> 9 - POLITIQUE DE LA VILLE > TYPE DE DOCUMENT (Politique de la Ville) > Politique Ville (Rapport officiel) > 2 rapports sur les mobilités résidentielles : - Rapport 2018 de (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

2 rapports sur les mobilités résidentielles : - Rapport 2018 de l’Observatoire des territoires (Cget) - Une France en morceaux (Institut Montaigne) : 4 catégories de populations

8 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

RAPPORT 2018 DE L’OBSERVATOIRE DES TERRITOIRES
Les mobilités résidentielles passées à la loupe…

Quels sont les impacts territoriaux des mobilités résidentielles, en France ? Le rapport 2018 de l’Observatoire des territoires analyse ces mouvements et identifie certains enjeux qu’ils soulèvent pour la cohésion sociale et territoriale. Et nouveauté, cette année, le rapport – présenté à la presse, le 22 février, par Pierre Mirabaud, président du conseil d’orientation de l’Observatoire des territoires, et par l’équipe de l’Observatoire – s’accompagne d’un outil interactif de diagnostic territorial et d’une synthèse immersive pour permettre à tous de mieux appréhender les données de l’étude.

Les mobilités résidentielles participent d’une lente transformation des territoires français et contribuent, notamment, à accentuer ou à atténuer leur dynamisme démographique. Aux échelles régionales et départementales, les disparités de dynamisme migratoire sont de plus en plus fortes. Au contraire, à l’échelle locale, les écarts se réduisent entre les différents types de territoires (pôles urbains, espaces périurbains ou communes rurales), sous l’effet d’un mouvement de desserrement de la population, mais leur spécialisation sociale s’accroît. Le rapport 2018 de l’Observatoire des territoires dévoile ainsi les différentes facettes des mobilités résidentielles dans notre pays.

Une mobilité de proximité et des effets contrastés
Le rapport révèle quelques caractéristiques de la mobilité en France. « Une idée reçue voudrait que les Français soient peu mobiles. C’est à la fois vrai et faux : chaque année, un peu plus d’un Français sur dix change de logement, mais ce taux de mobilité est supérieur à la moyenne européenne (11 % contre 9 % par an), expose l’équipe de l’Observatoire. Plus des deux tiers de ceux qui déménagent se réinstallent dans le même département. L’ancrage territorial reste bien le phénomène majoritaire. »

Mais, à y regarder de plus près, l’étude montre d’importantes différences selon les profils et les tranches d’âge. « Les 40-55 ans, les personnes pas ou peu diplômés, les ouvriers et les employés ont plutôt tendance à rester dans un périmètre de proximité, indiquent les auteurs. À l’inverse, les jeunes, les cadres et les individus les plus diplômés parcourent de plus longues distances quand ils déménagent. » L’explication ? « En cause notamment, les effets différenciés de la mobilité géographique sur le parcours : pour les jeunes et les diplômés, un changement d’aire urbaine ou de département de résidence semble s’accompagner d’un meilleur accès à l’emploi. Pour les individus plus âgés et moins diplômés, c’est l’inverse : déménager débouche plus souvent sur une situation de chômage ou d’inactivité », poursuivent-ils.

Consulter l’intégralité de l’étude sur les mobilités résidentielles : le rapport 2018, sa synthèse au format interactif et l’outil de diagnostic territorial sont accessibles sur le site de l’Observatoire des territoires du CGET.
Les cartes sont en ligne dans la cartothèque du CGET.

Extrait de observatoire-des-territoires.gouv.fr du 22.02.19 : Les mobilités résidentielles en France.

 

QUESTIONS SOCIALES
Aux sources de la fracture sociale : portrait d’une France en morceaux

Par Bruno Cautrès
CHERCHEUR AU CNRS ET AU CEVIPOF

Mardi 19 février dernier, l’Institut Montaigne et Elabe ont rendu public le Baromètre des Territoires 2019 : La France en Morceaux, une enquête inédite réalisée auprès de 10 010 Français. Celle-ci permet de mettre en lumière des dynamiques sociales et territoriales nouvelles, dans un contexte marqué par les mouvements sociaux et l’approche des élections européennes et municipales. Que retenir de ce baromètre ? Comment a-t-il été pensé et réalisé ? Entretien avec Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof et artisan de ce baromètre.

Comment ont été définis les quatre portraits de Français que dresse le baromètre La France en Morceaux ?
L’enquête que nous avons réalisée comporte un très grand nombre d’indicateurs d’opinions et notamment tout ce qui concerne le rapport des Français au territoire et à la mobilité, à la fois géographique et sociale. Une telle masse de données, portant sur un grand nombre d’individus (10 010 répondants), ne peut être analysée sans recourir à de puissantes méthodes d’analyses des données. Les techniques de ce que l’on appelle "l’analyse géométrique des données" ont été utilisées pour condenser toutes ces informations : nous avons fouillé en profondeur notre base de données pour découvrir les groupes ou les paquets d’individus dont les profils de réponses étaient similaires ou proches. C’est ainsi que nous avons mis à jour que le rapport des Français au territoire et à la mobilité pouvait se décliner en quatre versions ou groupes. Cette typologie repose sur la découverte de deux grandes dimensions qui structurent toutes ces données : la mobilité est-elle un choix ou une contrainte ? A-t-elle pu être réalisée ou pas ?

A partir de toutes ces données d’opinions, nous avons mis à jour quatre catégories auxquelles nous avons donné un nom qui résume le profil de chaque groupe.

Les "Affranchis" (21%) pour qui la mobilité est positive et s’inscrit dans un détachement vis-à-vis du territoire. Il s’agit de personnes affranchies des contraintes territoriales et sociales, avec un important capital social et culturel qui leur permet de saisir les opportunités de mobilité.
Les "Enracinés" (22%) qui ont fait le choix d’un enracinement dans leur territoire. Ils sont heureux de "vivre au pays", dans un cocon local avec beaucoup de lien social, une sorte de bulle protectrice même s’ils sont concernés par les inégalités.
Les "Assignés" (25%) qui sont l’exact opposé des "Affranchis" : souvent dépourvus de capital économique, social ou culturel, ce sont des "assignés à résidence" qui endurent des souffrances sociales et sont coincés dans un lieu de vie ou une situation sociale difficile dont ils ne peuvent s’extraire
Les "Sur le fil" (32%) qui vivent une forte tension entre leur aspiration à la mobilité sociale et territoriale et une difficulté à s’affranchir de leur situation socio-économique et des inégalités territoriales.

Extrait de institutmontaigne.org du 28 février 2019 : Aux sources de la fracture sociale. Portrait d’une France en morceaux

Répondre à cet article