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Education populaire : l’avis adopté très largement au CESE la voit comme un outil au service de la cohésion du pays (Source ToutEduc). Avis du Café pédagogique

29 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Education populaire : l’avis adopté très largement au CESE la voit comme un outil au service de la cohésion du pays

Le Conseil économique, social et environnemental préconise "que soit nommé, de façon pérenne auprès du Premier ministre, une ou un délégué interministériel à l’éducation populaire". L’ "éduc pop" est en effet "un objet aux formes diverses" que l’Etat peine à appréhender car il est à l’inverse "construit en silos". C’est là l’une des vingt préconisations de l’avis présenté, ce 28 mai, par Christian Chevalier (Unsa-éducation) et Jean-Karl Deschamps (Ligue de l’enseignement) au nom de la "section de l’éducation, de la culture et de la communication" du CESE.

Les deux rapporteurs décrivent l’éducation populaire comme "un couteau suisse au service de la cohésion du pays", mais ils ajoutent qu’elle est guettée par son institutionnalisation et qu’elle "doit opérer sa propre mutation". Ils soulignent que "la sollicitation des structures de l’éducation populaire relève de plus en plus du pansement et de la réparation d’une société fracturée, de plus en plus inégalitaire et injuste". Ils évoquent "une forme de sous-traitance au service de l’Etat" qui passe par des appels d’offres, ce qui "limite les possibilités d’une démarche émancipatrice" puisque les associations répondent à des "commandes extérieures" à leur logique et à leur capacité d’initiative et de proposition. L’avis préconise de favoriser à l’inverse le recours aux CPO (conventions pluriannuelles d’objectifs) "comme mode de financement de leur activité".

Il rappelle que "les lois de décentralisation ont amené les collectivités locales à s’investir davantage" dans l’accès à la culture, ce qui "a eu parfois pour effet de faire disparaître ou de réduire l’intervention des mouvements d’éducation populaire" qui ont pourtant été "pendant longtemps la principale force motrice" en ce domaine.

Au moins un équipement pluridisciplinaire

Le renouvellement de l’éducation populaire nécessite des moyens, notamment d’augmenter le nombre des "postes Fonjep" qui contribuent au financement des organisations, ou "que soit maintenu le cadre fiscal spécifique aux organisations d’éducation populaire au titre du caractère désintéressé de leur gestion". L’avis préconise aussi "l’engagement d’un plan national volontariste dont l’objectif sera de faire vivre sur tous les territoires, en priorité les plus fragiles, au moins un équipement pluridisciplinaire, lieu de rencontres, de partage et de débat, en mobilisant pour cela les organisations d’éducation populaire de ces territoires".

Cela passe aussi par la "relance des PEDT (projet éducatif de territoire)" qui doivent permettre "la synergie de l’action des co-éducateurs sur leur territoire avec les établissements scolaires", et par le renforcement du "Parcours citoyen au collège et au lycée" en favorisant les partenariats entre l’Éducation nationale et l’éducation populaire. S’y ajoute "la relance des colonies de vacances et des classes de découverte par la sécurisation de leur cadre juridique et administratif et le retour à un niveau de financement public permettant le départ de chaque enfant au moins trois fois durant sa scolarité".

Soutenir la recherche et l’innovation

Les rapporteurs plaident pour "un renforcement significatif des moyens humains et financiers de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP)" et pour la création d"’un fonds de soutien à l’innovation et à l’expérimentation" tandis que "le dispositif des Fabriques d’initiatives citoyennes (devrait être) pérennisé et doté de moyens suffisants".

L’enjeu de ce rapport était "de tenter de mettre en lumière, de valoriser mais aussi d’interroger la démarche et les méthodes de l’éducation populaire, d’en démontrer la modernité, l’utilité sociale et citoyenne alors qu’au fil du temps, les politiques publiques se sont peu à peu désintéressées de cette approche". Les rapporteurs évoquent "une fragilité due, d’une part, à une nouvelle logique économique fondée de plus en plus sur la mise en concurrence par les appels à projets et d’autre part aux difficultés propres d’adaptation ou de renouvellement de ses modes d’organisation et de sa gouvernance".

L’avis est adopté par 166 voix pour, 5 voix contre (le groupe des jeunes) et 4 abstentions.

Site du CESE

Extrait de touteduc.fr du 28.05.19

 

Consulter aussi l’avis du Café pédagogique du 28.05.19 :
Christian Chevalier : Faut-il relancer l’éducation populaire ?

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