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L’OCDE insiste sur l’insuffisance de l’Education prioritaire

14 septembre 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « L’Expresso » du 13.09.06 : L’OCDE dénonce l’inégalité sociale dans l’Ecole française

Dans les pays de l’OCDE, les élèves issus des milieux les plus défavorisés sont en moyenne 3,5 fois plus susceptibles que ceux issus des milieux les plus privilégiés d’obtenir de faibles performances en mathématiques, c’est-à-dire de se classer au niveau 1 de l’échelle PISA, voire en deçà. En France, parmi les élèves issus de milieux défavorisés, 32 % se classent au niveau 1...

Par opposition, parmi les élèves issus de milieux privilégiés, seuls 10 % se classent au niveau 1 ou en deçà. Ainsi, en France, un élève issu d’un milieu défavorisé a 4,3 fois plus de risques qu’un élève issu d’un milieu privilégié de se situer au bas de l’échelle d’aptitudes en mathématiques.
Ce chiffre se situe légèrement au dessus de la moyenne des pays de l’OCDE". Avec "Regards sur l’éducation" l’Ocde met en parallèle les résultats et les caractéristiques des systèmes éducatifs des pays membres de l’organisation. Et elle épingle la France sur l’inégalité sociale devant l’Ecole.

A vrai dire ce n’est pas la première fois. En mars 2006, Andreas Schleicher, directeur de l’éducation de l’Ocde, avait souligné cette tare française. "C’est peut-être la plus grande déception des systèmes éducatifs européens. Nombre d’entre eux font des déclarations ambitieuses sur l’équité dans l’éducation.
Mais l’étude PISA révèle que l’origine sociale joue un rôle plus fort dans les résultats scolaires en Allemagne, en France et en Italie qu’aux Etats-Unis." On observe également en France que les élèves faibles en maths ont relativement une probabilité plus grande d’avoir des difficultés également en lecture que dans les autres pays Ocde.

Après l’Unesco, qui pense que "on peut avoir l’équité et l’excellence" voilà l’Ocde qui insiste sur l’insuffisance de l’éducation prioritaire française. Le plan Ambition réussite est-il susceptible d’inverser cette situation ? On peut en douter.

Certes certains soulignent que le plan, avec le millier de professeurs référents, favorise la constitution d’équipes pédagogiques stables, ce qui est un facteur clé d’amélioration des performances. Mais cet effort semble éloigné des besoins réels et est décrit par certains acteurs de terrain comme un simple saupoudrage de moyens.

On peut craindre que d’autres mesures aillent accentuer l’inégalité sociale à l’Ecole. C’est le cas par exemple de l’apprentissage junior. Ce dispositif vise à écarter de l’Ecole les jeunes des milieux défavorisés en les orientant précocement vers ce qui ressemble fort à une voie d’exclusion.
Enfin le débat sur la carte scolaire n’est pas sans rapport avec cette question. Une libéralisation de la carte sans augmentation nette des moyens des zep ne ferait qu’aggraver la ghettoïsation de ces établissements et creuser le fossé social.

Il peut sembler paradoxal que ce soit l’Ocde qui ramène la dimension sociale dans le débat scolaire français. C’est particulièrement nécessaire au moment où celle-ci est évacuée au bénéfice d’une personnalisation de la réussite et de l’échec.

L’étude

Rappel : l’ « Expresso » du 14 mars 2006

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Extrait de « L’Expresso » du 12.09.06 : Bruxelles demande aussi un effort d’équité à l’Ecole

« Des systèmes d’éducation et de formation efficaces peuvent avoir un effet bénéfique important sur notre économie et notre société mais les inégalités de ces systèmes ont des coûts occultes considérables qui apparaissent rarement dans les comptes publics.
Si nous oublions la dimension sociale de l’éducation et de la formation, nous risquons de payer un prix élevé pour redresser la situation plus tard.
La communication d’aujourd’hui invite les Etats membres à accroître leurs efforts pour améliorer tant l’efficacité que l’équité de leurs systèmes d’éducation et de formation, afin que tous les citoyens, notamment ceux qui sont défavorisés, puissent pleinement jouer leur rôle dans la société et dans l’économie". Ján Figel’, commissaire européen chargé de l’éducation, souligne 2 priorités pour l’enseignement scolaire.

Il faut renforcer l’enseignement préscolaire "c’est le moyen le plus efficace de jeter des bases pour un apprentissage ultérieur, la prévention des abandons scolaires, l’obtention de résultats plus équitables et le relèvement des niveaux généraux de compétence".

La Commission demande également qu’on n’oriente pas trop précocement les élèves : "cette pratique accentue les effets du contexte socio-économique sur le niveau d’instruction et qu’elle n’améliore pas l’efficacité à long terme". Une remarque qui pourrait concerner l’apprentissage junior.

Le communiqué

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