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Le 2S2C : une orientation définitive vers le sport et la culture l’après-midi ? (le Café, ToutEduc). La suite des réactions : Yannick Trigance (PS), Eveline Charmeux

3 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

2S2C : "Nous voulions de toutes les façons développer le sport et la culture" (Jean-Michel Blanquer - RMC)

"Nous voulions de toutes les façons développer le sport et la culture" et "la crise nous oblige un peu à accélérer ce qu’on devait faire de toute façon", déclare Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l’Education nationale était invité hier 2 juin sur RMC et il était notamment interrogé sur les 2S2C. Il a indiqué que le dispositif avait été "conçu avec les mairies" et que déjà 200 communes, dont de "grandes communes" avaient signé le protocole (ici (PDF, 136 Ko)), et que bien d’autres allaient le faire d’ici la fin juin.

Pour lui, à terme, il n’est pas question de diminuer le nombre des heures de cours, puisque son but est de "réhausser le niveau", mais il sera d’autant plus possible de l’atteindre que "les enfants seront épanouis", ce qui passe par le sport, la culture, la musique : "la place du sport et de la culture vont se développer". Comme Jean-Jacques Bourdin lui demandait si on s’orientait vers un modèle "cours le matin, sport l’après-midi", J-M Blanquer ajoute culture, visites au musée, et rappelle qu’ "une première expérimentation" a été lancée l’an dernier dans "quelques établissements" où "les acteurs du sport s’impliquent".

Par ailleurs, le ministre a évoqué "une concertation très large" au mois de juin pour préparer la rentrée de septembre, il a confirmé que des "enseignants volontaires" participeraient aux colonies de vacances apprenantes "dans la grande et belle tradition de l’Education nationale", et il a ajouté que des lycées professionnels seraient ouverts cet été pour offrir aux élèves "un été professionnel".

Le site de RMC ici

Extrait de touteduc.fr du 03.06.20

 

Le 2S2C s’étend
Cheville ouvrière de la transformation de l’Ecole, le dispositif 2S2C s’étend rapidement. Selon JM Blanquer, s’exprimant sur RMC le 2 juin, 200 communes ont signé des conventions avec l’Education nationale pour offrir des prestations sportives ou culturelles. Ce dispositif permet aux parents d’aller travailler, leur enfant étant pris en charge en dehors de l’école. Le ministre présente à nouveau le 2S2C comme une orientation définitive de l’Ecole accélérée par la crise. Selon JM Blanquer on va vers des cours jusqu’à 14 heures puis du sport mais sans diminution des heures de cours, un nouveau challenge... Rappelons qu’en Allemagne, ce modèle, cours le matin activités l’après midi, est fortement remis en question depuis le Pisa Choc de 2000. Les Länder préconisent la journée scolaire continue.

Le 2S2C c’est l’avenir de l’école

Extrait de cafepedagogique.net du 03.05.20

 

« L’organisation actuelle ne tient qu’à un fil » : l’école en mille morceaux et sans horizon clair à l’heure du déconfinement
Le gouvernement appelle à une « montée en puissance » le 2 juin, pour accueillir plus d’élèves. Mais comment et pour quel enseignement ? Le principe même de l’école pour tous est mis à mal par la crise du coronavirus.

[...] Le retour du périscolaire
Comment faire, alors, pour assurer la « montée en puissance » promise aux familles ? Le gouvernement a un plan B : les 2S2C. Le sigle renvoie à des activités de sport, santé, culture et civisme qui doivent être proposées par les collectivités, moyennant un coup de pouce financier de l’Etat. Cela, sur le temps scolaire en lieu et place des cours : il est là, le quatrième bouleversement. « On présente ces 2S2C comme une formule magique, mais ce n’est pas aux collectivités de se substituer à l’école, observe Agnès Le Brun, de l’Association des maires de France. On n’en est encore qu’au stade du balbutiement. Les communes sont dans un entre-deux électoral ; elles n’auront que très peu de temps pour déployer le dispositif. »

Une centaine de communes − parmi lesquelles Toulouse, Compiègne (Oise) ou Les Mureaux (Yvelines) − auraient déjà signé une convention, ou seraient sur le point de le faire, pour tenter l’expérience. Celle-ci n’est pas sans rappeler le dispositif « Cours le matin, sport l’après-midi », défendu par M. Blanquer quand il était le numéro 2 du ministère de l’éducation, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. « On recycle de vieilles lunes, tacle un syndicaliste. Les activités périscolaires, c’est un plus pour les enfants. Cela peut permettre de moduler des groupes, de compter sur d’autres personnels, d’autres locaux… Mais ne nous mentons pas : on n’en fera pas une école bis ! »

Ces activités, dans la majorité des cas, se résumeront à de la garderie, prévient-on dans les rangs du SNUipp-FSU. Habituée à hausser le ton, la fédération de parents d’élèves FCPE reste prudente. « Vue l’urgence, avec la fin du chômage partiel pour de très nombreux parents, l’essentiel est de pouvoir accueillir plus d’enfants », réagit son coprésident Rodrigo Arenas, qui appelle à « ouvrir tous les lieux publics, bibliothèques, gymnases et parcs ».

Les élus, eux, donnent l’alerte, sur un ton qui les ramène, reconnaissent-ils, sept à huit ans en arrière : au plus fort de la polémique sur la réforme des rythmes scolaires. « Avec les 2S2C, on tente de nous refiler la patate chaude, tempête le socialiste Jean-François Debat, maire (PS) de Bourg-en-Bresse et président délégué de l’association Villes de France. Les promesses du gouvernement me font penser au discours des évangélistes américains : “Demandez, le Seigneur y pourvoira…” Sauf que c’est aux collectivités qu’on demande de pourvoir à tout ! »

A ce jour, l’édile n’a recensé que 400 à 500 écoliers burgiens rescolarisés, sur un total de 3 500. « Mais la demande monte, dit-il. Le problème, c’est qu’on trompe les parents : que ce soit en juin ou en septembre, on ne pourra pas accueillir tous les enfants. »

Extrait de lemonde.fr du 02.06.20

 

Tribune : Yannick Trigance : Le « 2S2C » ou la méthode Blanquer
Une fois de plus le Ministre Blanquer applique sans état d’âme sa ligne politique constante et aujourd’hui bien connue de tous : « J’ai raison mais vous ne le savez pas encore ». Annoncé publiquement par le ministre le 21 avril dernier, le dispositif « 2S2C : Sport-Santé-Culture-Civisme » fait partie du dispositif de réouverture des écoles et a été présenté comme une des conditions de la poursuite des apprentissages au sortir du confinement scolaire.

De quoi s’agit-il ? La circulaire publiée par le ministère présente ce dispositif « 2S2C » comme un accueil des enfants sur le temps scolaire hors présence de leur enseignant du fait des mesures de distanciation à respecter.

Etabli une fois de plus sans aucune concertation avec les membres de la communauté éducative -représentants des enseignants, des parents, des collectivités, …- ce dispositif intéressant dans l’absolu se heurte une fois de plus à la réalité du terrain et traduit à nouveau une volonté ministérielle du fait accompli et du passage en force.

Car ce dispositif non-concerté pose un certain nombre de questions sans réponse à ce jour :

- Comment accéder aux installations sportives déjà saturées sur le temps scolaire, à tous les niveaux des collectivités (régions, départements, communes) ?

- Quels niveaux de responsabilité entre l’Education nationale et les collectivités (avec des intervenants municipaux) avec ces activités se déroulant sur le temps scolaire ?

- Quel pilotage de ce dispositif ? Les directeurs d’école dans le premier degré, les chefs d’établissements en collèges et lycées sont déjà submergés sous les innombrables sollicitations, contraintes, dispositifs à mettre en œuvre, qui plus est dans cette phase de déconfinement particulièrement anxiogène.

- Qui pour mettre en place les activités, pour recruter les intervenants, pour constituer les groupes d’élèves, les emplois du temps et le contenu des activités ?

- Le ministre s’installe-t-il pas une confusion dans le temps scolaire entre les disciplines obligatoires de la responsabilité de l’Etat -enseignement EPS- et des activités encadrées par des intervenants extérieurs ?

- Ne peut-on pas voir dans cette mesure la volonté de faire sortir du temps scolaire -donc d’un temps obligatoire pour tous- les activités sportives et artistiques pour les confier à des clubs et à des associations, remettant ainsi en cause le droit à l’éducation pour tous ?

Soyons sérieux : la mise en place de ce dispositif « 2S2C » se fait dans un contexte particulièrement complexe, sans concertation, sans co-construction et, une fois de plus, au pas de charge.

Avec une augmentation probable du nombre d’élèves revenant dans les établissements scolaires au cours des prochaines semaines, la méthode utilisée par le Ministre Blanquer pour la mise en place de ce « 2S2C » ne peut conduire qu’à son rejet et, partant, à son échec.

Yannick Trigance
Secrétaire national PS Education Enseignement supérieur
Conseiller régional Ile de France

Extrait de cafepedagogique.net du 02.06.20

 

Veut-on tuer l’école primaire ?
Par Eveline,

C’est le site ToutEduc, qui l’a anoncé hier : le "Protocole relatif au dispositif d’appui à la reprise scolaire « Sport, santé, culture, civisme » (2S2C) en sortie de confinement, à destination des acteurs culturels", publié le 19 de ce mois, a suscité de "vives inquiétudes parmi les représentants de collectivités territoriales (RFVE et ANDEV), les syndicats enseignants (SE-UNSA et SGEN-CFDT), les fédérations d’éducation populaires (Ligue de l’enseignement, JPA, CEMEA, Francas, ORTEJ) et les représentants de parents d’élèves (FCPE) qui ont publié, ce 29 mai, un communiqué commun.

Ce protocole est catastrophique à plus d’un titre : il s’agit, ni plus, ni moins, de vider le travail scolaire de tout enseignement autre que les "fondamentaux". Le reste, les 2S2C, seront assurés en dehors de l’école :
La mise en œuvre du dispositif 2S2C sera, pour ce qui concerne les actions d’EAC, définie localement avec les inspecteurs d’académie, directeurs académiques des services de l’éducation nationale, les directions régionales des affaires culturelles, les collectivités territoriales et les artistes et acteurs culturels présents sur le territoire concerné.

Difficile d’imaginer projet plus explicite de démantèlement de l’école primaire française. Le danger est énorme ; il faut le dénoncer et tenter de l’arrêter le plus vite possible.

Comment justifier une telle décision ? [...]

Extrait de charmeux.fr du 31.05.20

 

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