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Vincent Léna souligne la participation active des cités éducatives à la continuité pédagogique et propose d’expérimenter un "revenu universel éducatif" sous "la forme d’une allocation différentielle ou d’actions spécifiques" (ToutEduc)

22 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Les Cités éducatives ont fait de la continuité pédagogique une priorité (V. Léna)

"La plupart des cités éducatives ont spontanément fait de l’appui à la continuité pédagogique leur priorité dans l’urgence" après la mise en place du confinement, et les solutions qu’elles ont développées sont diverses, constate Vincent Léna, coordonnateur national des cités éducatives. Le haut-fonctionnaire se demande d’ailleurs s’il ne faudrait pas instaurer, ou du moins expérimenter un "revenu universel éducatif" qui pourrait prendre "la forme d’une allocation différentielle ou d’actions spécifiques" pour "préserver les enfants des conséquences sur la réussite éducative de la pauvreté de leur famille (logement, santé, suivi personnalisé, ouverture sociale et culturelle, opportunités de parcours…)".

L’initiateur de cette forme nouvelle de partenariat de tous les acteurs de l’éducation sur les territoires les plus en difficulté tire les leçons des réponses aux questionnaires adressés aux 80 cités éducatives ainsi qu’au réseau des coordonnateurs du programme de réussite éducative (PRE).

Il en ressort notamment que "le rapprochement des acteurs a pu être plus rapide, plus efficace, du fait d’habitudes d’échanges et de travail liées à la construction de la cité éducative", mais aussi du fait "d’organisations collectives antérieures à la construction de la cité", même si une "petite minorité" n’a pas pu "s’appuyer sur le cadre collaboratif de la cité éducative, dont l’organisation n’ (était) pas encore posée". D’autres au contraire, dans le département du Rhône, n’ont pas attendu "la signature de la convention de mutualisation" entre Education nationale et préfecture pour des achats de tablettes numériques ou de forfaits téléphoniques.

En effet, "très vite est apparu l’enjeu du sous-équipement numérique de nombreuses familles des quartiers", mais également le manque "de feutres, crayons, papier, pour les enfants d’âge de maternelle". Dans sa synthèse, Vincent Léna souligne d’ailleurs la souplesse dans l’utilisation du "fonds de la cité éducative" dont dispose chaque territoire. Ils ont pu choisir de "financer des actions d’interprétariat", comme à Toulouse, ou de divers intervenants comme à Chanteloup-les-Vignes avec un "prof-express", un conteur, de la sophrologie, un contrat territoire écriture, ou des émissions de radio à Orléans, un dispositif "l’école, j’y tiens" à Evry-Courcouronnes...

"On peut constater un peu partout un mouvement spontané assez inédit des acteurs locaux en soutien de l’Ecole (...). C’est dire l’importance que revêt l’école dans les projections des familles et des acteurs." Ce sont les acteurs du PRE qui ont souvent effectué "le repérage des familles en risque de rupture scolaire" et qui ont tenté, "en plus des enseignants, de maintenir un lien avec les jeunes". Les enseignants, "jusque-là encore peu associés au projet de cité éducative (...) ont pu mesurer tout l’appui que pouvait représenter un territoire mobilisé pour leur faciliter leur rôle (...). Ils ont l’occasion de mieux percevoir les enjeux de la coéducation et le potentiel de la continuité éducative."

Les assistantes sociales et les infirmières scolaires ont pu participer à l’organisation des appels téléphoniques. "A Villiers-le-Bel, un outil collaboratif est envisagé pour centraliser les informations sur les ’familles les plus éloignées’ afin de rétablir un contact avec elles." Mais peut-être aussi pour éviter des "situations de sur-appel". Il est arrivé que "certaines familles ne souhaitent plus recevoir d’appels des enseignants". A noter, en sens inverse, "l’initiative de la psychosociologue Joëlle Bordet qui a créé un réseau d’écoutants pour les jeunes et leurs éducateurs, dans plusieurs cités éducatives".

L’auteur insiste sur l’ouverture culturelle dont "beaucoup de cités éducatives ont fait une priorité". Beaucoup de bibliothèques, médiathèques, conservatoires ou écoles de musique ont maintenu des activités à distance et ont donné un accès gratuit à l’ensemble de leurs ressources numériques. Le ministre en charge de la Ville a financé une opération "1 000 Livres pour les cités éducatives" avec l’association Biblionef et les élus de Ville & Banlieues.

L’auteur insiste également sur "les conséquences de la pauvreté et de la précarité sur les conditions d’éducation des enfants que la période de confinement a révélées" et il ajoute que "tout l’enjeu sera de prolonger cet élan pour gérer la sortie de crise, et capitaliser les acquis à partir de la rentrée". Il faudra "disposer d’une approche globale des difficultés d’éducation, incluant la question du logement, du soutien parental, de la santé, des violences familiales ou de la protection de l’enfance, jusqu’à l’aide alimentaire dans les foyers modestes". Vincent Léna définit trois axes qui structurent la vision stratégique des cités éducatives : "la maîtrise raisonnée de l’usage du numérique", les apports mutuels entre acteurs de la cité, "en particulier le couple parents- enseignant" et "la recherche de l’épanouissement de l’enfant au travers des stages ou des séjours éducatifs".

La synthèse "La continuité éducative dans les cités éducatives" n’est pas disponible sur le site du ministère.

Extrait de touteduc.fr du 21.05.20

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