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La presse donne les grandes lignes du contenu du rapport Azéma-Mathiot qui va être remis aujourd’hui. Pas de réforme avant 2021 ?

5 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Un rapport compte revoir l’allocation de moyens de l’éducation prioritaire

De nouvelles pistes pour réduire les écarts scolaires liés aux origines sociales des élèves vont être présentées au ministre Jean-Michel Blanquer ce mardi.

A l’automne 2018, lors du lancement de la mission sur l’éducation prioritaire confiée par Jean-Michel Blanquer à Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille et Ariane Azéma, inspectrice générale, le ministre de l’éducation avait fait part de son souhait de sortir de la logique d’un système « binaire » où « si vous êtes dans l’éducation prioritaire, vous êtes sauvé et si vous n’y êtes pas, vous êtes en enfer ». La mission devait également se pencher sur la diversité des territoires, en prenant en compte le cas particulier des établissements ruraux.

Le rapport qui doit être remis au ministre mardi 5 novembre est donc très attendu, y compris parce qu’il est présenté en retard sur le calendrier annoncé : juin 2019, pour une mise en œuvre à la rentrée 2020. La refonte de la carte de l’éducation prioritaire, déjà reportée (elle était prévue pour 2019) devrait donc être encore repoussée, ce sujet sensible étant peu compatible avec le timing des prochaines élections municipales.

Selon des informations d’abord rapportées par nos confrères des Echos, le rapport Mathiot-Azéma se situera dans la continuité de la réforme engagée en 2014, qui avait vu la création des réseaux d’éducation prioritaire et des réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP et REP +). Parmi les propositions : le maintien des 350 REP +, ces réseaux qui regroupent à chaque fois un collège et une ou plusieurs écoles et dont la situation, structurellement dégradée, est peu susceptible d’évoluer. Le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans tous les REP et REP +, devrait être élargi aux écoles orphelines, ces établissements accueillant un public défavorisé mais exclues des réseaux parce qu’elles ne sont pas rattachées à un collège REP.
Crainte de disparition des REP

En revanche, les quelque 750 réseaux dits REP devraient faire l’objet d’un pilotage décentralisé par les académies. En déléguant la dotation des réseaux prioritaires aux recteurs, les auteurs du rapport espèrent créer plus de souplesse dans la répartition des moyens et permettre aux dispositifs de coller plus finement aux réalités du terrain, notamment dans les territoires où la situation scolaire s’est transformée rapidement. Le but est aussi de casser les « effets de seuil », où les établissements sont soit dans l’éducation prioritaire, soit en dehors. Difficile de savoir, à ce stade, si le rapport va jusqu’à recommander une « délabellisation » des REP, comme l’avait demandé la Cour des comptes dans un rapport en pointant ces mêmes « effets de seuil ».

Ces deux idées, celles d’un pilotage décentralisé mais aussi plus progressif, font en effet leur chemin depuis quelque temps dans la communauté éducative. Chargés d’une mission sénatoriale sur « les nouveaux territoires de l’éducation », les sénateurs Laurent Lafon (UDI) et Jean-Yves Roux (PS) ont publié le 16 octobre un rapport proposant de maintenir les REP + et de déléguer le pilotage des REP aux académies. En cela, les sénateurs reprenaient en partie les recommandations de la Cour des comptes, auteure d’un rapport sur le sujet à l’automne 2018, qui proposait de « renforcer » les REP + et de répartir plus souplement les moyens des REP.

Pour Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP), cette proposition de pilotage décentralisé revient en fait à faire disparaître de facto les REP : « S’il s’agit simplement de déléguer la gestion des fonds aux recteurs, il n’y a pas besoin d’écrire de rapport : c’est déjà le cas », fait-il remarquer. Dans la foulée du rapport sénatorial qui insistait sur une meilleure prise en compte des territoires ruraux, Marc Douaire craint de voir apparaître une « enveloppe de moyens, gérée localement, à répartir entre banlieues et zones rurales selon des équilibres locaux ».

Briser le plafond de verre des études supérieures

Car la mission Azéma-Mathiot devait également réfléchir à la situation des territoires ruraux, qui cumulent certaines difficultés sociales et des problèmes d’isolement – même si, souligne un syndicaliste, « le rapport replace la difficulté scolaire rurale à sa juste place, c’est-à-dire moins concentrée et moins structurellement dégradée que dans certaines zones urbaines sensibles ». Sur ce point, le rapport devrait contenir des propositions pour les lycéens. Il insistera sur l’accès aux internats, et sur la nécessité de briser le plafond de verre des études supérieures, en adaptant aux lycées ruraux des dispositifs de type « cordées de la réussite » déjà expérimentés dans les établissements défavorisés des grandes agglomérations.

Enfin, le rapport devrait préconiser une gestion interministérielle du sujet. Dans un article publié par le média en ligne AOC, le 11 septembre, les auteurs du rapport rappelaient que l’éducation prioritaire est « inscrite » dans « d’autres politiques » :

« Ainsi, par exemple, la décision de fermer (ou de construire) un collège ou d’en modifier la carte scolaire relève du conseil départemental. De même, la carte des QPV [Quartiers prioritaires de la politique de la ville], qui structure en large part l’éducation prioritaire, relève du ministère en charge de l’aménagement du territoire et de la politique de la ville. »

Extrait de lemonde.fr du 04.10.19

 

Vers la fin des zones d’éducation prioritaire, trop « stigmatisantes » ?

Un rapport qui sera remis ce mardi au ministre propose de sanctuariser l’aide aux écoles ultrasensibles, tout en donnant aux recteurs la possibilité d’attribuer, ou pas, des moyens supplémentaires aux autres.
L’Observatoire des zones prioritaires (OZP), une association qui regroupe des enseignants des REP, accuse tout de même le gouvernement de vouloir « liquider » le système.

Extrait de leparisien.fr du 04.10.19

 

Vers la fin des zones d’éducation prioritaire, trop « stigmatisantes » ?
Le Parisien•04/11/2019 à 21:07

Attendue pour 2019, la refonte de la carte des écoles et collèges classés en « réseau d’éducation prioritaire » (REP) n’arrivera pas avant 2021. « On mettrait le feu à le faire avant les élections municipales... », glisse un proche du dossier. C’est donc un rapport, ficelé en cinq thèmes et 25 propositions, que le ministre de l’Education nationale va se voir remettre, mardi 5 novembre, par l’inspectrice générale de l’Education nationale Ariane Azéma et le directeur de Sciences-po Lille Pierre Mathiot. La réforme sur ce qu’il convient de faire pour les établissements qui accueillent le plus d’élèves en difficulté sociale et scolaire arrivera plus tard.Mais d’ores et déjà, la question est sur la table : les zones d’éducation prioritaire valent-elles d’être maintenues ? Pas en l’état, répond le rapport Azéma-Mathiot. Les experts suggèrent, en substance, de décentraliser l’éducation prioritaire : les moyens supplémentaires ne seraient plus alloués par l’Etat, mais confiés à chaque rectorat. A lui de déterminer, localement, les écoles à soutenir et à quel niveau.Le gouvernement accusé de vouloir « liquider » le systèmeL’idée laisse planer la crainte, dans les établissements concernés, d’un désengagement pur et simple des pouvoirs publics, et, avec lui, la fin annoncée des projets et du soutien menés avec les élèves dans les classes. Au ministère de l’Education nationale, on promet que les dédoublements de classe en CP et CE1, déployés depuis deux ans, ne sont pas menacés. Le rapport Azéma-Mathiot, par ailleurs, propose de revoir les REP, mais pas les quelque 350 réseaux ultra-prioritaires (REP +), les plus sensibles. L’Observatoire des zones prioritaires (OZP), une association qui regroupe des enseignants des REP, accuse tout de même le gouvernement de vouloir « liquider » le système, sans avoir évalué au préalable les effets positifs des actions menées sur le terrain par ...
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Extrait de boursorama.com du 04.10.19

 

Revoir aussi

Le rapport Mathiot Azema sur la réforme de l’éducation prioritaire devrait être remis la dernière semaine d’octobre, a annoncé JM BLanquer le 23 octobre. Des annonces devraient suivre. Le ministre devrait aller vers le maintien des Rep+ et la suppression de la labellisation nationale des Rep au profit de cartes locales prenant en compte les zones rurales. C’est l’avenir de l’éducation prioritaire qui est en jeu.

Extrait de cafepedagogique.net du 26.10.19

 

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