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Rapport Azéma-Mathiot. Réactions syndicales (suite) : CgtEduc, Fsu, Snalc

8 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

CGT Educ’action

Rapport Azéma :
vers la liquidation de l’éducation prioritaire ?

Avec plusieurs mois de retard, le ministère de l’Éducation nationale vient de dévoiler le rapport Azéma-Mathiot sur l’éducation prioritaire et en zone rurale.

Pour la CGT Éduc’action, l’essentiel des propositions de ce rapport sont totalement inacceptables car elles sont le prolongement de la réforme de 2014 et du dispositif ECLAIR mis en place par le DGESCO Blanquer. Surtout, il s’agit ni plus ni moins de réduire l’éducation prioritaire aux seuls réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+) qui, à terme, se réduiront aux quartiers estampillés politique de la ville. Cela reviendra à généraliser les cités éducatives, dispositif dénoncé par la CGT Éduc’action, alors qu’elles ne sont qu’une expérimentation.

Pour le reste des établissements et écoles dépendant actuellement des simples REP et pour les lycées relevant avant la réforme de 2014 de l’éducation prioritaire, le rapport préconise la fin pure et simple de la labélisation nationale.

À la place, il recommande de laisser les académies mener une politique locale contractuelle partageant leurs moyens budgétaires spécifiques entre éducation prioritaire liée à des critères sociaux et traitement des problèmes liés à la ruralité, sur la seule base de projets d’école ou d’établissement.

La CGT Éduc’action dénonce un tel projet qui entrainerait une baisse des moyens attribués au traitement de la difficulté sociale.

Pire, on passe d’une logique d’attribution collective des moyens au bénéfice de dispositifs individualisés, pour les élèves à profils particuliers comme pour les personnels. Pour ces dernier·ères, le rapport préconise la fin de l’indemnité REP au profit d’une prime d’installation et d’éventuelles bonifications (indiciaires ou pour les mutations) fléchées sur les postes et non l’établissement ou l’école. Pour les lycées, s’ils sont de nouveau concernés, les moyens horaires seraient uniquement fléchés vers des dispositifs ne bénéficiant pas à l’ensemble des élèves (cordées de la réussite en LGT ou le périscolaire en LP) et les éventuelles bonifications seraient attribuées aux seuls personnels concernés par ces actions.

La CGT Éduc’action dénonce un rapport qui se situe parfaitement dans la logique de casse du statut de la Fonction publique en individualisant à outrance le régime indemnitaire, en multipliant les postes à profil et en favorisant le maintien de personnels non titulaires. La proposition d’attribution du dernier tiers de la prime REP+ promis par E Macron à la participation obligatoire au dispositif de formation à la difficulté sociale et scolaire hors temps scolaire est elle aussi symbolique. C’est bien le travailler plus pour gagner plus prôné par le président et le ministre pour réévaluer les salaires !

Pour le moment, Jean-Michel Blanquer se contente de repousser toute décision faisant de ce rapport une base de discussion. C’était déjà le cas avec le rapport Mathiot sur la réforme du baccalauréat. On connait la suite…

La CGT Éduc’action se mobilisera avec les personnels contre cette liquidation de l’éducation prioritaire et militera pour une politique volontariste donnant plus à celles et ceux qui ont le moins dans le cadre d’une carte élargie de l’éducation prioritaire, de la maternelle au baccalauréat, basée sur des critères objectifs et transparents et avec des moyens permettant la diminution des effectifs par classe partout.

Extrait de cgteucaction.fr du 07.11.19

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FSU

Éducation prioritaire : besoin d’ambition !

Lors du colloque du 2 octobre dernier qu’elle avait consacré à l’Éducation prioritaire, la FSU avait exprimé son inquiétude de voir disparaître la labellisation nationale des REP pour une gestion décentralisée confiée aux recteurs, que confirme la parution du rapport Mathiot-Azéma, ne portant aucunement l’objectif de la nécessaire démocratisation de la réussite des élèves.

Pour les personnels, dans un contexte où les conditions de travail ne cessent de se dégrader, cette perspective se traduirait par une remise en cause des indemnités et des priorités de mutation qui ne peut être acceptable. À terme, ceci entraînerait une diminution des moyens qui pèserait sur les conditions d’enseignement pour les élèves qui en ont le plus besoin.

L’évaluation de l’Éducation prioritaire ne peut se résumer à la mise en avant d’une réussite insuffisante et de risques de stigmatisation. Elle doit reconnaître les effets positifs des actions menées et chercher à les conforter et les améliorer par des moyens en adéquation aux besoins réels, notamment sur le plan de la formation des enseignants.

La dégradation de la situation sociale dans bien des quartiers de l’Éducation prioritaire demanderait que les moyens, pour toutes les écoles et établissements concernés y compris les lycées accueillant ces élèves, soient renforcés plutôt que fragilisés.

Ce n’est pas ce que semble dessiner la présentation du rapport Mathiot-Azéma faite par le Ministre de l’Éducation nationale. Pour la FSU, la politique d’Éducation prioritaire doit rester cadrée nationalement, les moyens doivent être attribués sur des critères transparents afin de garantir l’égalité.

La FSU demande que les organisations syndicales représentant les personnels soient reçues et entendues dans la perspective d’une politique ambitieuse capable de soutenir le travail des enseignant·es et des personnels au service de la réussite des élèves.

Extrait de FSU.fr du 07.11.19

 

SNALC

ÉDUCATION PRIORITAIRE : NE PAS ÉPUISER LES COLLÈGUES

Le SNALC a pris connaissance du rapport Missions territoires et réussite paru le mardi 5 novembre.

Parmi les 25 propositions émises par cette mission, certaines sont intéressantes alors que d’autres nous laissent plus que dubitatifs, notamment celle sur le devenir très flou des REP. Le SNALC s’inquiète particulièrement de la sixième mesure visant à « Adosser la troisième tranche de revalorisation de la prime REP+ à la participation au dispositif de formation à la difficulté sociale et scolaire hors temps scolaire »

Sous prétexte de valorisation de l’investissement collectif des équipes, l’heure de la fin des « vacances » a sonné. Cette dernière partie de la prime REP+ joue donc le rôle de ballon d’essai pour une destruction de nos conditions de travail et de notre statut. S’il est évoqué « la nécessité de ne pas empiéter sur le temps directement consacré à des élèves et familles », l’impasse est faite sur le temps consacré par les professeurs à la préparation des cours, et aux corrections pendant ces périodes de « vacances ».

Le SNALC, conscient des difficultés que peuvent rencontrer les professeurs en REP+, soutient l’idée d’une formation adaptée aux spécificités de ces établissements. À condition que ce soient des formations de qualité, pragmatiques, cohérentes, et surtout, SUR temps scolaire.

Extrait de . du 07.11.19->]

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