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"Comprendre et faire vivre la laïcité", compte rendu Tout Educ de la Rencontre OZP du 1er avril 2015 avec Pierre Tournemire et Francine Best

3 avril 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

La loi de 1905 sur la laïcité est "plus célèbre que connue". Emile Combes et ses amis voulaient "encadrer l’Eglise catholique", mais Briand, Jaurès, Buisson, au contraire, ont porté une "loi de pacification" qui pose "les conditions pour faire société", et qui n’est pas une loi de circonstances. La laïcité est donc "un principe d’organisation avant d’être une valeur". Pierre Tournemire intervenait, hier 1er avril, aux rencontres de l’OZP et l’ancien vice-président de la Ligue de l’enseignement s’est attaché à définir ce terme sans cesse invoqué aujourd’hui.

Francine Best, qui animait avec lui cette rencontre, ne veut pas pour sa part qu’on confonde laïcité et contraintes. L’ancienne directrice de l’institut de la recherche pédagogique estime que ce n’est pas de la "bonne éducation". Elle redoute aussi qu’on voie la laïcité comme "une morale pour les pauvres", nécessaire dans les établissements de l’éducation prioritaire. Non. Elle concerne tout le monde, "tous les ordres d’enseignement", et il ne faut pas la prendre "par petits bouts", par la question de la cantine ou des vêtements...

La laïcité s’apprend
Mais, ajoute-t-elle, "la laïcité n’est pas une évidence", elle s’apprend, ce qui suppose "de ne pas dissocier comprendre et faire vivre", en expliquer les divers aspects, et l’éprouver dans la vie de l’établissement. C’est pourquoi le rôle du CPE est essentiel. Il serait d’ailleurs souhaitable qu’il intervienne "en même temps que le professeur d’Histoire-Géographie", puisque celui-ci sera chargé de l’enseignement moral et civique. Mais les enseignants, remarque-t-elle, sont démunis lorsqu’il s’agit d’associer des pratiques démocratiques, un enseignement théorique et la "culture du débat".

Davantage historien de la laïcité, Pierre Tournemire s’attache à montrer le lien entre la laïcité et les grands principes républicains, la liberté de conscience, la libre expression des convictions de chacun qui peut se déterminer librement, dans le respect de l’ordre public, et le respect d’autrui. Cette liberté d’expression n’est pas limitée à la sphère privée. Elle n’interdit pas aux individus de se regrouper par affinités, à condition que personne ne soit assigné à résidence.

La neutralité de l’Etat n’est pas celle des citoyens
Il ajoute que la neutralité de l’Etat ne signifie pas qu’on "neutralise les citoyens" et l’expression de leurs convictions, étant bien entendu qu’aucun groupe ne peut imposer à d’autres ses convictions. "La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi."

Et, évoquant la situation actuelle où certains veulent utiliser la laïcité contre les religions, il rappelle qu’Emile Combes était très populaire, que les attitudes de l’Eglise catholiques pouvaient être très "irritantes", comme peuvent l’être aujourd’hui d’autres attitudes, mais que ce n’est pas la conception qui a prévalu en 1905. Et il plaide pour une gestion intelligente des prescriptions religieuses, pour éviter de placer les personnes dans un conflit de légitimité. Il propose un ABCD de la laïcité, "Analyser les situations concrètes", "Bosser, travailler cette question", "Comprendre sans être complaisant", et "Dialoguer, donner des perspectives partagées"...

Extrait de touteduc.fr du 02.04.15 : La laïcité, un "principe d’organisation avant d’être une valeur" (P. Tournemire à l’OZP)

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