nous demanderons à chaque lycée professionnel et université de publier ses résultats (débouchés, salaires, etc.) sur les 3 dernières années.
Nous construirons 80 000 logements pour les jeunes.
Nous ouvrirons les bibliothèques en soirée et le week-end.
Nous créerons un « Pass Culture ».
Il permettra à chaque Français de 18 ans d’effectuer 500 euros de dépenses culturelles (cinéma, théâtre, livres...).
Nous ne retirerons pas un euro au budget du ministère de la Culture.

 

COMMENTAIRES

Macron : Un programme éducatif peu cohérent
Préféré des enseignants, Emmanuel Macron a présenté le 2 mars son programme. Difficile de dégager une logique dans un programme où les préconisations peuvent s’opposer. Le meilleur point, la baisse réelle du nombre d’élèves en éducation prioritaire au cycle 2, s’opposant a ce qui semble être le pire, la mise en concurrence ouverte des établissements et des écoles. E Macron promet de défaire en partie la politique menée depuis 2012. L’Ecole a-t-elle vraiment besoin d’un nouveau "stop and go" ?

Chouchou des enseignants, Emmanuel Macron est crédité, selon le Cevipof, de 29% des intentions de vote au premier tour, ce qui est davantage que dans les autres catégories de la société. Cela le met devant B Hamon (25%), JL Mélenchon (16%), Fillon (15%) et Le Pen (8%).

Peut-être est ce pour cela que l’éducation tient une place à part dans le programme d’E Macron : " Le premier chantier sera celui de l’éducation et de la culture", dit-il, mettant en avant le souci de cohésion nationale.

Autonomie des établissements
La mesure phare du programme d’E Macron c’est l’autonomie des écoles et établissements. "Aujourd’hui : les chefs d’établissement et les équipes pédagogiques bénéficient de peu de latitude pour individualiser les parcours et s’adapter au contexte local... Demain : les chefs d’établissements et leurs équipes auront davantage de liberté dans l’élaboration de leur projet pédagogique, en contrepartie d’une responsabilisation accrue et d’une évaluation plus régulière", dit-il. Jusqu’où irait l’autonomie ? Peut être jusqu’au recrutement des enseignants et des élèves et l’organisation des enseignements. Comme les "équipes pédagogiques" n’ont pas d’existence légale, l’autonomie sera-t-elle surtout celle des chefs d’établissements et directeurs ? [...]

Selon le programme, les communes pourront organiser librement le temps scolaire, ce qui leur donnera la latitude de revenir sur la réforme des rythmes et sans doute sur le nombre de jours de classe.

Extrait de cafepedagogique.net du 03.03.17 : Macron : Un programme éducatif peu cohérent

 

C’est jeudi 2 mars qu’Emmanuel Macron a présenté son programme dans la presse et sur son site. Ce qui ressort de ses propositions sur l’Éducation me semble peu lisible et c’est bien dommage. Alors qu’on a martelé le terme de « projet », on se retrouve avec un catalogue disparate et des signaux contradictoires. “Savoir lire, écrire et calculer” devrait s’appliquer aussi aux propositions d’En Marche.
Ce programme laisse également beaucoup de questions sans réponses. On peut aussi déplorer que l’essentiel des commentaires, comme trop souvent dans les questions éducatives, se focalise sur des aspects secondaires. Ici c’est le téléphone portable qui remplit cette fonction. Et cela brouille... le message...

[...] Curieusement sur la page Éducation du site de En Marche, à aucun moment il n’est mentionné cette histoire de portable... Et cette page de site est bien plus intéressante que le livret qui a été mis en ligne (et dont j’ai extrait la page sur l’éducation) et les commentaires qui en ont découlé...
Mais surtout, on voit là avec cet exemple, comme avec le détricotage de la réforme du collège ou des rythmes, l’expression d’une stratégie politique, certes pensée et même calculée, mais qui tend à faire perdre au “projet” sa cohérence d’ensemble.
“En marche”, mais avec des pas en avant et des pas en arrière...

Extrait de philippe-watrelot.blogspot.fr du 04.03.17 : En marche et l’école : un pas en avant, un pas en arrière

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