Communiqué du Comité Laïcité République
Les idées racialistes, séparatistes, antilaïques et antirépublicaines diffusées au sein de l’ESPE de l’académie de Créteil (12 mai 17)
12 mai 2017
Le Comité Laïcité République affirme solennellement sa ferme opposition à la tenue des deux « journées d’étude » programmées les 19 et 20 mai prochains à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (Espé) de l’académie de Créteil.
Sous couvert de « Penser l’intersectionnalité dans les recherches en éducation » – intitulé au demeurant bien abscons et jargonnant ! – il s’agit en réalité d’une pure provocation visant à légitimer un discours communautariste délibérément hostile à la laïcité républicaine, voire mensonger et calomnieux, dans le lieu même où sont censés être formés les futurs enseignants des écoles, collèges et lycées de l’une des plus importantes et sensibles académies de notre pays.
Avec des intitulés tels que « Comment l’institution scolaire fabrique-t-elle le problème musulman ? » ou « Surveiller et sanctionner au nom de la loi du 15 mars 2004. Approche intersectionnelle des enjeux de la discipline laïque à l’école », il ne s’agit rien moins que de donner la parole à des militants connus pour leur vive opposition à la loi du 15 mars 2004 d’interdiction du port de signes et tenues manifestant une appartenance religieuse dans les établissements scolaires publics. Citons encore l’intitulé suivant, qui introduit au sein de l’École de la République, sans aucune distance critique et au mépris de nos lois, la notion de race ! « La prise en compte du genre et de la race par les enseignant.e.s du premier degré : perspectives comparées et intersectionnelles ».
Nous serions pourtant en droit d’attendre que lors de journées de formation d’enseignants – ces fonctionnaires d’État qui, selon la charte de la laïcité à l’école, ont à transmettre et incarner la laïcité et les valeurs de la République – se fasse entendre une autre parole que celle de proches ou de militants du collectif contre l’islamophobie en France ou du parti des indigènes de la République, dont les représentants n’hésitent pas à avancer des thèses racialistes et séparatistes en contradiction absolue avec les principes et avec l’idéal d’émancipation de la République laïque.
Cette initiative nous apparaît d’autant plus inconcevable qu’elle a lieu au sein même de ce qui fut, voici quelques années encore, sous l’égide notamment de Jean-Louis Auduc alors directeur des études, l’un des tout premiers IUFM à avoir organisé des formations exemplaires sur la laïcité.
Il y a urgence à réagir ! Maintenir l’accueil de ces journées à l’Espé de Créteil constituerait un précédent d’une extrême gravité et, dans le contexte présent, apporterait de l’eau au moulin de courants xénophobes qui ne manqueront pas de s’emparer de cette manifestation caricaturale pour en faire une arme électoraliste, dans une période de fortes tensions.
Nous avons par lettre demandé à Madame la Rectrice, d’user de tous ses pouvoirs pour interdire la tenue de ces journées au sein de l’Espé de son académie, journées dont le programme bafoue les principes qui guident l’enseignement laïque et républicain et en particulier la formation des maîtres.
Nous avons alerté le cabinet de Mme la Ministre de l’Éducation nationale. Nous n’avons reçu aucune réponse de la première. Interrogé par nos soins, le cabinet nous a fait savoir que ce colloque était retiré du plan de formation des maitres. À ce jour, il figure toujours sur le site.
Nous engageons tous les laïques à visiter le site web de cet établissement d’enseignement supérieur public destiné à la formation des maîtres pour prendre la mesure de l’effarant programme de ces journées.
Nous les appelons à protester, en faisant part de leur profond désaccord auprès de l’Académie de Créteil et de L’Espé, par mail, aux adresses suivantes : brigitte.marin@u-pec.fr et recteur@ac-creteil.fr.
Pour l’honneur de l’École publique, laïque et républicaine, une telle manifestation ne peut avoir lieu dans les locaux et avec le soutien de l’Espé et, de fait, de l’Académie de Créteil, du Ministère de l’Éducation nationale et de celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, double-tutelle de cet établissement.
Comité Laïcité République
le 12 mai 2017.
Bonjour ,
J ai habité avec ma famille dans la cité de transit du port de Gennevilliers dans la 51 puis dans la 9, j aurais vraiment aimé voir un documentaire concernant cette époque où j ai grandis , je me souviens de notre instituteur monsieur Savary qui nous chantais à la guitare dès chanson d Hugues auffray avec son accent provençale , ainsi que Mr fontaneau avec son singe sur l épaule, j ai tant de souvenir que je rêverais de pouvoir un jour voir ce film , ainsi que me procurer le livre qui rassemble les souvenirs de chacun d entre nous .
merci encore pour cette belle initiative .
Bonsoir,
Que sont-ils devenus ?
En 2007, prof de maths sorti du CAPES avec 4 années de contractuel derrière moi, mon IPR m’a proposé un poste de professeur surnuméraire (c’est comme cela qu’on dit chez nous) dans la banlieue lyonnaise.
Mi-temps dans le collège avec 2 classes en responsabilité et le reste dans les écoles primaires et maternelles de mon réseau.
J’ai appris, lu, je me suis documenté, j’ai cherché, je me suis formé, informé, j’ai discuté, j’ai essayé, fait des erreurs, ... en me donnant 5 ans pour faire le tour. 10 ans après, les IEN, principaux et IA-IPR référents se sont succédés et j’y suis encore, selon les mêmes modalités !
L’année prochaine, les pilotes du réseau parlent de regrouper les heures d’interventions et de distribuer par tranches de 3 heures dans d’autres disciplines comme cela se fait dans certains REP+ exRAR.
Aucune considération pour ces 10 années !
Dégout, juste envie de tout plaquer. Trop tard les mutations sont passées...
Thomas
En tant qu’ancien principal du collège, je ne peux que me féliciter des trajectoires de ses anciens élèves.
Statistique de la scolarisation à 2ans. Ce compte rendu d’un projet intéressant commence par une erreur courante dans les statistiques de la scolarisation à 2 ans : on oublie que les âges de tous les élèves sont comptés par année civile, donc à compter du 1 janvier et que le nombre d’élèves accueillis est calculé au jour de la rentrée, le 1 septembre. Par conséquent le taux maximum, si tous les 2 ans étaient accueillis est de 66% ? Accueillir un élève sur 5 donnerait un taux de 13%. Ce n’est qu’un détail, mais il vaut mieux ne pas minimiser ce qui est fait.
F R Guillaume
Extraordinaire ! Je vois que ce bulletin, « L’Hebdomèl » du 3 au 10 avril 2017 en est à son numéro 563 ! Quelle persévérance ! Et pour réaliser le B-A-BA du fonctionnement d’un réseau d’éducation prioritaire, la communication entre ses acteurs.
Bravo au REP + Marc Seguin de Montreynaud (quartier de Saint-Etienne, Loire) !
J’espère que des collections complètes de ce bulletin existent et que l’une d’elles rejoindra les archives départementales de façon que ces dernières deviennent un centre de ressource des archives des ZEP comme s’en constituent un peu partout en France. Le travail est en cours.
Renseignements auprès des Archives nationales, de l’Université Paris VIII ou de l’OZP.
Il sera intéressant de suivre la rencontre entre les candidats à la présidentielle et les maires des villes de banlieues car ces derniers, si l’on en juge par les documents ici présentés, n’ont pas encore remarqué qu’il y avait eu une refondation de l’éducation prioritaire et qu’elle se poursuivait. Ils en restent aux déclarations tonitruantes (et démenties ensuite) du CNESCO.
Cela dit, la vidéo de 4 minutes présente de façon positive et exigeante les banlieues : c’est rare !
J’ai connu M. Alain Bourgarel à Gennevilliers en 1967. Il a été mon premier professeur en France, avec qui j’ai appris le français, une fois que je ne parlait que du portugais.
Merci, M. Bourgarel
Bonjour,
Ce n’est pas 5 mais 2 collèges sur les 5 de l’académie de Toulouse qui vont être amenés à fermer. Les enseignants ne craignent pas l’effondrement scolaire de leurs élèves... Ils se questionnent sur une mesure dite de mixité qui ne s’impose qu’à une partie de la population (celle issue des quartiers populaires), qui est totalement imposée aux familles, qui met à mal le lien entre les parents et l’école (pourtant élément nécessaire à la réussite des élèves...) en créant une distance géographique importante entre le lieu d’habitation et le lieu d’enseignement (certains élèves devront par exemple aller au collège de Balma, qui est de l’autre côté de Toulouse)
Ils estiment que l’Education Nationale devrait mettre les moyens nécessaires dans ces 2 collèges pour permettre un réel accès à l’éducation, dans un service public de proximité, pour ces enfants !
Merci pour ce complément, un article de Education & formations n°61, octobre-décembre 2001
http://media.education.gouv.fr/file/43/8/5438.pdf
Cordialement
l’OZP
D’autres infos sont les bienvenues
Travail intéressant cet ensemble de fiches sur les ZEP, "laboratoires" pour l’Éducation nationale. Dans les références bibliographiques à la fin, vous auriez pu indiquer ce document-ci :
"Les ZEP et les REP viviers d’innovation".
Certes, ce document de 24 pages du CNDP est ancien (2002) mais il a la même démarche que vous. Son ancienneté a dû vous sembler trop grande et, surtout, il est basé sur des exemples et non sur des textes comme vous le faites. Toutefois, il aborde des secteurs originaux aux marges de l’éducation prioritaire, ce qui en fait l’intérêt.
Pour les collèges, Hamon a-t-il les mêmes convictions que son directeur de campagne ? A la question sur la baisse des effectifs en ZEP, ce dernier affirmait il y a peu :
" je crois que ce n’est pas la bonne solution. Créer une norme nationale ce serait nier les différences. Je préfère faire confiance aux principaux et faire un recrutement sur profil" (http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/12/17122013Article635228625946128642.aspx)
Ce maître d’oeuvre du partenariat public privé des nouveaux collèges en Seine-Saint-Denis affirmait aussi : "On peut imaginer d’avoir en 6ème et 5ème un professeur polyvalent référent qui accompagne l’élève à chaque heure, organise de façon plus souple qu’aujourd’hui le temps scolaire et fait appel en fonction des besoins à des professeurs spécialistes monovalents." (http://www.unmondedavance.eu/2013/03/loi-de-refondation-jusquou-refonder-lecole-interview-de-mathieu-hanotin/
Je trouve vos remarques justes.... Étant à la recherche d’un collège internat pour mon fils de 12 ans, pas évident...
« Catégories défavorisées » et mixité sociale : un concept qui stigmatise !
La mixité sociale fait l’objet de nombreux débats et reportages. Régulièrement, journalistes ou interviewés se référent au % d’élèves issus des « catégories défavorisées ». Ce % est d’ailleurs aussi utilisé pour le classement en ZEP (il faut au moins 64 % d’élèves ainsi catégorisés.) Lorsque des enseignants ou des parents disent « Dans notre collège, nous avons 70% d’élèves défavorisés », beaucoup comprennent : « Il est très difficile d’y faire classe et/ou les élèves ne peuvent y bénéficier du même enseignement que les autres, nous avons droit à un traitement d’exception ! » La présence de ces élèves ressemble alors à une anomalie. Pourquoi ne pas parler de « classes populaires » qui seraient tout à fait chez elles dans l’école de la République ?
Catégorie défavorisée est un terme trop englobant, qui ne peut être utilisé dans le débat public sans créer de malentendus. Les statistiques publiques répartissent les élèves selon leur origine en 3 catégories : « favorisés, moyens et défavorisés. » On oublie ainsi qu’à l’entrée en 6ème, 43% des élèves sont classés dans cette catégorie et parmi eux tous les enfants de la classe ouvrière. Ce qui justifie l’éducation prioritaire, c’est l’existence de quartiers où sont concentrées des familles en grande difficulté sociale, économique et culturelle à qui le service public doit offrir un enseignement permettant de réussir. Les fichiers nationaux ne contiennent pas, heureusement, les informations caractérisant cette grande difficulté. La répartition en 3 catégories ne peut constituer qu’une première approche qui doit être complétée par une connaissance précise du terrain par les services académiques. F R Guillaume
Bonjour
Juste pour vous signaler que le site guidfi.fr n’existe plus !
Bien à vous
Sylvain
http://kelisol.fr