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Archive. L’expérimentation d’une réduction des effectifs en CP réalisée en 2002 dans des classes très défavorisées a eu des effets limités, "vraisemblablement dus à des effets de contexte ou aux pratiques de leurs enseignants, mais non pas à la taille de leurs effectifs (Note d’évaluation, DEPP, avril 2003)

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L’expérimentation d’une réduction des effectifs en cours préparatoires

Note Evaluation, avril 2003

À la rentrée 2002, une centaine de cours préparatoires accueillant surtout des élèves défavorisés ont expérimenté les effets d’une réduction de leurs effectifs à 8-12élèves.
Au cours et à la fin de l’année de CP, les élèves de ces classes ont un peu plus progressé que leurs camarades de classes comparables, mais les inégalités de départ n’en sont pas réduites et, une fois en CE1, ces élèves ont des performances équivalentes aux autres.

Les effets de la réduction des effectifs sur les pratiques d’enseignement sont limités :
il n’y a pas de différences significatives entre celles des maîtres des CP à effectifs réduits et leurs collègues, et une extrême diversité des pratiques est constatée chez les uns comme chez les autres.

Ainsi, s’il y a eu des classes dans lesquelles les élèves ont plus progressé que dans d’autres ; ceci est vraisemblablement dû à des effets de contexte ou aux pratiques de leurs enseignants, mais non pas à la taille de leurs effectifs

Extraits

[...] Certains élèves profitent-ils de la réduction des effectifs ?
Du point de vue de l’équité,une analyse plus fine montre que les différences de performances finales entre les élèves sont – dès les évaluations de mars et de juin 2003 – majoritairement dues au niveau initial de ces élèves à l’entrée en CP, puis dans une moindre mesure au fait d’être un redoublant de CP et enfin au type de classe à effectifs réduits ou habituels. Ainsi, les élèves ayant redoublé leur CP progressent significativement moins que les autres. À score initial égal, ils ont, en juin 2003, un score inférieur de 9,5 points à celui des élèves « à l’heure ».
En outre, la réduction des effectifs des classes de CP ne profite pas plus aux élèves les plus défavorisés qu’aux autres, et ne permet pas de réduire les écarts liés aux caractéristiques socio-démographiques qui existent entre élèves à l’entrée au CP.
Enfin, les caractéristiques individuelles telles que le sexe, le trimestre de naissance, le
milieu socio-économique, la fratrie et même la langue parlée à la maison n’ont pas – sur la période étudiée – d’impact significatif sur les progrès des élèves.

Au total, si l’on constate bien au cours et en fin de l’année de CP, un faible effet sur la progression des élèves, effet qui pourrait être dû à la diminution des effectifs, cet effet n’apporte rien en termes d’équité et,surtout,il ne semble pas durable. Une fois que les élèves sont passés en CE1, leurs performances ne sont pas différentes de celles de leurs camarades qui ont fréquenté des CP à effectifs habituels.

[...] Quel bilan peut-on tirer de l’expérimentation ?
Dans les conditions qui ont été celles de l’expérimentation (sélection non aléatoire de
classes situées dans des milieux particulièrement défavorisés, autonomie des enseignants en matière d’évolution de leurs pratiques pédagogiques), l’ensemble de ces constats doivent conduire à estimer qu’une réduction de la taille des classes des CP est, à elle seule, d’un intérêt pratiquement nul.

En effet, consacrer des moyens (importants) à cette diminution pour n’obtenir qu’un léger avantage en termes d’acquis en fin de CP, avantage qui disparaît ensuite, et n’en tirer aucun bénéfice indirect en termes de baisse des redoublements, alors que les redoublements en début d’enseignement élémentaire sont pénalisants pour les élèves concernés et pour le système éducatif, apparaît peu efficace.
Mais, trois questions, aumoins ,restent posées quant à l’interprétation desrésultats de l’expérimentation. Tout d’abord, les classes sélectionnées étaient dans une situation particulièrement difficile : forte proportion de non-francophones, concentration de catégories sociales défavorisées, etc. Ces conditions étaient peut-être trop "extrêmes » pour qu’une diminution des effectifs puisse – à elle seule –
produire les résultats qu’elle pourrait peut-être avoir dans une situation moins difficile.
Ensuite, on a souligné à plusieurs reprises qu’il fallait sans doute un temps d’adaptation pour permettre aux enseignants et aux élèves de tirer parti d’une diminution d’effectifs ; une seule année d’observation en CP est peut-être une période trop courte pour que des effets positifs puissent se manifester. Enfin, l’effort
de diminution des effectifs a, dans cette expérimentation, été limité au seul cours préparatoire, alors que certains travaux pourraient inciter à étendre l’expérience aux cours élémentaires, toujours en milieu défavorisé.
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Extrait de education.gouv.fr d’avril 2003 : L’expérimentation d’une réduction des effectifs en cours préparatoires

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