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Dédoublement des CP, Plus de maîtres... et recherche : deux articles de chercheurs : Marie Duru-Bellat et Marie Toullec-Théry

7 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Les travaux de recherche semblent avoir le vent en poupe auprès du nouveau ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer. Ainsi, la décision de dédoubler les classes de CP en zone prioritaire s’inspire-t-elle directement des travaux des économistes Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire qui ont montré que seule une réduction très marquée de la taille de la classe, qui plus est uniquement dans les milieux les plus défavorisés, pouvait réduire les inégalités sociales. Prendre au sérieux les résultats de la recherche, parfait !

Et en même temps – pour reprendre une expression désormais consacrée – on semble juger sans importance de remettre en cause (parce qu’il faudra bien trouver des enseignants) l’expérience « plus de maîtres que de classe », engagée elle aussi sur la base de certains travaux comparatifs montrant, dans les pays comme la Finlande, qui parviennent à éradiquer dès leur émergence les difficultés d’apprentissages des élèves, l’efficacité d’une aide individualisée, quasiment en temps réel, par des personnels compétents. [...]

Extrait de alternatives-economiques.fr : Chronique. L’éducation enfin réconciliée avec la recherche ?

 

« Lorsqu’on se réclame des résultats de la recherche, il faut aller jusqu’au bout »

Marie Toullec-Théry est maître de conférences en didactique comparée à l’université et à l’ESPE de Nantes

[...] Les dispositifs vont et viennent, et personne ne parvient à mettre en place des pratiques pérennes, qu’il s’agisse, pour ce qu’il en reste, du « Plus de maîtres que de classes » dans le primaire ou de l’accompagnement personnalisé et des enseignements interdisciplinaires au collège. Ces deux derniers dispositifs réclamaient, et réclament encore là où ils sont maintenus, de travailler à plusieurs. Du coup, de plus en plus de professionnels du collège se sont intéressés au fonctionnement du « plus de maîtres » qui fait écho à leur désir de faire progresser le travail en équipe.

[...] Le ministre veut « 100% de réussite au CP ». Pourquoi ne prendrait-on pas au sérieux cette expression d’une volonté politique ?
Il est normal de vouloir faire progresser tous les élèves. Le souci, avec un slogan, c’est qu’il peut être contre-productif. Mettons-nous à la place d’un enseignant de CP en Rep+ avec une classe de 12  : on me demande d’avoir 100 % de réussite, qu’est-ce que je vais faire ? De la lecture toute la journée. Certes, si l’on n’en fait pas assez, certains élèves vont rester à côté des apprentissages, mais si l’on en fait trop également. Il y a donc bien l’affirmation d’une volonté, mais avec des préconisations problématiques, qui peuvent se transformer en une sorte de coercition sur les pratiques.

[...] Lorsqu’on se réclame des résultats de la recherche, il faut aller jusqu’au bout. La recherche, qu’elle soit nationale ou internationale, a montré que le redoublement ne sert pas, que quatre jours de scolarisation par semaine ne sont pas suffisants, qu’il existe un consensus en matière de lecture... Lorsqu’une nouvelle politique semble aller à l’encontre de consensus déjà établis, il y a matière à s’inquiéter d’un possible retour en arrière et de dérives qu’on pourrait qualifier d’idéologiques.

Extrait de lalettredeleducation.fr du Marie Toullec-Théry : « Lorsqu’on se réclame des résultats de la recherche, il faut aller jusqu’au bout »

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