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Rapport Azéma-Mathiot (extraits de presse) : - "Blanquer se donne du temps" et "les écoles orphelines" (Le Monde) - "Un rapport qui inquiète" (Libération)

7 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Réforme de l’éducation prioritaire : Blanquer « se donne du temps »

Un rapport préconise de « sanctuariser » les réseaux les plus prioritaires et de confier la gestion de tous les autres aux recteurs d’académie

Ceux qui attendaient l’écriture d’un nouveau chapitre dans l’histoire de l’éducation prioritaire devront patienter encore. « La carte de l’éducation prioritaire ne changera pas avant la rentrée 2021 », a annoncé le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, en rendant public, mardi 5 novembre, le rapport commandé sur le sujet, il y a un an, à l’inspectrice générale Ariane Azéma et à l’universitaire Pierre Mathiot. « Nous nous donnons du temps », a insisté le ministre devant la presse ; le temps d’« une large concertation qui doit être interministérielle ».

[...] Depuis plusieurs jours, déjà, le scénario dessiné par les deux rapporteurs a largement circulé : « sanctuariser » les 350 REP +, ces réseaux d’éducation les plus prioritaires qui concentrent les difficultés sociales et scolaires, mais confier la gestion de tous les autres (soit un peu plus de 700 réseaux REP) aux recteurs d’académie, plus proches de la réalité du terrain. « Une délabellisation qui ne dit pas son nom », redoutent déjà bon nombre d’acteurs de l’école, dont le SNUipp-FSU, premier syndicat au primaire, ou l’Observatoire des zones prioritaires. « La fin d’une prise en charge nationale et collective de l’éducation prioritaire », présage-t-on au SNES-FSU.

Question des primes

C’est un « changement de paradigme » qu’ont défendu, mercredi, Pierre Mathiot et Ariane Azéma. Une évolution allant au-delà des plans de relance successifs (en 1990, 1998, 2006, 2011 et 2014) connus par l’éducation prioritaire depuis sa création, en 1981.

[...] un chiffre justifie, aux yeux de ces deux spécialistes, la refonte appelée de leurs vœux : 70 % des élèves appartenant à des familles des catégories populaires sont aujourd’hui scolarisés hors de l’éducation prioritaire. Façon de dire que le système actuel ne profite qu’à une petite frange des élèves qui devraient être concernés.

Les préconisations des rapporteurs abordent bien d’autres questions sensibles. Celle des primes par exemple, qui ne sont pas les mêmes dans les réseaux d’éducation prioritaire simples et renforcées (REP et REP +). Celle de la formation des enseignants à la difficulté scolaire. Ou encore celle de l’extension des dédoublements de classe en CP, CE1 et en grande section de maternelle dans des écoles en difficulté qui ne relèvent pas, stricto sensu, de l’éducation prioritaire.

« Le rapport est une mine d’idées qui va nous permettre de nourrir les échanges à venir, dont ceux avec les syndicats », promet le ministre de l’éducation. Un accompagnement des élèves à l’entrée en 6e pourrait être proposé dès la rentrée 2020. Le reste attendra. Sa prédécesseure, Najat Vallaud-Belkacem, avait vécu son « baptême du feu » avec la transformation des ZEP en REP, en 2014-2015. Pour M. Blanquer, ce pourrait être la dernière réforme éducative d’ampleur du quinquennat.

Extrait de lemonde.fr du 06.11.19

 

Les écoles « orphelines » privées des moyens de l’éducation prioritaire

Près de 500 établissements scolaires n’ont pas accès à ce dispositif, alors qu’ils connaissent des difficultés similaires à ceux classés en REP.

Quel est le point commun entre l’école Paul-Cézanne de Montigny-lès-Cormeilles (Val-d’Oise), l’école René-Descartes à Port-Neuf (Charente-Maritime) et l’école Fourier à Besançon ? Toutes sont des écoles dites « orphelines » : elles connaissent des difficultés sociales équivalentes à celles des écoles des réseaux d’éducation prioritaires REP et REP +, mais elles n’en font pas partie.

Extrait de lemonde.fr du 06.11.19

 

Un rapport qui inquiète

[...] Pour les auteurs du rapport, cette déconcentration permettrait d’inclure des écoles qui n’ont pas l’étiquette REP car le collège dont elles dépendent ne remplit pas les critères sociaux. Ou bien aussi des écoles et collèges localisés en zone rurale, qui de fait aujourd’hui, ne relèvent pas de l’éducation prioritaire renforcée (REP+).

Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP), est très inquiet. Interrogé la semaine dernière par les Echos, qui dévoilait cette mesure, il craint que les recteurs n’effacent la politique d’éducation prioritaire « car ils seront soumis à des pressions telles qu’elle ne sera plus prioritaire. […] On va débrancher tranquillement les REP, sans même les avoir évaluées ».
Marie Piquemal

Extrait de liberation.fr du 06.11.19

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