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Quels loisirs culturels et sportifs pour les jeunes des milieux populaires ? Une étude de l’Injep (ToutEduc)

13 février Version imprimable de cet article Version imprimable

Quels loisirs culturels et sportifs pour les jeunes des milieux populaires ? (INJEP)

Qu’entend-t-on par "territoire populaire" ? Quels goûts et pratiques des jeunes observe-t-on selon les territoires ? Les écarts éventuels sont-ils des différences de pratiques réelles, ou des écarts de représentation ? Les termes culture, loisirs désignent-ils la même chose ? En quoi les territoires déterminent-ils des modes de socialisations spécifiques ? L’INJEP vient de rendre publique, en avant-première, lors du troisième colloque annuel de l’Observatoire de la lecture des adolescents, une étude sur l’ensemble de ces thèmes. Cette étude a été conduite en 2018 auprès de jeunes de quartiers prioritaires de la politique de la Ville à proximité de Paris (Villejuif), en grande banlieue parisienne (Dammarie-les-Lys) et en région (Bourgoin-Jallieu).

Pour les jeunes interrogés, "pratiques culturelles" signifie avant tout "temps libre", par opposition au temps passé à étudier ou à travailler. Et dans la liste des activités énoncées, le sport arrive en tête, suivi par "musique, audiovisuel, lecture, pratiques artistiques, sorties". Le sport, tous disent en faire, tous relèvent l’importance des infrastructures sportives et on observe au fur et à mesure que ces adolescents avancent en âge, une exclusion progressive des filles des activités sportives de loisir.

Dans les classes populaires, la télévision conserve en termes de loisirs une place majeure, au moins aussi grande que les tablettes ou les smartphones, parce que souvent utilisées en même temps. Et, plus surprenant, la télévision demeure encore aujourd’hui un moment de regroupement familial, malgré le nombre multiple d’écrans. Quand on leur parle d’activités artistiques, ces jeunes majoritairement se dévalorisent : "je suis nul, je ne sais pas faire, …". Or, en les interrogeant, ils reconnaissent s’intéresser par exemple à la musique.

Leurs sorties ? Ce sont avant tout "faire les magasins", "aller au fastfood". Pour ce dernier point, en zone rurale les jeunes adolescents veulent pouvoir y aller, et pour eux se pose le problème du transport lorsqu’ils ne sont pas motorisés, alors que les jeunes périurbains y vont, grâce aux transports en commun.

On remarque que le "groupe de pairs" est une notion importante pour le choix d’une sortie ou d’une activité. On fait "ensemble". Serait-ce une explication à la désaffection pour la lecture, activité davantage solitaire ? Quand on leur demande, "Est-ce que vous lisez ?" En première réponse, on obtient : "Non ; j’aime pas ça !". Mais quand on creuse le sujet, ils lisent "des BD, de la science-fiction, des témoignages", ou, majoritairement pour les filles, qui sont plus nombreuses à lire que les garçons, "les textes de romance". Ce qu’ils qualifient spontanément de "livres normaux".

L’intégralité de l’étude "Goûts et pratiques chez les jeunes en milieu populaire" sera publiée et mise en ligne courant 2020.
Jacqueline Pelletier

Extrait de touteduc.fr du 06.02.20

 

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