Rythmes : positions de partis politiques (PS, Parti de Gauche) et d’associations, témoignages de parents

24 juillet 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

C’est le premier revers de la Contre-réforme Blanquer : en dépit d’un décret taillé sur mesure, seul un quart des élèves de France reviendra à la semaine de 4 jours à la rentrée prochaine.
C’est un échec pour le ministre de l’éducation nationale qui avait choisi d’imposer ce décret sans évaluation, concertation ou discussion parlementaire et sans jamais faire la preuve du bénéfice pour les élèves de ce retour en arrière. Trop souvent, ce n’est donc pas l’intérêt de l’enfant qui a primé mais bien celui de certains adultes et de municipalités, très majoritairement de droite, trop contentes de faire des économies dans le budget de leurs activités périscolaires.

Le Parti socialiste s’inquiète des conséquences de la mise en oeuvre de ce décret. La France devient en effet le seul pays européens à infliger à ses élèves des journées aussi nombreuses et aussi longues alors qu’on sait qu’elles encouragent l’échec scolaire, en particulier des enfants issus de milieux défavorisés.

Elle prive concrètement les élèves et les enseignants d’une demi-journée d’enseignement, détricote le cadre national de la journée scolaire, et accentue les inégalités territoriales que le Président de la République, la veille, appelait pourtant à résorber. A la rentrée, dans de nombreuses communes, des milliers d’enfants ne pourront plus pratiquer d’activités artistiques et culturelles et les intervenants seront réduits au chômage.

Le Parti socialiste exhorte le gouvernement à ne pas supprimer l’aide de l’Etat aux communes qui souhaitent poursuivre la semaine de 4,5 jours afin que leur choix ne soit pas dicté par les coupes budgétaires imposées par la rue de Grenelle mais par leur seul souci de faire réussir tous les élèves.

Extrait de parti-socialiste.fr du 20.07.17 : Rythmes scolaires : le grand retour en arrière

 

Francis Daspe est président de la commission Éducation au Parti de gauche. Il est également co-auteur des ouvrages « L’École du peuple. Pour l’égalité et l’émancipation » et « Manifeste pour l’école de la 6e République ».

Quel genre de mesures préconisez-vous ?
Ce que nous voulons, c’est d’abord un service public de l’activité périscolaire, qui soit gratuit, avec des personnels qui soient qualifiés, et pas précaires, donc déjà l’encadrement de l’activité périscolaire. Ensuite, sur la partie rythmes scolaires, il faut une pause entre midi et deux qui soit conséquente. Et puis, la question de la semaine à quatre jours et demi doit se poser, même si aujourd’hui elle n’a pas le vent en poupe chez les familles, qui sont plus réticentes. Mais il faut faire de la pédagogie, dire que ce qui est dans l’intérêt de l’enfant c’est qu’on étale le temps d’apprentissage, peut-être sur davantage de demi-journées et non pas les concentrer sur moins, ce qui accentue la fatigue.

Vous vous appuyez sur des études de spécialistes, de chronobiologistes ?
Le problème est que les travaux des chronobiologistes sont pris de manière très partisane. On ne retient que ce qu’on veut. D’autant que parfois les chronobiologistes sont très dogmatiques. Je pense qu’il faut s’appuyer aussi sur le ressenti des professeurs des écoles qui voient par exemple que l’heure à laquelle les élèves sont le plus attentifs c’est de 10h à 11h ou de 15h à 16h. Il faut prendre en compte le vécu et la pratique quotidienne des enseignants.

Extrait de lamarseillaise.fr du 17.07.17 : L’intérêt de l’enfant est d’étaler le temps d’apprentissage

 

PEDT : l’appel des Francas à "poursuivre le maillage entre temps scolaires et temps périscolaires" et au maintien du soutien financier de l’État
Quels que soient les rythmes adoptés, il faut "poursuivre le maillage entre temps scolaires et temps périscolaires par la construction de parcours éducatifs accessibles à tous avant, pendant et après l’école pour assurer un accueil éducatif territorial de qualité et contribuer au bien-être et à la réussite éducative de tous les enfants et adolescents". C’est en substance l’appel que lance, ce vendredi 21 juillet 2017, la fédération nationale des Francas, mouvement d’éducation populaire déjà fortement impliqué dans le processus de généralisation des PEDT (projets éducatifs de territoires).

Selon la fédération, le choix d’une nouvelle organisation de la semaine scolaire dès cette rentrée 2017, offert par le décret de juin 2017, tout comme les réflexions qui pourront être menées dans d’autres communes l’année prochaine, "ne doivent pas occulter l’apport des PEDT". Au titre des bénéfices observés par la fédération figurent "la réduction des inégalités éducatives auxquelles sont confrontés les enfants et leurs familles", "la construction d’une cohérence et d’une continuité éducative entre les projets d’école et d’établissement, ceux des structures des temps de loisirs dont ceux des temps périscolaires, et ceux des familles", ainsi que la "capacité" des territoires à s’être dotés "d’une stratégie éducative contribuant au bien-être des enfants et des adolescents et à leur réussite éducative".

Une évaluation en cours qui permet "d’identifier les axes d’amélioration"
Une dynamique à conforter d’autant plus, selon les Francas, que la "première génération" de ces projets est en cours d’évaluation, évaluation qui permet d’ores et déjà "d’identifier les axes d’amélioration". C’est à ce titre également que la fédération appelle l’État à maintenir de manière "durable" son concours financier aux communes.

L’organisation d’éducation populaire rappelle que les projets locaux datent du début des années 90 et que la loi de Refondation de 2013 a permis à ces projets, sous forme de PEDT, d’être généralisés dans "plus de 90 % des 24 000 communes disposant d’une école".

Extrait de touteduc.fr du 21.07.17 : PEDT : l’appel des Francas à "poursuivre le maillage entre temps scolaires et temps périscolaires" et au maintien du soutien financier de l’État

 

Entre ceux qui y voient l’intérêt de l’enfant sacrifié et ceux qui apprécient le retour de la pause du mercredi, la réforme divise les parents concernés.

En neuf ans, une partie des écoliers français auront connu trois changements de rythme scolaire. Instituée en 2008 pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, la semaine de quatre jours d’école en primaire a été abandonnée en 2013 sous celle de François Hollande au profit de la semaine de quatre jours et demi, plébiscitée par les chronobiologistes.

Témoignages de parents [...]

Extrait de lemonde.fr du 20.07.17 : Les parents ont préféré leur confort à celui de leurs enfants »

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