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Points de vue sur le "Devoirs faits" (dossier) : Bruno Suchaut (chercheur) , J.-M. Zakhartchouk (Cahiers pédagogiques), SGEN-Cfdt (les 5 conditions de la réussite), Unsa...

1er juin 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Bruno Suchaut : Aide aux devoirs : Il faut prendre le temps de penser le dispositif

Annoncée le 25 mai par Jean-Michel Blanquer, la nouvelle aide aux devoirs, appellée "Devoirs faits", sera proposée obligatoirement par tous les collèges. Le ministre envisage une possible extension à l’école. Il propose de la confier à des enseignants comme à des assistants d’éducation ou des associations. Mais cette forme d’aide est-elle efficace ? Et à quelles conditions ? Bruno Suchaut, directeur de l’Unité de recherche pour le pilotage des systèmes pédagogiques du Canton de Vaud, revient sur ces questions. Pour lui il est urgent de prendre le temps de réfléchir au dispositif que l’on veut créer.

L’idée d’instaurer un temps d’étude pour faire les devoirs à l’école ou au collège revient régulièrement, pratiquement à chaque alternance. Mais elle n’est jamais totalement et durablement mise en place. Pourquoi ?

La question des devoirs à la maison est un sujet important aussi bien pour les enseignants que les parents. Et cela dans tous les pays, pas seulement en France Les acteurs de l’école accordent une grande importance aux devoirs.

En effet on se souvient de "l’accompagnement éducatif" décidé par X Darcos en 2007 dans 1000 collèges puis en principe généralisé. En réalité la mesure a été très peu appliquée.

Si ça revient tout le temps c’est que, pour autant que les ministres prennent en compte les recherches, on sait qu’il y a un lien positif entre le temps passé à faire ses devoirs et la réussite scolaire. Là dessus on a des résultats solides particulièrement pour le collège.

Ainsi Pisa a pu chiffrer l’impact du temps passé aux devoirs. En Allemagne, par exemple, chaque heure consacrée aux devoirs correspond à 16 points en plus en maths. Il y a donc un vrai consensus sur l’utilité des devoirs.

Le débat porte plutôt sur la mise en place. Faut-il mettre en place ces heures d’études uniquement dans les établissements où les familles ont besoin de cette aide ou la généraliser ? Avec quel type de personnel ? Ce qui est certain c’est que c’est un instrument de réduction des inégalités. [...]

Extrait de cafépédagogique.net du 01.05.17 : Bruno Suchaut : Aide aux devoirs : Il faut prendre le temps de penser le dispositif

 

Le dispositif "devoirs faits" annoncé par le nouveau ministre de l’Education nationale pose la question de la place et de l’efficacité de l’accompagnement éducatif dans le système scolaire, et le débat ne date pas d’hier. Mise au point.

Dispositif "devoirs faits" et accompagnement L’annonce du dispositif « devoirs faits » par le nouveau Jean-Michel Blanquer semble nous renvoyer une décennie en arrière avec celui des « orphelins de 16 heures » puis de l’accompagnement éducatif. Pour le Sgen-CFDT, si « devoirs faits » se résume, comme son nom semble l’indiquer à de l’aide aux devoirs type Acadomia ou à des ateliers sans lien avec les contenus pédagogiques de la classe, il risque fort de n’avoir qu’un effet limité sur la réussite des élèves.
Il est essentiel de définir les conditions dans lesquelles ce dispositif pourrait se révéler pédagogiquement pertinent pour les élèves.
Trois travers à éviter
Reporter sur ces heures toute l’aide au travail et l’accompagnement des élèves

Le premier travers à éviter serait le report sur ces heures de tout l’aide au travail et l’accompagnement des élèves, au cœur de la classe ou dans des groupes plus restreints dans le cadre, par exemple, des Activités pédagogiques complémentaires – APC en primaire ou de l’Accompagnement personnalisé – AP et des Enseignements pratiques interdisciplinaires – EPI en collège. On externaliserait hors du temps scolaire ce qui relève aujourd’hui incontestablement de la professionnalité enseignante, et ce serait un retour en arrière inacceptable.

Concurrencer des dispositifs existants
Le second écueil serait celui de la mise en concurrence avec les dispositifs existants mis en place notamment dans le cadre des Projets éducatifs territoriaux – PEDT ou des Temps d’activités périscolaires – TAP.
La réforme des rythmes scolaires a permis dans la plupart des communes une organisation du temps éducatif en lien avec les associations et les partenaires de l’école. Il ne faudrait pas qu’au nom du fait que « l’école doit être son propre recours » on détricote l’existant.

Le problème est identique en éducation prioritaire REP – REP+ où l’accompagnement éducatif, toujours en place, permet non seulement l’aide au travail scolaire mais aussi l’ouverture culturelle indispensable à chacun.

Financer le nouveau dispositif au détriment de dispositifs existants
Enfin c’est la question du financement, dans un cadre budgétaire contraint, qui doit interroger : quel moyens seront utilisés ? S’agira-t-il de ceux utiliser par exemple pour les dédoublements et l’interdisciplinarité en collège ? Ou ceux dévolus à l’accompagnement éducatif ? Est-on sûr que ce soit le meilleur moyen de faire face aux difficultés des élèves ?
Cinq conditions de réussite

Pour le Sgen-CFDT, les conditions de la réussite de ce dispositif sont :
une réelle articulation entre le projet d’école ou d’établissement, l’équipe pédagogique de la classe et l’offre éducative de l’accompagnement éducatif,
un dialogue privilégié entre l’équipe éducative, l’élève et sa famille,
un suivi rapproché de l’offre effective éducatif,
une évaluation de la plus-value éducative et pédagogique des activités proposées et la capacité à faire évoluer celles-ci, y compris en cours d’année ;
une souplesse d’organisation suffisante pour s’adapter aux besoins des élèves tels qu’ils apparaissent au fur et à mesure de l’année et pour individualiser les parcours, ce qui suppose une souplesse budgétaire

Extrait de sgen-cfdt.fr du 31.05.17 : Le dispositif « devoirs faits », une perspective d’avancée ou un retour vers le passé ?

 

Devoirs à l’école : "On moralise ce qui ne doit être qu’un moment d’apprentissage" (Jean-Michel Zakhartchouk)

Je parle ici en tant qu’ancien professeur de collège en éducation prioritaire qui a toujours donné des travaux personnels à effectuer à ses élèves et militant associatif qui continue à titre bénévole à aider des collégiens volontaires. Je voudrais que l’on puisse débattre de façon dépassionnée d’une question trop souvent "théologique", où on perd de vue les vrais objectifs de l’école.

Premier problème : la faisabilité de ce qui est prévu par le ministre. S’agit-il à l’école primaire de revenir au dispositif Bayrou qui consistait à terminer la journée de classe par une demi-heure d’études dirigées où on récapitulait et consolidait ce qui avait été travaillé dans la journée ? S’agit-il en collège de revenir à l’accompagnement éducatif qu’un ministre précédent avait osé appeler "dispositif pour les orphelins de 16h" ?

Ces heures devront être massives" [...]

Extrait de lexpress.fr du 30.05.17 : Devoirs à l’école : "On moralise ce qui ne doit être qu’un moment d’apprentissage"

Devoirs faits à l’école et au collège
Jean-Michel Blanquer est revenu aussi sur le dispositif "devoirs faits" annoncé dans Le Point le 25 mai. Il a rappelé que cela concerne le collège mais "dans le futur pourrait s’étendre au primaire". "Il y aura obligation partout de proposer" le dispositif, a-t-il précisé.

Le ministre a aussi indiqué qui ferait cet accompagnement. Ce pourra être des enseignants payés en heures supplémentaires, des assistants d’éducation ou des bénévoles d’associations. Evidemment ces 3 solutions n’ont pas le même coût. Elles n’ont pas non plus la même efficacité.

Extrait de cafepedagogique.net du 31.05.17 : JM Blanquer évoque un potentiel retour du redoublement

 

Jean-Michel Blanquer annonce la mise en place de dispositifs d’études dirigées dès septembre, une promesse du candidat Macron.

[...] Mais accompagné par qui ? Comment ? Et quand ? Le détail de la mesure reste à préciser, alors même que ses « premières applications » sont promises en septembre. « Je vais écouter les acteurs pour affiner ce processus. On va s’adapter à chaque cas », a promis le ministre dans Le Point, en citant l’exemple d’« études dirigées de 16 heures...

En savoir plus sur lemonde.fr du 30.05.17 : http://www.lemonde.fr/education/art...

 

Devoirs bientôt faits à l’école : « La mesure ne doit pas s’arrêter à un coup de com »

Stéphane Crochet, secrétaire général de l’Unsa, réagit à la proposition du ministre de l’Education de créer des études dirigées dans les établissements dès la rentrée…

Si Stéphane Crochet trouve que la mesure est efficace pour réduire les inégalités, encore faut-il qu’elle soit bien travaillée en amont.
Beaucoup de questions demeurent sur l’encadrement de ces études dirigées, leur caractère obligatoire ou non, la manière dont elles seront financées.
Le calendrier de mise en œuvre de la mesure lui semble un peu ambitieux.

Extrait de 20minutes.fr du 28.05.16 : Devoirs bientôt faits à l’école : « La mesure ne doit pas s’arrêter à un coup de com »

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