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Apprendre à lire : la Lettre de Tout Educ commente la réponse de Liliane Sprenger-Charolles au 4 pages des mouvements pédagogiques et syndicats

4 juillet Version imprimable de cet article Version imprimable

La lettre du 3 juillet 2019

Editorial. Trois des quatre principaux syndicats du 1er degré, avec cinq mouvements pédagogiques et d’éducation populaire, et non des moindres, ont publié un violent réquisitoire contre les initiatives du ministre en matière d’apprentissage de la lecture. Les signataires dénoncent une politique qui ne tient pas compte des acquis de la recherche, qui dénie aux enseignants leur expertise et qui témoigne d’une conception autoritariste de la relation pédagogique. Comme il n’appartient pas au journaliste de juger de la scientificité d’un texte, ToutEduc a demandé une réaction à Liliane Sprenger-Charolles, membre du Conseil scientifique installé auprès du ministre. Outre une interview, elle nous donne une analyse de la situation en termes de science.

Son texte, extrêmement argumenté, au point que nous avons dû le couper en trois dépêches, revient sur un constat que font également les auteurs du "4 pages" syndicalo-pédagogique - la situation de nombreux élèves est préoccupante -, et sur un autre qui fait consensus, les résultats de la méthode idéovisuelle poussée à l’extrême ne sont pas bons. Mais elle l’écrit elle-même : "On objectera que l’approche idéovisuelle n’est plus utilisée par les enseignants français. Certaines études permettent toutefois de penser que, au moins pendant une très large partie du premier trimestre, de nombreux enseignants de notre pays n’enseignent pas (ou pas assez), les relations graphème-phonème." C’est aussi ce que dit Roland Goigoux. Entre les chercheurs qui aujourd’hui font, peu ou prou, référence, de R. Goigoux à S. Dehaene, d’E. Gentaz à L. Sprenger-Charolles, d’O. Houdé ou de G. Borst à F. Ramus, il y a certes des nuances, des différences, mais pas de contradictions insurmontables et rien qui condamne absolument les pratiques de la plupart des enseignants (même si ces chercheurs plaident pour des évolutions), ni rien, à l’inverse qui soit en mesure d’assurer "100 % de réussite". Les positionnements sont bien davantage politiques que scientifiques, on est avec le ministre ou on ne l’est pas pas...

Liliane Sprenger-Charolles pose une question de fond. Comment les enseignants peuvent-ils s’y retrouver parmi des discours qui tirent "à hue et à dia", alors que la science s’écrit dans un anglais illisible ? On peut aussi se demander quels dispositifs sont à même de faire évoluer, si possible dans le bon sens, les pratiques et les représentations des enseignants : la formation initiale renouvelle 2,5 % du corps chaque année, la formation continue est sinistrée, les circulaires et les recommandations ne sont peut-être pas les meilleurs vecteurs du changement... Ce sont sans doute les moments où chacun est amené à expliciter ses méthodes devant ses pairs, et où le collectif peut aller chercher des solutions du côté des chercheurs, qui ont le meilleur "rendement", si on peut employer ce terme. Le "Plus de maîtres que de classes" dans le 1er degré et les EPI dans les collèges avaient l’avantage de générer de tels moments. L’exacerbation de tensions qui pourraient être assez facilement dépassées n’est pas de nature à aider les élèves en difficulté. Il est temps de signer un armistice, de siffler la fin de la récréation.

€xtrait de touteduc.fr du 03.07.19

 

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