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L’accompagnement (dossier) : - "Accompagner : de la prescription à l’activité" (Centre Alain Savary) - 2 ouvrages critiques : "La démarche d’accompagnement " de Maela Paul et "Le Défi pédagogique", de Francis Tilman et Dominique Grootars

21 mai 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Accompagner : de la prescription à l’activité

L’accompagnement fait aujourd’hui partie des dimensions du métier de formateur, mais aussi d’autres métiers qui interagissent avec les enseignants. Le prescrit de « l’accompagnement » envahit la « formation » sans que l’on sache ce que recouvre précisément l’un et l’autre terme. Tentative...

La prescription "d’accompagnement" peut être interrogée, car en partie impensée. Quelles sont les visées de l’accompagnement ? Quelles activités recouvrent l’accompagnement lorsqu’on est formateur, pilote, directeur, coordonnateur ? Comment passe-t-on d’un accompagnement individuel à l’accompagnement d’un collectif ?
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Les termes « accompagner » ou « accompagnement » utilisés au fil de ces textes se rattachent à des logiques diverses : former, aider, tutorer, conseiller, suivre, étayer, évaluer et même piloter.
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Extrait de centre-alain-savary.ens.lyon.fr : Accompagner : de la prescription à l’activité

 

Deux livres, hasard de la programmation ?, viennent de paraître et abordent la question de l’autonomie et de l’émancipation en pédagogie à partir de deux points de vue presque antagoniques, il s’agit de "La démarche d’accompagnement " de Maela Paul et du "Défi pédagogique", de Francis Tilman et Dominique Grootars.

La première pose la question de l’accompagnement comme un recours pour un Etat belge, qui "ne peut plus assurer économiquement parlant la protection de tout un chacun" et qui, via diverses formes d’accompagnement risque "de participer à une logique de façonnage des sujets (…) il y a donc à être critique sur le ’sur mesure’ auquel l’accompagnement convie". Pour Maela Paul, la mission de l’accompagnement "répond à un besoin défini socialement" : on a d’abord constaté un trouble, par exemple, la sortie prématurée du système scolaire, puis on crée le dispositif permettant "un retour à la normale". L’accompagnement est donc un "dispositif" et comme tel, il peut "participer du façonnage de sujets disciplinés en fonction de normes auxquelles personne ne verrait à redire". On ne peut échapper à un tel dispositif ; "on peut même s’y inscrire librement et en tirer profit en sachant toutefois que tout dispositif procède à une indexation vis-à-vis de certaines normes ou valeurs." Contrairement au maître qui a un disciple, le mentor "se contente de faire signe pour entreprendre l’aventure d’une existence humaine qu’il a lui-même éprouvée (…) Le mentorat valorise non point le dialogue et la réflexion, mais l’expérience, ses apprentissages et les leçons qu’on en tire pour sa gouverne."

Pour les seconds, également belges, si "toutes les mesures sont bonnes pour faire maigrir l’Etat (…) toutes sont bonnes également pour faire monter à l’avant-scène la responsabilité individuelle". Le chemin émancipateur tel que l’envisagent Tilman et Grootaers s’inscrit lui aussi de plain-pied dans la critique de valeurs. Les auteurs se défient, par exemple, "de l’égalité des intelligences" qui consiste à faire confiance, de manière exclusive, à "l’intelligence des dominés" et à "leur capacité à se construire eux-mêmes le savoir dont ils ont besoin". Or, "s’il est légitime de défendre l’égalité des intelligences comme potentiel, encore faut-il admettre l’inégal développement de ce potentiel". Les auteurs s’en prennent par exemple à l’expérience du "maître ignorant" de Jacotot (reprise par Jacques Rancière) : des étudiants hollandais apprennent eux-mêmes le français en comparant le Télémaque de Fénelon à sa traduction, ce qui suppose une capacité innée à se construire les savoirs utiles. Les auteurs proposent au contraire une "boîte à outils méthodologiques" où pourront puiser tous ceux qui veulent mettre en oeuvre une pédagogie émancipatrice en partant "des besoins identifiés d’un groupe particulier confronté à une situation donnée et voulant agir pour la changer".

La démarche d’accompagnement, Repères méthodologiques et ressources théoriques, Maela Paul, de boeck supérieur, mai 2016, 28 euros.

Le défi pédagogique, Emanciper par l’action sociale et l’éducation, Chronique sociale, couleur livres, février 2016, 18 euros.

Extrait de touteduc.fr du : Deux ouvrages mettent en cause les valeurs implicites de "la démarche d’accompagnement" au profit d’une "pédagogie émancipatrice"

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