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A l’issue des Etats généraux, la Fsu lance un appel pour l’éducation prioritaire (Le Café, ToutEduc)

29 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

La FSU lance un appel pour l’éducation prioritaire
"Nous sommes dans la volonté de préserver une politique de territoire". En présentant les résultats des Etats généraux de l’éducation prioritaire que la FSU a tenus dans les départements et , le 28 janvier, au niveau national, Benoît Teste, secrétaire général, marque l’opposition nette de sa fédération à la réforme de l’éducation prioritaire lancée par JM Blanquer et N Elimas. La FSU dénonce "un abandon d’une partie de la jeunesse et un renoncement à la volonté politique d’une démocratisation des savoirs".

Une politique d’établissements à la place d’une politique de territoires

"Ils jouent sur l’ambiguïté avec un discours qui dit "nous maintenons tout et on fait en plus". Mais sur le terrain ce n’est pas cela qui se passe. Il y a une volonté de resserrer l’éducation prioritaire sur les Rep+ et de contractualiser tous les autres. Mais cette contractualisation on ne sait même pas avec quels moyens elle se fera", explique Benoit Teste.

La contractualisation est au coeur de la réforme de l’éducation prioritaire lancée par N Elimas. La secrétaire d’Etat a annoncé des contrats locaux d’accompagnement (CLA) pour certains établissements à la rentrée 2021 et à la place des Rep l’année suivante. N Elimas a promis de ne pas toucher aux Rep l’année prochaine et de financer en plus des CLA. Mais elle est incapable de fixer un montant et ses propos sur le financement "en plus" ou par prélèvement sur le budget de l’éducation prioritaire varie selon les jours, voire les heures.

Ce qui est clair c’est que sous prétexte de faire entrer dans la nouvelle politique des lycées et des écoles rurales, l’Education nationale change sa politique d’éducation prioritaire (EP). Au lieu d’une politique nationale liée à des territoires où se concentrent les difficultés sociales, on aura des politiques d’établissements définis sur des critères qui restent flous mais qui ne seront pas que sociaux. Au point que l’enseignement privé catholique a annoncé qu’il y entrerait grave au feu vert donné par JM Blanquer. En s’attaquant au noyau dur des politiques nationales, le ministre fait sauter les cadres nationaux et généralise la gestion "de proximité", locale, avec des contrats inspirés du privé et où se mêleront établissements publics et privés.

La question des moyens

Cette évolution est déjà lancée. Sigrid Gérardin, co secrétaire générale du Snuep Fsu donne en exemple des lycée professionnels de Marseille. "On nous a dit que leur entrée dans l’expérimentation se fera sur critères nationaux. Mais dans deux établissements le rectorat demande des fiches action. L’entrée se fera sur projet pédagogique, les lycées étant e concurrence". Selon le Snuipp Fsu, des moyens seraient déjà prélevés dans des écoles rep+ du nord de la France.

"On ne peut pas dire qu’on va avoir le beurre et l’argent du beurre", prévient Paul Devin, secrétaire général du Snpi Fsu, le syndicat Fsu des IEN. "Les moyens attribués sont opaques et malléables selon la volonté politique. Les nouvelles perspectives se feront aux dépens des anciennes. Et ce qui se dégage c’est la diminution des critères sociaux dans leur attribution. Ce qui était le fondement même de l’EP : donner davantage à ceux qui ont moins, est remis en question".

L’appel de la Fsu

La FSU publie un appel des Etats généraux qui synthétise les réflexions des Etats généraux. "L’éducation prioritaire doit être défendue comme une condition nécessaire à une égalité scolaire pensée dans les termes d’une ambition commune pour tous les élèves", écrit la Fsu. "Le maintien d’une politique nationale, la labellisation résultant de critères transparents définis nationalement, doivent garantir l’école publique contre des instrumentalisations qui la transformeraient en prestataire de service pour des politiques locales. La contractualisation n’a pas fait, depuis les tentatives de sa mise en oeuvre, la preuve de sa capacité à dynamiser les projets. Bien au contraire, elle a renforcé des pilotages technocratiques guidés par des indicateurs illusoires et incapables d’accompagner les pratiques professionnelles quotidiennes. Il faut y renoncer. Face aux annonces d’une expérimentation sous laquelle se dessinent déjà les volontés de changements radicaux, à une volonté de diluer les moyens de l’Education prioritaires dans d’autres problématiques telles que la ruralité, la FSU affirme que la fin de l’éducation prioritaire constituerait un abandon d’une partie de la jeunesse et un renoncement à la volonté politique d’une démocratisation des savoirs et de la culture commune". Le syndicat annonce une bataille des idées.

François Jarraud

Sur la réforme : le dossier

Extrait de cafepedagogique ;net du 29.01.21

 

 

Education prioritaire : la FSU lance un appel pour sa défense
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La FSU appelle à "préserver une politique de territoire" et affirme son "attachement à une politique scolaire capable d’attribuer des moyens spécifiques aux secteurs marqués par l’inégalité sociale et économique". Elle s’oppose à la volonté du Gouvernement de "détricoter" l’éducation prioritaire. Son secrétaire général affirme que son développement est, à l’inverse, "un de ses combats". Elle réunissait (en visio) ce 28 janvier ses syndicats pour des "états généraux" de l’éducation prioritaire. L’inventivité pédagogique qui s’y déploie constitue pour elle "une richesse". Si l’éducation prioritaire n’a pas éradiqué les difficultés scolaires, "elle a au moins empêché que les inégalités ne se creusent encore davantage".

La fédération ajoute toutefois que sa position est équilibrée. Si les moyens mis en oeuvre sont spécifiques aux territoires de l’Education prioritaire, les objectifs doivent être les mêmes que pour les autres élèves le cadre doit rester national. "L’éducation prioritaire doit être défendue comme une condition nécessaire à une égalité scolaire pensée dans les termes d’une ambition commune pour tous les élèves." Benoît Teste ajoute que la FSU a parfois été "caricaturée", présentée comme "une organisation rigide", alors qu’elle "fait confiance au terrain" et qu’elle s’oppose au ministère qui privilégie "les solutions toutes faites" sur un mode "très prescriptif".

Et la FSU ne cache pas sa perplexité face aux expérimentations lancées dans trois académies (Lille, Aix-Marseille et Nantes, voir ToutEduc ici) pour toucher les élèves en difficulté mais scolarisés hors éducation prioritaire. Nathalie Elimas affirme en effet que ces CLA (contrats locaux d’accompagnement, ici) seront déployés à budget constant, mais sans toucher aux moyens dédiés aux REP et REP+, ce qui semble contradictoire. Le comité technique ministériel du 9 février pourrait être l’occasion d’avoir des éclaircissements. La FSU s’inquiète également des conditions mises à la contractualisation des établissements, notamment des lycées professionnels. L’allocation des moyens pourrait dépendre de leurs projets, ce qui reviendrait à les mettre en concurrence. La politique de contractualisation serait "à la main" des recteurs, "celui d’Aix-Marseille s’est précipité".

Pour la FSU, la volonté de "diluer les moyens de l’Education prioritaires dans d’autres problématiques telles que la ruralité" est évidente, malgré les propos qui se veulent "rassurants" tandis que la contractualisation contribue à renforcer "des pilotages technocratiques guidés par des indicateurs illusoires et incapables d’accompagner les pratiques professionnelles quotidiennes".

Elle demande au ministère de "renoncer aux injonctions autoritaristes et aux modélisations méthodologiques" et elle "s’engage à diffuser toutes les informations, notamment issues de la recherche, qui constitueront des arguments de défense de l’éducation prioritaire". Elle "se mobilisera pour préserver l’attribution des moyens spécifiques indispensables à la volonté d’une démocratisation des savoirs et de la culture commune".

Extrait de touteduc.fr du 28.01.21

 

DOSSIER
Éducation prioritaire
Nous estimons nécessaire une relance ambitieuse de l’éducation prioritaire. Elle ne saurait constituer une école à part : les établissements doivent pouvoir poursuivre les mêmes objectifs, dispenser les mêmes contenus, avoir pour leurs élèves les mêmes ambitions et exigences que les autres. Cela nécessite un horaire élève hebdomadaire plus important permettant notamment de diversifier les pratiques. Avec le SNES-FSU, nous demandons l’unification des labels (éducation nationale, politique de la ville…) et une carte large définie à partir des besoins des collèges, mais aussi des lycées, aujourd’hui exclus. Nous revendiquons l’extension de la pondération et de l’indemnité REP+ à l’ensemble des personnels de l’éducation prioritaire.

Extrait de snes.edu du 27.01.21

 

Etats-généraux de l’éducation prioritaire
Le Snes et la FSU donnent la parole aux collègues : état des lieux, cités éducatives, réforme à venir…

Malgré le confinement, la FSU a réussi à organiser des états généraux départementaux ou académiques auxquels les collègues ont massivement participé. Les chercheurs ont également répondu présent avec Elisabeth Bautier à Nancy sur les pratiques pédagogiques ou Jean-Yves Rochex sur les politiques d’éducation prioritaire en Seine Saint-Denis.

Les collègues ont échangé sur l’état des lieux de l’éducation prioritaire, dénonçant les dérives managériales, la mise en place des Cités éducatives, l’hypocrisie des dédoublements en CP/CE1 sacrifiant les autres niveaux, le manque de moyens et de personnels…

Le projet de délabellisation des REP au profit d’une politique contractuelle et les conséquences du rapport Azéma-Mathiot ont été vivement condamnés.

Les états généraux nationaux de la FSU du 28 janvier, deux jours après la grève du 26, donneront la parole aux représentants des états généraux locaux pour affirmer leurs revendications pour une relance audacieuse de l’éducation prioritaire.

Extrait de snes.edu du 27.01.21

 

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