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Seconde partie. Guide orange, mauvais résultats masqués des CP dédoublés et Pdmqdc, par Roland Goigoux

14 mai 2019

Seconde partie : guide orange et CP dédoublés
13 MAI 2019 PAR ROLAND GOIGOUX BLOG : LE BLOG DE ROLAND GOIGOUX

Dans la seconde partie de sa contribution, Roland Goigoux dénonce le dogmatisme pédagogique du MEN et surtout la supercherie qui consiste à prétendre qu’il est fondé sur la science. Plusieurs mensonges (par action et par omission) sont exposés.

[...] Les mauvais résultats masqués des CP dédoublés
Une communication ministérielle habile a piégé les journalistes qui ont relayé, au printemps, le succès des dédoublements de classe alors que les résultats publiés par la DEPP étaient mauvais.

L’effet escompté, de l’aveu même du ministère, était modeste : aux environs de 0,20 (coefficient d de Cohen)[11]. Dans le monde scientifique, on parle d’effet « moyen » lorsque d > 0,50 et d’un effet « fort » lorsque d > 0,80. (Un peu moins lorsque les échantillons sont plus nombreux.) Or, les résultats publiés par la DEPP révèlent que l’effet réel du dispositif CP dédoublé est très faible avec un d = 0,08 en français[12]. Cet effet, en revanche, est avéré par un test statistique très significatif. La plupart des journalistes se sont laissé piéger par la communication ministérielle[13] qui valorisait la significativité du test et masquait la faiblesse de l’effet. La presse a titré sur « l’effet très significatif du dédoublement » et le tour était joué !

Sur le plan international, les chercheurs ont établi que, dans le meilleur des cas (qui n’est pas le nôtre), le dédoublement des classes est une mesure modérément efficace qui a un coût très élevé[14]. Si un véritable débat sur l’efficience des politiques publiques était organisé, on comparerait le rapport coût-efficacité de plusieurs dispositifs innovants. Par exemple, l’impact du dédoublement avec celui du dispositif « Plus de maitres que de classes » (PMQC) qui, à coût comparable, touchait sept à huit fois plus d’élèves sous le précédent gouvernement. Imaginons que l’effet de ce dispositif ait été lui aussi modeste mais avéré : sachant qu’il bénéficiait à beaucoup plus d’élèves à coût équivalent, qu’en auraient conclu les citoyens ?

Pour éviter d’avoir à affronter cette question, le MEN a censuré la publication des résultats de l’évaluation du dispositif PMQC que la DEPP avait réalisée à la fin de la précédente législature. Un échantillon représentatif d’élèves avait été constitué sous la supervision de Daniel Auverlot, sous-directeur de l’évaluation et de la performance scolaire de la DEPP, devenu recteur de Créteil. Ces élèves avaient été évalués à trois reprises au cours de l’année scolaire. Leurs enseignants avaient répondu à deux questionnaires permettant de caractériser leurs choix organisationnels et pédagogiques afin de pouvoir analyser les progrès des élèves au regard de ces choix. Les premiers résultats de cette étude ont été présentés par la DEPP le 17 avril 2017 à Clermont-Ferrand à l’invitation de madame Campion, rectrice de l’académie et responsable du comité national de suivi du dispositif « Plus de maitres que de classes »[15]. Depuis, plus rien : pas question de fragiliser le bilan social du quinquennat.

Aucune évaluation de ces quatre années d’expérimentation touchant des milliers d’élèves n’a été publiée[16]. Un comble pour un ministère qui ne jure que par l’expérimentation et l’évaluation !

Roland Goigoux, le 10 mai 2019

Extrait de mediapart.fr/roland-goigoux/

 

La première partie du texte

L’ensemble du texte de Roland Goigoux : Faire mentir les chiffres, en pédagogie aussi

 

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